Archives par mot-clé : les bouquins du mardi

Entrer à Kaboul sur des cerfs-volants

Les bouquins du mardi – Diana-Alice Ramsauer

Dans Les cerfs-volants de Kaboul, la vie et la tragédie d’Amir, un petit garçon issu d’une famille bourgeoise de Kaboul, représentent une éclairante allégorie de la guerre d’Afghanistan. Mais ne vous méprenez pas, il serait totalement exagéré d’appeler cela un livre politique. Nous avons bien affaire à un roman scénarisé avec soin et qui peut se lire – en témoigne son succès – sur une chaise longue. En somme, un agréable bouquin tout public. Son intérêt profond? Il pourrait bien réveiller chez les personnes qui le lisent quelques volets d’intérêts concernant une histoire géopolitique qui n’est pas terminée et dans laquelle l’Occident est toujours empêtré.

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Le vaccin contre le Covid-19 s’appelle «Petite»

Les bouquins du mardi – Anaïs Sierro

Si vous pensiez lire un article médico-pharmaceutique sur un potentiel vaccin contre le Covid-19, passez votre chemin. Il s’agit bien de la critique du récit de voyage de Sarah Gysler, Petite. Et si l’on imaginait trouver la thématique de l’enfance ou de ce fameux «enfant intérieur» en thème majeur de ce voyage, c’est plus ou moins loupé, sauf sur la première moitié de ce livre.

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De l’intime à l’état pur

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Passer un bon moment, un calvaire, ou penser simplement qu’on a soudain le sentiment de vivre vraiment sa vie. Regarder la couleur changeante du ciel, du soleil qui, un après-midi, inonde Damas. Faire une séance de signatures à Vevey, en compagnie de Chappaz, Corinna Bille, Georges Borgeaud. Charger deux vaches et trois veaux pour la boucherie et serrer la main ferme du boucher. Promettre, promettre désespérément des articles à des journaux. Chier sous un olivier, dans le sud du Péloponnèse. Mesurer le temps en mettant des bûches dans le feu. Rentrer la tête dans les épaules et sentir la pluie couler sur son front. Autrement dit, passer et ne faire que passer sur cette Terre en grattant sur le papier d’un journal la trame de nos allers-retours, la narration de nos errances, le segment de nos trajectoires, le récit de nos attirances secrètes et celui de nos dégoûts, voilà ce que propose ce numéro spécial de la revue Les Moments littéraires, qui met en avant les moments de vie de diaristes suisses sur plus de trois siècles, d’Henri-Frédéric Amiel à Douna Loup.

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«King Kong théorie», merci Virginie

Les bouquins du mardi – La rétrospective de la littérature – Amélie Wauthier

Virginie Despentes publie King Kong Théorie en 2006. A l’époque, j’étudiais aux Beaux-Arts de Bruxelles et refusais catégoriquement de me considérer comme une «féministe». Ces harpies agressives et enragées dont les actions extrêmes et violentes font plus de mal à la cause des femmes qu’autre chose? Non merci! C’est marrant comme avec les années, les choses peuvent évoluer ou ne pas changer. C’est fascinant comme on peut, en dépit de tout, être pétrie de tellement de clichés et a priori que parfois toute une vie ne suffit pas à éradiquer. C’est effarant, encore aujourd’hui, de se dire que le combat n’est pas terminé et de loin pas gagné.

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Projection du «Ciné-roman» de Roger Grenier

Les bouquins du mardi – La rétrospective de la littérature – Loris S. Musumeci

Une trouvaille de bouquin. Sans connaître l’auteur, sans avoir jamais entendu parler de ce titre, Ciné-roman, composé de deux choses que j’aime le plus, le «ciné» et le «roman», n’a pas pu me laisser indifférent. Pour cent sous, je l’ai acheté, et je n’ai pas été déçou

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«A la recherche de Karl Kleber», un faux polar régional

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

C’est l’histoire de la disparition d’un professeur d’université suisse, sur laquelle enquête vingt ans plus tard un ancien collègue. Ou peut-être n’est-ce pas là vraiment le sujet. Avec A la recherche de Karl Kleber, publié en mai chez Favre, Daniel Sangsue signe en effet à plus d’un titre un «méta-roman». Ce faux polar régional, genre dont l’auteur se moque, peut se comprendre aussi comme une parodie de Joël Dicker et, surtout, comme un éloge de la littérature, à l’occasion duquel l’université américanisée en prend pour son grade. Critique.

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«Nos rendez-vous» ont un goût d’inachevé

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Nos rendez-vous raconte une série d’entrevues survenues au mauvais moment. Sur une centaine de pages, Eliette Abécassis dresse les portraits de Vincent et d’Amélie. Deux Parisiens qui mènent leur vie chacun de leur côté et qui se manquent. Parce que l’un n’exclut pas l’autre et parce que l’amour s’amplifie par l’absence.

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Embarquons tous en direction de «L’île au trésor» 

Les bouquins du mardi – La rétrospective de la littérature – Ivan Garcia

Un jeune garçon courageux, des pirates qui se saoulent au rhum, une île mystérieuse et un trésor fabuleux. Tels sont les ingrédients qui donnent du charme à ce récit immortel que des générations de lecteurs ont lu et liront. Le goût de l’aventure nous pousse à larguer les amarres en direction de L’île au trésor.

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Jean Romain nous raconte la route

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

C’est sous son casque de motard que le député genevois Jean Romain livre son nouvel ouvrage aux Editions Slatkine, intitulé Raconte-moi la route et composé à la fois de textes et de photographies. On y suit ses virées aux quatre coins du monde, entre plaines, lacs, montagnes, motels, mortels, monuments-vallées. Au terme d’une lecture agréable, on en retient des couleurs, des odeurs, on garde en mémoire ce qui est aussi une histoire de camaraderie et, surtout, un éloge de la littérature, qui pourrait bien prendre les formes d’une femme.

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A cheval sur ses chimères

Les bouquins du mardi – Edition spéciale «Les coronarétrospectives de la littérature» – Arthur Billerey

Cette chronique a d’abord été publiée dans La cinquième saison N°7.

«Minuit approche et quelque chose de démoniaque attend dans le noir/Au clair de lune, tu aperçois quelque chose qui fait arrêter ton cœur de battre/Tu tentes de crier mais la terreur avale ton cri avant qu’il ne sorte/Tu ne peux presque plus bouger, l’horreur te regarde droit dans les yeux/Tu es paralysé.»

Michael Jackson, Thriller
Paroles de Rod Temperton
(Traduction approximative)

Ouvrir Folmagories, dérivé fou de fantasmagories, c’est ouvrir la porte du quotidien au merveilleux et ne craindre sur son seuil ni fantôme, ni sorcière, ni vouivre, ni feu follet ou plus largement quelconque apparition de son, de buée, de gaz et de lumière. Au fond, c’est accepter que la réalité, pour joindre les deux bouts, pour exister, pour fonctionner et pour remplir son rôle, doit nécessairement avoir recours à l’imaginaire comme moyen d’opposition, de lutte, d’effet contraire, comme le biceps ne fonctionne qu’avec le mouvement élastique du triceps, son antagoniste.

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