Archives par mot-clé : les bouquins du mardi

Anaïs Nin, sur la mer des mensonges

Les bouquins du mardi – Amélie Wauthier 

Il y a deux ans, j’envoyais ma toute première critique pour Le Regard Libre. J’avais été touchée par l’hommage bouleversant d’un petit-fils à sa mémé de nonante-cinq ans, contrainte de rejoindre un Ehpad assez déplorable. Depuis, les lectures et les chroniques se sont enchaînées sans que je n’aie eu le temps de les compter. Et voilà qu’aujourd’hui j’écris mon dernier papier pour les bouquins du mardi.

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«Se réjouir de la fin», une méditation sur sa propre finitude

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Dans Se réjouir de la fin, l’écrivain vaudois Adrien Gygax nous plonge dans le journal intime d’un homme en EMS. Veuf et sans enfant, ce dernier écrit ses mémoires sous forme d’épisodes thématiques. Nous découvrons ainsi son monde qui s’éteint, plein de philosophie.

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Exister et appartenir aux autres, la seule échappatoire

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Balançant sans cesse entre les lois de l’attraction et celles de la répulsion, les personnages de Thomas Flahaut, dans son dernier livre Les nuits d’été, nous ébranlent par leur réalisme. Mieux, ils nous dévoilent le quotidien des travailleurs frontaliers francs-comtois.

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Comme s’il fallait en baver pour être crédible dans un roman

Les bouquins du mardi – Anaïs Sierro

La promesse de prendre part à une rencontre amoureuse entre une Occidentale et un Japonais, masseur, qui «la réconcilie avec son corps, avec elle-même», a suffi à m’intriguer. Mais ce sont mes amours pour la pudeur japonaise quand il s’agit de sentiments et pour leur maîtrise de la poésie qui m’ont permis de dépasser ce titre certes beau (Lettre d’amour sans le dire), mais très risqué. Risqué, parce que parler d’amour peut très vite devenir fleur bleue, «et vas-y-que-je-m’ennuie». Après hésitation, j’ai osé prendre ce risque. Malheureusement, j’aurais mieux fait de repartir avec un de ces bons classiques qui ne me déçoivent que rarement…

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Lire «1984» ou atteindre l’orgasme, déjà un acte de rébellion

Les bouquins du mardi – Diana-Alice Ramsauer

«Big Brother is watching you». Une expression totalement entrée dans nos cultures occidentales. A tel point que le livre 1984 est utilisé aux quatre coins du monde comme symbole pour dénoncer tout et n’importe quoi. Mais commençons par le lire avant de le brandir. Car si la question de la surveillance est bien un sujet qui nous occupe également aujourd’hui, le message de George Orwell va évidemment plus loin. Désir bestial, dictature du «bienpenser» et uniformisation de l’opinion sont aussi au cœur du pamphlet.

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«Déflagration»: la prophétie de Serge Bimpage

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

C’est une expérience impressionnante que la lecture de Déflagration. Roman écrit par l’ancien journaliste romand Serge Bimpage, il raconte l’éruption d’un volcan au Nord de la Suisse, qui va provoquer une inondation… et un confinement généralisé. Le livre a été accepté par l’éditeur Michel Moret le 6 janvier 2020. Il a été écrit durant les trois ans qui ont précédé la pandémie. Comme tient à le noter l’auteur dans un avertissement, aucun mot n’a été changé ou ajouté au texte original. Une coïncidence bluffante avec notre présent, et surtout un récit poignant, intelligent et émouvant.

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Françoise Sagan avait le diable au cœur

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

En 1954, Françoise Sagan a dix-huit ans. Cet été-là, en six semaines, elle écrit son premier roman. Chef-d’œuvre aussi tranchant que minutieusement rédigé, il emmène le lecteur au sein d’une famille sur le point d’être recomposée. S’il en dit beaucoup sur les mœurs des années cinquante, il n’a pas pris une ride. Tant et si bien que l’on se surprend à y chercher des éléments d’aujourd’hui. Récit de mon voyage sur la Côte d’Azur, septante ans plus tôt, dans l’esprit vil d’une jeune fille en avance sur son temps.

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«Le fumoir», une virée cauchemardesque au cœur de l’asile

Les bouquins du mardi  – Ivan Garcia 

Un internement (forcé) en service psychiatrique place un jeune homme face à la noirceur du système hospitalier français. Le fumoir est une première entrée dans la littérature pour un jeune auteur qui a encore une marge de progression, mais qui donne à lire une histoire intrigante sur l’envers du système.

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«Comme un empire dans un empire», un récit des réalités oubliées, à contretemps

Les bouquins du mardi – Diana-Alice Ramsauer

Un développement sans rebondissement, de longues considérations, un pamphlet sans espoir et un crayon affûté pour dire une réalité malheureusement déjà obsolète. C’est ce que l’on peut dire du cinquième roman d’Alice Zeniter Comme un empire dans un empire. Ce récit sur la lutte collective et le désarroi personnel, sur la politique institutionnelle et le combat clandestin, sur le Parti socialiste français, les Gilets jaunes et le cybermonde aura bien de l’intérêt d’ici une dizaine d’années. En attendant, il sonne tristement faux. A moins qu’il ne serve à nous rappeller brutalement qu’il y avait un monde avant la pandémie.

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«L’Etranger» de Camus: et si le procès de Meursault n’était pas le bon…

Les bouquins du mardi – La rétrospective – Anais Sierro

Pour la jeune femme que je suis, quelque peu perdue et extérieure à ce monde, la lecture de L’Etranger de Camus a sonné comme ma plus grande révélation littéraire. Un bouleversement de vie! A l’heure où La Peste a été relue par des milliers de lecteurs et remise au goût du jour «Covid-19», il m’était important de mettre en lumière cet autre chef-d’œuvre camusien. Parfois couvert d’un grossier dédain. Or, nous qui sommes tant nombreux à l’avoir étudié lors de nos années d’études, oublions nos manuels scolaires le temps d’une critique, le temps d’une audace. Laissons, en partie, de côté le procès de Meursault, criminel de ne guère éprouver d’émotions. Et appelons à la barre l’accusé pour incitation au meurtre et à l’apathie : le soleil.

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