Archives par mot-clé : éditions de l’aire

«On n’arrête pas un peuple qui danse»: quand l’énergie du cœur fait la guerre au désespoir

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

Lorsque Sarah enfourche sa Part (une moto de 125cm3) syrienne en 2015, quatre ans après son retour de Syrie, la réalité de conflits dont la plupart ne connaissent que le récit médiatique est déjà ancrée dans l’esprit de la jeune femme. Pourtant, guidée par un feu intérieur et armée d’un culot bienvenu, elle entame la route qui l’emmènera sur les terres mixtes du Liban, qu’elle fait découvrir au lecteur en combinant un humour sarcastique et spontané, avec un ton grave, inévitable pour parler de la «sur-vie» imposée aux êtres sur les terrains de ces guerres où de multiples acteurs tentent de prendre le dessus. Continuer la lecture de «On n’arrête pas un peuple qui danse»: quand l’énergie du cœur fait la guerre au désespoir

Le drame de l’Ordre du Temple solaire mis en roman

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Le 4 octobre 1994, à Salvan (VS) et à Cheiry (FR), des adeptes de l’Ordre du Temple solaire périssaient au nom d’une apocalypse prochaine. Si les faits sont connus, Julien Sansonnens a choisi de prendre la plume pour en livrer l’histoire sous forme de roman. Au centre du récit, «l’enfant aux étoiles», la fille du gourou Joseph Di Mambro. Un ouvrage poignant, douloureux et questionnant.

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Myriam Wahli et la fulgurance de l’enfance

Le Regard Libre N° 39 – Alexandre Wälti

Une voix d’enfant qui traverse les champs en toute insouciance malgré la gravité de la réalité. La phrase ébauche un résumé de Venir grand sans virgules de Myriam Wahli. Un premier roman qui est coloré d’inventivité littéraire et d’émotions contrastées. L’occasion de la rencontrer et de découvrir plus attentivement l’univers scintillant qui pétille dans ses mots.

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« Venir grand sans virgules », la fraîcheur de la simplicité

Les lettres romandes du mardi – Jonas Follonier

Parfois il suffit d’être l’un à côté de l’autre en silence ça me fait le même effet que de m’asseoir au pied du noyer en rentrant de l’école on accepte de ne pas ouvrir la bouche et le vide n’existe plus.
On est là.

C’est simple. C’est d’une beauté primordiale. C’est d’une fraîcheur apaisante et rassurante. C’est le premier roman de Myriam Wahli, publié aux Editions de l’Aire. Née en 1989 dans le Jura Bernois, cette jeune auteur romande a réuni vingt-et-un chapitres de quelques pages chacun pour en faire un ouvrage à l’écriture singulière. Sans virgules, comme l’indique son titre, Venir grand sans virgules raconte l’enfance. L’enfance de l’auteur ? Peu importe. L’enfance tout court, qui se reflète dans l’écriture et les associations d’idées. Continuer la lecture de « Venir grand sans virgules », la fraîcheur de la simplicité

L’œil bienveillant de Xochitl Borel

Le Regard Libre N° 35 – Alexandre Wälti

La rencontre est prévue à Vevey, le 29 octobre 2017, à 14h00. Elle attend déjà sous l’arbre devant le hall de gare et tapote du pied. Le temps est gris. Il deviendra plus clément à la fin de l’entretien. Nous parlerons notamment des patronymes, des personnages et des thématiques de son roman Les Oies de l’Île Rousseau, paru en 2017 aux Editions de l’Aire.

Ce second livre est plus ambitieux que le précédent. L’Alphabet des Anges s’articulait autour de deux personnages touchants, une mère et sa fille aveugle, tandis que Les Oies de l’Île Rousseau met en scène sept destins, entre détresse et tendresse, qui gravitent surtout dans Genève.

Les Oies de l’Île Rousseau raconte les existences entrecroisées de Mehran, Farid, Majda, Tsyori, Fiora, Eva et Eliott. Sept personnages qui n’ont, au départ de la narration, rien en commun et qui se rencontrent progressivement à la suite d’un suicide. Ce drame, bien loin d’être représentatif de l’ambiance du roman, est à l’origine de l’enquête policière d’Eliott. Cette dernière agit comme un fil conducteur de l’histoire parmi d’autres.

De l’importance du « flou identitaire » Continuer la lecture de L’œil bienveillant de Xochitl Borel