Archives par mot-clé : fiff18

Michael Mooleedhar, un cinéaste qui apporte à Fribourg la danse et l’insouciance trinidadiennes

Le Regard Libre N° 38 – Loris S. Musumeci

Dreadlocks, chapeau et écharpe arborant les couleurs de la République de Trinité-et-Tobago. C’était la tenue de Michael Mooleedhar au Festival International de Films de Fribourg. Le cinéaste y a présenté son premier long-métrage : Green Days by the River, adaptation du roman éponyme de Michael Anthony. Rencontre au rythme de la danse et de l’insouciance.

Continuer la lecture de Michael Mooleedhar, un cinéaste qui apporte à Fribourg la danse et l’insouciance trinidadiennes

« Kâbus, les fantômes de l’espoir » – Rencontre avec Alice Fargier

Le Regard Libre N° 38 – Loris S. Musumeci

Dossier spécial « FIFF 2018 »

Alice Fargier est une cinéaste franco-suisse. Elle est passée par le théâtre, puis par la mise en scène cinématographique où elle a assisté de prestigieux réalisateurs asiatiques comme Hong Sang Soo et Tsai Ming Liang, pour en arriver à l’art de la création sonore au service de la radio France Culture. Désormais, elle se consacre à la réalisation de courts-métrages. Rencontre avec cette amoureuse des sons et des images.

Continuer la lecture de « Kâbus, les fantômes de l’espoir » – Rencontre avec Alice Fargier

Eduardo Nunes : « Vous pouvez composer un film comme vous composez une musique »

Le Regard Libre N° 38, dossier spécial FIFF 2018 – Loris S. Musumeci

« Tu verras, il est adorable », m’avait-on dit au service de presse. Cela s’est confirmé. Le réalisateur brésilien Eduardo Nunes a mis toute sa tendresse dans les images délicates et les sons précis d’Unicorn (Unicórnio) qu’il a présenté au Festival International de Films de Fribourg. Rencontre autour d’un café à l’Ancienne Gare, quartier général du festival.

Continuer la lecture de Eduardo Nunes : « Vous pouvez composer un film comme vous composez une musique »

« Packing Heavy », où le cinéma a manqué

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Demain ils vont libérer Nenino. »

Tomas vit avec sa mère. Il erre ; le soir tard, la journée à la place d’aller à l’école. Il a quelques bons amis avec lesquels il peut se balader à vélo, rire, boire du soda et fumer une cigarette pour les grandes occasions. Tomas n’a que douze ans. La mère, veuve, pense à sortir avec son compagnon et délaisse son fils, livré à lui-même. En dépit de son visage tendre et rondelet, l’enfant n’a pas la vie facile. Et tout se complique lorsqu’il apprend que l’assassin de son père est sorti de prison.

Continuer la lecture de « Packing Heavy », où le cinéma a manqué

« Green Days by the River »

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Tu as quitté l’école pour cueillir du cacao ? »

Tambours, chants. Les pêcheurs à la rivière ; les oiseaux volent d’arbre en arbre, traversant le ciel. Dans cette nature immaculée, un garçon, Shell, fait l’expérience de la nature humaine : il observe, saisi et éberlué, une jeune fille qui se baigne dans la rivière. Ses formes sont toutes faites de grâce, sa peau est chaude ; son regard, séducteur. Il s’agit de Rosalie, la fille de l’agriculteur indien Gidharee.

Ce dernier connaît la famille de Shell. Il est ami du père, malade, et développe une sympathie toute particulière pour le fils. Gidarhee lui propose de partir avec lui et ses chiens à la chasse et à la cueillette dans son immense domaine. Shell voit là une occasion de tuer l’ennui des vacances d’été, de se rapprocher de Rosalie et d’apparaître en gendre idéal. La drague légère commence, le travail s’amplifie et Shell devient un homme. Avec ses plaisirs et ses responsabilités, même les plus contraignantes.

Continuer la lecture de « Green Days by the River »

« After My Death », un drame noir profond

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Votre amie est de retour. »

Une étudiante coréenne a disparu. La police mène l’enquête. La mère est froide ; elle espère de manière irraisonnable mais légitime retrouver sa fille. Le père, quant à lui, a déjà perdu tout espoir. A l’école, les professeurs menés par le directeur ont peur pour la réputation de l’établissement. Les élèves, elles, vivent le choc en murmurant des petits secrets, cherchant à trouver le bouc-émissaire sur lequel charger l’affaire. La fille finit par être retrouvée, en cadavre. Gonflé par le fleuve dans lequel la suicidaire s’est jetée. L’enquête continue ; les interrogatoires s’amplifient. Un amour lesbien caché est à l’origine du drame.

Continuer la lecture de « After My Death », un drame noir profond

« What Will People Say »

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Est-ce que tu ne t’es jamais interrogée sur les conséquences de tes actions ? »

Nisha (l’excellente Maria Mozhdah) est belle. Son teint typé lui donne un charme oriental et profond. Elle le doit à ses parents, émigrés du Pakistan. En dépit de ses origines, la jeune fille mène une vie totalement à l’occidentale. Elle danse en disco, boit un peu, fume sans excès, drague comme il le faut et ne se détache pas de son téléphone portable. Les messages avec ses copines fusent pour prévoir des sorties aussi excitantes que clandestines.

En famille, les rapports avec sa mère (Ekavali Khanna) sont plutôt tendus. Avec papa (Adil Hussain) tout est plus tendre ; elle est sa princesse. Mais celui-ci n’est pas au courant de certaines de ses pratiques. Elle a effectivement pour habitude de fuir de chez elle le soir tombé via deux étages de balcons et un muret. Par cette même voie, le petit ami de Nisha la rejoint une nuit. Caresses modérément sensuels, baisers. Pour le plus grand malheur de tout le monde, le père débarque dans la chambre et, fou furieux, il éclate en tabassant le garçon.

Continuer la lecture de « What Will People Say »

« Dark is the Night »

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Durant mon mandat, je mettrai un terme au problème de la drogue. »

Lando (Phillip Salvador) chante un joyeux « Happy birthday to you ! » au karaoké. Sarah (Gina Alajar), sa femme, rit. Alan (Felix Roco), leur fils, se confond aux quelques autres amis présents pour l’occasion. Des coups de feu interrompent soudain la fête. La police coure dans la rue. Un jeune garçon prend la fuite ; sans tarder, il est abattu. La foule se rassemble autour du cadavre. La mère de la victime accoure. Elle hurle de désespoir : « Mon fils est drogué, pas dealer ! » Effondrée.

Continuer la lecture de « Dark is the Night »

« Goodbye Grandpa ! »

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Il aurait pu vivre plus longtemps, mais il a vécu pleinement. »

Le lit grince. Yoshiko et son petit ami se consacrent à de profonds exercices sexuels. Ils sont en sueur. Soudain, le téléphone sonne. La jeune fille s’interrompt pour aller répondre. Triste nouvelle. De la fenêtre, elle annonce à son père que « grand-père est mort. » De retour chez son compagnon, elle reçoit un « tu veux qu’on arrête ? » fort bienveillant.

Continuer la lecture de « Goodbye Grandpa ! »

« Foxtrot », entre absurdité et humanité

Festival International de Films de Fribourg – Jonas Follonier

Foxtrot fait partie des très bons crus proposés à la trente-deuxième édition du Festival International de Films de Fribourg (FIFF). Celui-ci a descerné hier le Grand Prix du jury à Black level. Le public, quant à lui, s’est prononcé pour le long-métrage What will people say. Foxtrot, salué aussi bien par les critiques internationales que par les spectateurs fribourgeois, aurait mérité de figurer parmi les gagnants.

Continuer la lecture de « Foxtrot », entre absurdité et humanité