Archives par mot-clé : études

La plaisanterie des examens

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

En recherche de légitimité, l’étudiant doit se trouver une période cruciale au cours de l’année. Il doit montrer que lui aussi sue et connaît des sensations fortes. Que la vie n’est pas facile, et que franchement, il faut bosser, quoi. Les examens. Ils sont là pour ça ! Ils portent en leur sein la gloire du mérite, la reconnaissance éternelle et l’admiration.

Evidemment, ces épreuves, qui ne vont pas sans leurs difficultés, marquent toujours une étape importante dans le cursus estudiantin. Malgré le ton de plaisanterie, il n’est en aucun cas question de ridiculiser les examens qui demandent du travail, du temps, de la concentration. C’est là une affaire sérieuse, louable et indispensable.

Ce qui en revanche porte à la dérision : le mythe de la période d’examens. En ce mois, on remarquera plus que jamais des polycopiés empilés sur les tables de bistrot, des bibliothèques bondées où les jeunes gens prendront un air grave pour incarner cette euphorie du bourrage de crâne. Même chez ceux pour qui le livre est tout au plus un objet étranger et ennuyeux. Continuer la lecture de La plaisanterie des examens

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Albert Camus, ou la tragédie du bonheur

Le Regard Libre N° 10 – SoΦiamica

«Le bonheur après tout, est une activité originale aujourd’hui. La preuve est qu’on a tendance à se cacher pour l’exercer. Pour le bonheur aujourd’hui c’est comme pour le crime de droit commun: n’avouez jamais. Ne dites pas, comme ça, sans penser à mal, ingénument: «Je suis heureux». Car aussitôt, vous verriez autour de vous, sur des lèvres retroussées, votre condamnation: «Ah! vous êtes heureux, mon garçon? Et que faites-vous des orphelins du Cachemire, ou des lépreux de la Nouvelle-Zélande, qui ne sont pas heureux, eux?» Et aussitôt, nous voilà tristes comme des cure-dents. Pourtant moi, j’ai plutôt l’impression qu’il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur.» – Albert Camus

La philosophie de Camus est très proche de l’existence qu’il mena. Il naît en 1913 à Mondovi (Algérie) d’une famille pauvre et analphabète; les siens déménagent très tôt à Alger (suite au décès du père, à la guerre) et permettent ainsi la rencontre du petit Camus et de l’instituteur Louis Germain, qui verra du talent en lui et convaincra sa famille à l’inscrire au lycée malgré leur pauvreté. Sa première lutte sera celle du langage: il s’est voulu le porte-parole de tous ceux qui, démunis ou n’ayant pas pu aller à l’école, ne pouvaient pas parler. Il découvrira à la même période les inégalités dues à la pauvreté, et étonnement le football pour les contrer! Gardien de but, on le décrira comme «solitaire dans sa cage, mais solidaire dans l’équipe». Il se lance plus tard dans des études de philosophie.

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