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Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

Le Regard Libre N° 31 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, en Valais, accueille une centaine d’œuvres du maître d’Aix. L’exposition se tient du 16 juin au 19 novembre. Se laissant apprécier pour ses tonalités variées, elle place à l’honneur autant les portraits que les natures mortes ou les paysages de Cézanne. Ces derniers gardent cependant un rôle particulier à jouer : ouvrez grand votre esprit, les terres du peintre se mettent à chanter.

Après un passage des impressionnistes Degas, Manet, Gauguin, Van Gogh, Morisot, Renoir et Monet, c’est Paul Cézanne qui habite les murs de la Fondation artistique. Il est d’ailleurs un emblème de ce mouvement. Père de la modernité picturale, il choqua par son style épais et tacheté. Il permit l’audacieuse innovation d’une lumière qui fait vivre autant les paysages que les visages. Cela ne se déploya pas sans un manque de reconnaissance à son époque, et une grande solitude.

Un titre symphonique

Daniel Marchesseau, commissaire de l’exposition, s’est tout naturellement inspiré de l’état d’âme du personnage pour le choix du titre : Le Chant de la Terre. C’est le nom d’une symphonie de Mahler, dont les liens à Cézanne paraissent parler d’eux-mêmes. Dans un entretien au Figaro, le commissaire expliquait : « Ce sentiment de terrien qui est celui de Cézanne, ce marcheur accroché à sa lande, à sa terre, mort après avoir peint des heures sous la pluie, m’a semblé en profonde résonnance avec Le Chant de la Terre de Mahler. J’ai réécouté cet ensemble de lieder écrit pour voix seule : Cézanne lui aussi est seul, et l’orchestration de ses coloris, de ses panoramas, de ses mondes intérieurs, donne à sa peinture une dimension symphonique. La rencontre avec Mahler m’a semblé naturelle. » Continuer la lecture de Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

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L’Europe peut-elle accueillir de plus en plus de migrants ?

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

A l’heure où Madame le chef du Département fédéral de justice et police, Simonetta Sommaruga, présentait les plans d’urgence élaborés en cas d’afflux de migrants sur le territoire helvétique, le Pape est revenu au Vatican de son voyage sur l’île de Lesbos en compagnie, pour dire peu, particulière. Non, point de moine, pope ou notable, mais bien douze réfugiés syriens, à savoir trois familles musulmanes dont deux ont fui Damas et une Deir Azzor, après s’être vus détruire leur foyer par des bombes.

Une telle action est de belle allure et tout à fait louable, elle ouvre en effet la porte d’un véritable espoir pour une vie nouvelle dans la paix sociale ainsi que la prospérité du nécessaire à des souffrants politiques. Toutefois, si pour ces douze personnes la décision du Pape, en accord avec les autorités grecques et italiennes, se révèle un cadeau inestimable, qu’en est-il du message qu’elle transmet ?

L’Europe peut-elle accueillir de plus en plus d’émigrants ? En a-t-elle les capacités ? A quel prix ? Un geste de bonne intention peut parfois transmettre une vision dangereuse d’une situation spécifique. Je reprends cette critique du reproche qui avait été adressé à M. Léonard Gianadda lorsqu’il avait, l’an dernier, généreusement mis à disposition de réfugiés cinq appartements à Martigny, en Valais. On le réprimanda en effet de donner un signal de trop large bienvenue à tous les exilés de guerre pour se rendre en Suisse, ce pays fou où l’on offre des logements.

Même s’il existe d’éventuels dangers à proposer un accueil d’apparence trop altruiste, une action telle que celle de Sa Sainteté hier, de Monsieur Gianadda et d’autres reste honorable et sauve des vies humaines ; c’est cela le plus important.

« Les réfugiés ne sont pas des nombres, ce sont des personnes : ils sont des visages, des noms, et ils doivent être traités comme tels. »
Pape François à Lesbos le 16 avril 2016

Ecrire à l’auteur : loris.musumeci@leregardlibre.com