Archives par mot-clé : eugène praz

«Grand Piano»: de la musique, vraiment?

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Grand Piano (2013), du réalisateur espagnol Eugenio Mira, est un film comique prenant pour prétexte la musique classique au sens large. Ne se présentant apparemment pas comme tel, mais plutôt comme un thriller psychologique exprimant une angoisse ponctuée d’humour sporadique, c’est pourtant bien ce qu’il est. Rires garantis.

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Où va Pâque(s)?

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Il y a quelques semaines, bon nombre d’entre nous avons vécu la fête de Pâques. On se demande souvent d’où elle provient. Mais où va-t-elle et que signifie-t-elle à notre époque? Tentative de réponse à la croisée du christianisme et du judaïsme.

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«Nocturne», prophétie insolite

Les plateformes ciné du samedi – Eugène Praz

Le film d’horreur fantastique américain Nocturne (2020), œuvre écrite et réalisée par Zu Quirke et diffusée par Amazon Studios, narre l’histoire ténébreuse et tragique de deux sœurs jumelles pianistes qui étudient au sein de la même académie d’arts. L’une, brillante, admise à Juilliard pour l’année suivante, se voit pourtant dépassée par sa sœur réputée à tort moins talentueuse. La mort récente d’une élève violoniste va changer le destin de la fragile étoile montante du piano, qui a dépassé sa sœur, y compris dans le mal.

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«Bernadette a disparu», cap sur l’Antarctique

Les mercredis du cinéma – Eugène Praz

La comédie dramatique américaine Bernadette a disparu (Where’d You Go, Bernadette en version originale), sortie en 2019 et réalisée par le Texan de talent Richard Linklater, est une adaptation réussie d’un roman épistolaire de Maria Semple, publié en 2012 et au large succès populaire. Un montage soigné, un savant dosage d’humour, de situations rocambolesques et d’émotions authentiques sont mis au service de cette histoire d’une ancienne architecte que sa vie relativement oisive depuis son déménagement de Los Angeles à Seattle avec son mari, qui travaille pour Microsoft et promeut d’audacieuses inventions, et leur fille surdouée de quinze ans, ne parvient pourtant pas à satisfaire pleinement. Surtout, il s’agit en définitive d’une ode à l’amour mère-fille.

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La peur de l’intelligence s’invite à l’université

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Début janvier 2021, des étudiants de la Sorbonne ont protesté contre la tenue, annoncée il y a quelques jours, des examens partiels «en présentiel» dans la plupart des facultés. La révolte sourd et gronde même, si l’on en croit la presse française, d’autant que la rentrée 2020 s’était déjà déroulée dans un climat de haute tension, en lien avec la situation sanitaire et la difficulté de trouver des places dans les amphithéâtres. Si ces raisons matérielles conduisent légitimement certains étudiants à faire part de leur mécontentement, de tout autres motifs, systémiques quant à eux, auraient dû les pousser à s’insurger bien plus tôt, pour tenter de sauver une institution en fin de règne, pour ne pas dire en fin de course. Mon expérience dans sept universités différentes en témoigne.

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«Dogville», une grâce sans pardon

Les mercredis du cinéma – Eugène Praz

En 2003 sortait Dogville de Lars von Trier. Il met en scène, dans un décor minimaliste, l’histoire de la jeune Grace (Nicole Kidman) qui, fuyant des gangsters, trouve refuge auprès des habitants d’une ville minuscule, anciennement minière, des montagnes Rocheuses: Dogville. Elle y découvre, dans une lumière crue et au fil d’humiliations dégradantes – non pour elle, en réalité, mais pour ceux qui les lui font subir – les ressorts sordides de leur âme. La vengeance sera terrible. Qu’on la juge ou l’apprécie comme divinement cynique ou d’un réalisme distant, brechtienne ou dürrenmattienne, cette œuvre apparaît comme un film noir dont le spectateur serait le détective impuissant ou le complice complaisant. Personnes sujettes à la misanthropie, s’abstenir.

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Les idées de réaction et de progrès chez Jean Starobinski

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Dans son essai Action et réaction. Vie et aventures d’un couple (1999), originalement composé, mais d’une ferme rigueur intellectuelle, le critique littéraire suisse Jean Starobinski revenait sur les concepts d’action et de réaction, et montrait comment ils avaient servi dans l’histoire des idées, tant scientifiques que médicales, psychologiques, littéraires, philosophiques et politiques. Il en consacrait le dernier chapitre à leur aspect politique. Il n’est pas inintéressant d’y revenir aujourd’hui, car en plus de servir d’illustration à l’Abrégé de métapolitique d’Alain Badiou, paru un an avant l’essai de Starobinski, il démontre la maniabilité aisée, surtout en politique, des termes d’action, ou de progrès, et de réaction, et que rien n’est plus trompeur que des mots d’une telle généralité. Par ailleurs, ils favorisent une tendance à scinder tout sujet politique en deux, toujours à quelques nuances près.

«A.I. Intelligence artificielle», aux limites des larmes

Les mercredis du cinéma – Eugène Praz

Avec A.I. Intelligence artificielle (2001), Steven Spielberg signait son vingtième long-métrage. Ce film, inspiré de la nouvelle Supertoys Last All Summer Long de Brian W. Aldiss, représentait un monde futuriste, plaçant son intrigue au XXe siècle, et enfin au cinquième millénaire. Dans ce monde, des robots, les Mechas, accomplissent pour les êtres humains, appelés Orgas, de nombreuses tâches, y compris de prostitution, mais sont incapables de ressentir un véritable amour, dépourvus qu’ils sont de tout sentiment qui ne soit pas simulé. Cela va changer lorsque le professeur Allen Hobby (William Hurt) et son équipe vont créer un robot capable d’aimer…

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Les oubliés de la littérature auront-ils le roman qu’ils méritent?

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | La littérature contemporaine a ceci de tonique qu’elle fait se rencontrer dans ses romans des lieux, des époques, des générations, des peuples et des classes sociales, quand ce terme est encore valide, dans une plaisante variété de formes et d’intrigues. Celles-ci, parfois très fantaisistes, sont souvent délicieusement comiques; on pense par exemple aux romans, destinés avant tout à un public féminin, de la méritoirement populaire Isabel Wolff. On pourrait voir cette variété comme propre à conforter chacun dans sa place ou dans son «cheminement». Chacun? Peut-être pas. Il semblerait au contraire que si le champ des interactions humaines inattendues s’est très certainement étendu en littérature, son rayonnement interne, par l’épaisseur de ses personnages et la qualité de ses descriptions, a diminué. En conséquence, son charme sur le public a quelque peu perdu en force. Bref état des lieux de quelques lacunes graves, sans attaque personnelle – on n’en est plus là.

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