Archives par mot-clé : indiens

« Diable d’acteur et Dieu en bouteille » : le conte d’une soirée avinée

Les lettres romandes du mardi – Alexandre Wälti

Le neuchâtelois Roger Favre a écrit son Diable d’acteur et Dieu en bouteille comme un conte dont le lecteur boit autant les paroles qu’il respire les effluves d’alcool des deux personnages. Il pourrait se croire dans un soir de weekend interminable. Une histoire dont le point de départ est d’une simplicité ahurissante : une conversation de bistrot. Un voyage littéraire nourrit par l’Histoire avec le rire sarcastique au coin des lèvres en bonus.

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« Green Days by the River »

Festival International de Films de Fribourg – Loris S. Musumeci

« Tu as quitté l’école pour cueillir du cacao ? »

Tambours, chants. Les pêcheurs à la rivière ; les oiseaux volent d’arbre en arbre, traversant le ciel. Dans cette nature immaculée, un garçon, Shell, fait l’expérience de la nature humaine : il observe, saisi et éberlué, une jeune fille qui se baigne dans la rivière. Ses formes sont toutes faites de grâce, sa peau est chaude ; son regard, séducteur. Il s’agit de Rosalie, la fille de l’agriculteur indien Gidharee.

Ce dernier connaît la famille de Shell. Il est ami du père, malade, et développe une sympathie toute particulière pour le fils. Gidarhee lui propose de partir avec lui et ses chiens à la chasse et à la cueillette dans son immense domaine. Shell voit là une occasion de tuer l’ennui des vacances d’été, de se rapprocher de Rosalie et d’apparaître en gendre idéal. La drague légère commence, le travail s’amplifie et Shell devient un homme. Avec ses plaisirs et ses responsabilités, même les plus contraignantes.

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Reconnaissance à l’Espagne

Le Regard Libre N° 32 – Hélène Lavoyer

Le second voyage de Christophe Colomb pour l’Amérique du Sud commença le 25 septembre 1493. 524 ans après, la colonisation est encore un sujet brûlant. Le pamphlet Très brève relation de la destruction des Indes, publié en 1552, avait pour but d’être un secours pour les indigènes ; au lieu de cela, c’est surtout un dégoût de l’Espagne qu’il a engendré.

« Très brève relation »

Lorsque le regard se pose sur les mots de Bartolomé de Las Casas, qu’il envoya au Prince Philippe d’Espagne dans sa Très brève relation de la destruction des Indes, on sent son cœur se serrer et s’assécher en découvrant quelques-unes des monstruosités infligées aux Indiens d’Amérique latine du temps de la colonisation, toutes plus atroces les unes que les autres. Il est même difficile de finir cette Très brève relation qui insiste et appuie sur des images d’horreur que l’imagination peine à se figurer.

Bartolomé de Las Casas a été l’une des premières voix à s’élever contre les tortures et l’exploitation subies quotidiennement par les Indiens d’Amérique latine. D’une façon crue, parfois exagérée et souvent discutée, il évoque les communautés indiennes, leur nombre, leurs richesses, leur immatérialisme, leur dévouement et leur docilité à l’égard des conquistadors espagnols. Cet ouvrage d’une puissance inouïe, fait de mots puisés dans le cœur effaré du prêtre, représente la nécessité de crier la disparition de quelque chose d’inestimable, l’urgence de se soulever. Quel noble désir.

Une participation à la Légende Noire

Cependant, même les volontés les plus morales et les désirs les plus nobles peuvent avoir des conséquences inattendues Continuer la lecture de Reconnaissance à l’Espagne