Archives par mot-clé : film d’auteur

« Le Poirier sauvage »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Expérience étrange. Qui suscite même un certain malaise. Réaction assez normale pour un film d’auteur. Le Poirier sauvage. Car il s’agit bien d’un authentique film d’auteur, et pas des moindres. Cependant, il ne passe pas avec tout spectateur. La nouvelle réalisation de Nuri Bilge Ceylan signe-t-elle un (très) long-métrage vraiment mauvais ? Est-elle inaccessible ? Le trop-plein d’arrogance de Sinan, le protagoniste principal qui veut devenir écrivain, et du film en lui-même voile-t-il un chef-d’œuvre ? L’arrogance est-elle, au contraire, le reflet d’un faux grand réalisateur qui a réalisé un faux grand film ?

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Poelvoorde dans un « Au poste ! » totalement absurde et génial

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Au poste !, la nouvelle comédie de Quentin Dupieux, est un huis clos dans un poste de police, où le spectateur assiste à un tête-à-tête entre un garde à vue, Fugain (Grégoire Ludig) et un commissaire, Buron (Benoît Poelvoorde). Le premier est innocent, mais il est soumis à l’interrogatoire car il a appelé la police pour signaler la présence d’un cadavre au bas de son immeuble. Or, en tant que première personne à avoir vu le cadavre, il est considéré comme le suspect numéro un. C’est pour ça.

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« Red Sparrow », quand l’innocence n’existe plus

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« – Tu es venu t’apitoyer ?
– Non, je suis venu pour t’aider. »

Une jeune femme se prépare pour sa représentation de danse au Théâtre du Bolchoï cependant qu’un homme glisse un pistolet dans sa ceinture à l’arrière de ses pantalons. Le ballet s’ouvre ; la nuit tombe. Les violons du Théâtre s’engagent tout en douceur ; l’homme armé s’engage dans une ruelle. Les violons s’accélèrent et la tension monte pour l’homme : il est suivi. La danseuse étoile entre en scène. Elle est lumineuse et gracieuse. Les sirènes de la police s’enclenchent. L’homme tâche de fuir au pas de course. La danseuse, de son côté, saute sur ses pointes. Elégante. L’homme est cerné ; la danseuse chute violemment.

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« Les Fantômes d’Ismaël » ou le passé qui nous rattrape

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

« Ne sois pas jalouse des fantômes, ma chérie. »

Vingt et un ans, huit mois et six jours que Carlotta (Marion Cotillard) a disparu. Son mari, Ismaël (Mathieu Amalric), imbibe d’alcool son deuil inassouvi. Son père, Monsieur Bloom (Laszlo Szabo), vit dans l’horreur constante d’imaginer voir sa fille partout. Et voilà qu’elle ressurgit d’entre les morts, sereine. « Je suis partie seule. Je sais plus pourquoi. »

Elle apparaît un après-midi de soleil doux, sur une plage limpide de Bretagne. Seulement, cela fait deux ans qu’Ismaël est sur une voie – maladroite – de reconstruction. Il a rencontré Sylvia (Charlotte Gainsbourg), une astrophysicienne austère et maternelle. Le fantôme, s’imposant d’un élan naïf et blessé, triangule la relation amoureuse. Continuer la lecture de « Les Fantômes d’Ismaël » ou le passé qui nous rattrape

« Moka »

Le Regard Libre N° 20 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

Quête existentielle et angoisse se présentent sur les écrans depuis le 17 août dernier par le deuxième long métrage de Frédéric Mermoud, « Moka ». Adapté du roman homonyme de Tatiana de Rosnay, le film raconte la recherche infatigable d’une mère pour retrouver le meurtrier de son fils. Ce dernier est en effet mort subitement après avoir été renversé par une voiture de couleur moka qui ne s’est même pas arrêtée après l’accident.

Tout est inattendu dans « Moka ». D’une scène à l’autre, Emanuelle Devos, qui interprète Diane, la mère, agit et réagit de la manière la plus opposée possible à l’évidence. Cela passe autant par son texte que par son jeu. Le regard fuyant, la démarche floue, elle étourdit le spectateur. C’est dérangeant ; il y a cependant là le reflet d’une psychologie justement dérangée, bouleversée par la perte du fils. La critique n’est pas négative, sans être positive pour autant. Elle constate un fait qui peut plaire ou non : une telle manière d’incarner la mère perturbée peut envoûter comme poser difficulté à entrer émotionnellement dans l’histoire. C’est là un risque que l’on retrouve souvent dans les films d’auteur. Continuer la lecture de « Moka »