Archives par mot-clé : Histoire

« Hotel Jugoslavija » : un regard sur la Yougoslavie et sa nudité

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Il y a la grande Histoire, celle qui dirige ; et il y a la petite Histoire, celle qui subit, celle des gens. »

Nicolas Wagnières traite d’un bâtiment de la grande Histoire, l’Hotel Jugoslavija à Belgrade. Le film est pourtant de l’ordre de la petite Histoire. Ce documentaire n’a en effet rien d’un article encyclopédique qui voudrait se consacrer à la connaissance de l’édifice lui donnant son titre. Le réalisateur livre un regard personnel de la Yougoslavie et de l’hôtel qui le hante, si symbolique à ses yeux d’un temps révolu. Il présente à l’écran également l’Histoire « des gens », ceux qui ont cru en la fédération yougoslave, qui ont porté dans leur cœur l’Hotel Jugoslavija, mais qui ont subi aussi la mort d’une nation et qui la voient aujourd’hui nue et détruite.

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« Call me by your name » ou l’histoire d’un premier amour

Les mercredis du cinéma – Marina De Toro

Été 1983, au nord de l’Italie, le jeune Elio Perlman (Timothée Chalamet), dix-sept ans, passe les vacances avec sa famille dans leur maison isolée. Son père est professeur et spécialiste de l’histoire gréco-romaine, dont la majeure partie de ses objets d’étude se trouvent sur la péninsule italienne. C’est pourquoi il convie son doctorant américain, Oliver (Armie Hammer), à passer six semaines dans sa villa italienne afin d’étudier les quelques statues retrouvées en région lombarde.

Les vacances en Italie sont rythmées par les baignades, les sorties, la musique et la découverte d’une contrée paisible. Cependant, cet été ne va ressembler à aucun autre pour Elio. C’est en effet pendant ces quelques semaines que son identité va évoluer à travers les différentes romances qu’il va expérimenter, notamment celle avec le charmant Oliver.

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« Dunkerque», et les visages de la guerre

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 7 août 2017, 20h30 – 21h00

« Ce film est dédié à tous ceux dont la vie a été ébranlée à Dunkerque. »

La rue est déserte. Seuls quelques coups de feu retentissent dans le silence de la mort. Des cadavres de papier volent çà et là. Un jeune soldat anglais court, seul. Il rejoint la plage pour quitter ce bastion de défaite : Dunkerque. Les Allemands ont pris en otage les Alliés. Enfermés comme des rats au bord de la mer, ce sont 400’000 hommes qui attendent le salut, qui « attendent un miracle ».

En parallèle, des bateaux de plaisance britanniques s’engagent pour aller libérer leurs soldats ; les destroyers ne suffisant pas. Quarante infimes kilomètres divisent les deux côtes, mais les bombes des avions de l’Axe compliquent fortement la mission. C’est de ce fait dans l’air que se joue la troisième histoire de Dunkerque. Un preux aviateur de la Royal Air Force, quasiment à vide de carburant, virevolte dans un combat sans merci pour protéger les bateaux et la plage de l’ennemi.

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« Le Procès du siècle » et l’exigence de vérité

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

« La voix de la souffrance sera entendue. »

Le professeur Deborah Lipstadt (Rachel Weisz) enseigne l’histoire et la littérature juives à l’Université Emory d’Atlanta. La mémoire de l’Holocauste n’est, pour elle, pas seulement une tâche de son métier. C’est un devoir moral. Une vérité à reconnaître comme telle. L’historien anglais à succès, David Irving (Timothy Spall), n’a pas choisi la même direction. Il préfère « remettre en cause les affirmations de la bien-pensance », selon ses dires. Cette témérité le mène progressivement jusqu’au négationnisme pur et dur. Il est prêt à tout pour proclamer sa construction idéologique au sein des plus hautes sphères intellectuelles. Résultat : il colle un procès à sa rivale sémite, qui a impunément critiqué ses ouvrages. Sans concession.

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Quelle joie d’être juif !

Le Regard Libre N° 12 – Loris S. Musumeci 

L’Histoire du peuple juif est, dans ses épisodes les plus marquants, connue plus ou moins de tous. Il est du domaine de la culture générale que de connaître, en partie en tout cas, le récit de la création avec ses deux acteurs humains que sont Adam et Eve, ou encore le fol amour fraternel – accompagné de ses quelques difficultés – de Caïn et Abel, l’arche de Noé, la piété d’Abraham, l’esclavage en Egypte, Moïse qui fendit la mer, le petit David qui fracassa le grand Goliath, la noble sagesse du roi Salomon, mais également les différentes diasporas, les réseaux européens de Juifs dans les grandes villes depuis le Moyen Age, les ghettos, les persécutions, et, dans un passé bien récent, la tragédie de la Shoah.

L’image du mur des Lamentations à Jérusalem ainsi que la situation instable entre l’Etat d’Israël et la Palestine sont souvent les premières pensées qui surgissent à l’esprit lorsque le mot « judaïsme » est prononcé. La figuration d’un barbu jouant du violon, kippa sur la tête est assez présente aussi ; on pense également rapidement, dans une culture cinématographique francophone, au sympathique Rabbi Jacob ou aux gaffes et habitudes caricaturées des hilarants protagonistes séfarades des films La Vérité si je mens ! de Thomas Gilou. Au-delà de ces anecdotes qui font allègrement sourire et les Juifs eux-mêmes et les « goyims » – les non-Juifs –, l’intérêt du présent article serait, dans une humble démarche de découverte culturelle et spirituelle, celui de réaliser un premier pas vers la connaissance de l’essence juive, en d’autres termes, étudier une des multiples faces de l’expérience de judéité.

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Il y a deux cents ans : Frédéric Gard (1767-1848)

Article inédit – Sébastien Oreiller

L’histoire, selon Nietzsche, s’arrête pour bien des hommes à l’époque de leur grand-père. En cette année où nous fêtons le bicentenaire de l’entrée du Valais dans la Confédération, année de mémoire et d’identité, il me semble de mon devoir de rendre honneur à un ancêtre, Frédéric Gard, qui, député du dizain d’Entremont, avait voté l’union du Valais avec la Suisse.

Né en 1767 dans une dynastie de notaires bagnards, Frédéric Gard sert d’abord en tant que capitaine au service d’Espagne, avant d’occuper la charge féodale de banneret et capitaine d’Entremont.[1] A l’évidence, l’engouement pour les idées libérales le saisit assez rapidement puisqu’il prend déjà part à la révolution bas-valaisanne de 1798 en tant que membre du comité général des communes du Bas-Valais (gouvernement indépendant[2])[3]. Qui plus est, son frère, le docteur et chevalier Arnold Gard, connu pour avoir introduit la vaccination en Valais[4], épousera une nièce du grand-bailli de Rivaz[5], acteur majeur et parfois infortuné de cette période révolutionnaire. Continuer la lecture de Il y a deux cents ans : Frédéric Gard (1767-1848)

Plaidoyer pour les libertés – Rencontre avec l’historien Philippe Bender

Le Regard Libre N° 10 – Sébastien Oreiller et Jonas Follonier

Si le Valais compte un grand historien, c’est bien Philippe Bender. Spécialisé dans le radicalisme valaisan et suisse, il est une mémoire vivante qui fait beaucoup parler. Monsieur Bender nous a très aimablement accueillis chez lui, à Fully, pour répondre à nos questions.

S. O. et J. F. : Vous êtes un historien spécialisé dans le radicalisme. Pourquoi cette passion ?

Philippe Bender : L’historien doit aller aux sources, aux documents multiples, en tous genres, et les critiquer selon les règles de l’art. Il doit faire preuve de rigueur, même s’il se consacre à l’histoire du parti de son choix. Il y a beaucoup de choses à apprendre sur l’évolution du mouvement libéral et radical depuis 1830. D’abord, c’est le plus grand courant intellectuel, en Suisse et en Valais. Ensuite parce qu’il a forgé les mentalités et pesé constamment sur la politique et l’économie. Le fait d’être minoritaire dans le Valais de 2015 pousse à se surpasser.

Quels ont été historiquement les grands enjeux, moments, de ce mouvement ?

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Le Palais des Tuileries

Le Regard Libre N° 9 – Vincent Gauye

Son nom évoque sans conteste son origine. En effet, il fut érigé à l’emplacement d’une fabrique de tuiles, en 1564, par Catherine de Médicis. Il est intéressant de constater qu’il fut bâti face à la puissante forteresse du Louvre, alors bien éloignée de l’architecture de celui que nous connaissons. En effet, loin des larges baies, ouvertes sur Paris, ce sont d’austères courtines de moellons et de hautes tours étroites et sinistres qui le composent. Imaginons la réaction de Catherine de Médicis face à cet ouvrage au raffinement déplorable, elle qui descend de Laurent le magnifique, mécène des arts et de la Renaissance, éloignée depuis des siècles de l’austérité médiévale.

Elle s’en vient à Paris pour épouser le futur Henri II, elle quitte la Renaissance pour le Moyen-âge. En effet, si François 1er règne encore en ces temps-là et déploie déjà, le long de la Loire, les grâces de la Renaissance, Paris demeure médiévale, cloîtrée derrière ses longs et froids remparts de pierre grise. Ma foi, malgré la montée de son époux sur le trône, il faudra attendre la fin de sa régence (1563) pour voir les premiers projets du Palais des Tuileries aboutir.

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