Archives par mot-clé : les bouquins du mardi

«Flammes sur #Lesbos», le livre que l’on aurait voulu aimer

Les bouquins du mardi – Diana-Alice Ramsauer

Il y a des bouquins qui, sur le papier, auraient tout pour plaire. C’est le cas de Flammes sur #Lesbos. Le concept de narration «roman-reportage» est original, le thème de la migration en Grèce mérite d’être mis en lumière et les probabilités d’enrichissement après lecture promettent d’être hautes. Et pourtant… on s’ennuie de bout en bout. Du moins, cela a été mon cas. A garder: les brillantes prises de position des différents personnages et l’analyse pertinente de la situation sur l’île de Lesbos. Pour le surplus, je rangerai cet ouvrage dans la case  «excellent reportage», mais malheureusement pas dans «roman».

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L’insignifiante lourdeur des petites gens oubliées

Arthur Billerey – Les bouquins du mardi – La rétrospective

Dans plusieurs sondages rencontrés sur Facebook, çà et là au sein de groupes littéraires obscurs ou lumineux, élitistes ou populaires, déserts ou grouillants, anarchiques ou mesurés comme une horloge suisse, le nom de Pierre Michon revient systématiquement au galop dans le classement des dix écrivains les plus adorés. Et considérés avec, cité en exemple, son ouvrage Vies minuscules, fameux fumet d’existences oubliées qui nous émeuvent au point de nous attendrir. Mais pourquoi donc revient-il toujours, ce nom de Pierre Michon, pain quotidien dont on s’arrache autant la miche?

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«Je suis une Viking», une légende 2020 qui fait du bien

Les bouquins du mardi – Amélie Wauthier

Il y a quelques mois, je me promenais entre les piles de bouquins chez Payot, à la recherche d’un livre pour ma prochaine critique. Quelque chose de court, rapide à lire, parce qu’en cette période de l’année, je n’avais pas non plus une tonne de temps libre devant moi. Et puis, c’est là que je l’ai vu, avec sa couverture pas forcément très belle, mais ce mot qui fait mouche neuf fois sur dix. «Je suis une Viking» et ses 440 pages ont su capter mon attention et ne l’ont plus lâchée depuis: j’avais trouvé ma lecture pour mes prochaines vacances d’été!

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«Shantaram», une épopée philosophique en terres indiennes

Les bouquins du mardi – Lauriane Pipoz

Les premières pages de Shantaram vont vous parler… Ou non. Ce roman-fleuve pseudo-autobiographique paru en 2003 ne manque pas de personnalité. Il raconte l’épopée de Gregory David Roberts, homme condamné à dix-neuf ans de prison pour une série de vols après avoir sombré dans la dépendance à l’héroïne. Il s’enfuit en Inde. Entre voyage, exil, mais aussi philosophie, l’auteur nous raconte Bombay, ses paysages, ses odeurs, ses habitants avec un phrasé magnifique. Mais aussi avec le risque de nous perdre au milieu d’un trop grand nombre d’aventures.

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«Une machine comme moi», entre humour et intelligence artificielle

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

Londres, 1982. Charlie est un type normal, ou presque. Trente-deux ans, et il est déjà fatigué de tout. Fini de travailler pour un employeur, fini d’avoir des projets et des rêves de jeunesse. Charlie, c’est un homme un peu perdu, cynique, drôle, très british et complètement décalé. Décalé dans une société qui l’est tout autant. Parce que la vie à Londres en 1982 dans ce roman n’est pas celle qu’elle fut il y a quarante ans dans la réalité. Les Beatles sont toujours au complet; Alan Turing, toujours vivant. Ce génie des sciences a pu ainsi mettre au point ce qui commence aujourd’hui, en 2020, à voir le jour: l’intelligence artificielle. Des robots androïdes – des Adam pour la version masculine, et des Eve pour la version féminine – sont commercialisés. Décalé pour décalé, Charlie dilapide tout l’héritage qu’il vient de recevoir de sa mère pour se procurer un Adam.

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Quand Ramuz, gamin, s’enivrait à Yvorne

Les bouquins du mardi – La rétrospective – Jonas Follonier

Nayant guère d’intérêt pour lœuvre de Ramuz, puisquelle ma toujours ennuyé quand je my suis frotté, jai choisi de mettre en péril mes vues en prenant sur moi le moindre effort de lire un de ses tout petits textes, Vendanges. Réédité cette année par les Editions de l’Aire, parmi dautres écrits ramuziens, ce récit ma étonnamment enivré. Comme le vin enivra lenfant Ramuz et comme le souvenir de ce temps lenivra à lâge de quarante-neuf ans.

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Dystopie lausannoise version Philippe Testa

Les bouquins du mardi – Ivan Garcia

Avec L’Obscur, Philippe Testa livre un nouveau récit au sein duquel un antihéros marginal, domicilié à Lausanne, essaie d’échapper à la fin du monde. Un roman d’anticipation qui intrigue et se laisse lire. Mais qui, en même temps, manque parfois de piquant et laisse le lecteur sur sa faim.   

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Entrer à Kaboul sur des cerfs-volants

Les bouquins du mardi – Diana-Alice Ramsauer

Dans Les cerfs-volants de Kaboul, la vie et la tragédie d’Amir, un petit garçon issu d’une famille bourgeoise de Kaboul, représentent une éclairante allégorie de la guerre d’Afghanistan. Mais ne vous méprenez pas, il serait totalement exagéré d’appeler cela un livre politique. Nous avons bien affaire à un roman scénarisé avec soin et qui peut se lire – en témoigne son succès – sur une chaise longue. En somme, un agréable bouquin tout public. Son intérêt profond? Il pourrait bien réveiller chez les personnes qui le lisent quelques volets d’intérêts concernant une histoire géopolitique qui n’est pas terminée et dans laquelle l’Occident est toujours empêtré.

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Le vaccin contre le Covid-19 s’appelle «Petite»

Les bouquins du mardi – Anaïs Sierro

Si vous pensiez lire un article médico-pharmaceutique sur un potentiel vaccin contre le Covid-19, passez votre chemin. Il s’agit bien de la critique du récit de voyage de Sarah Gysler, Petite. Et si l’on imaginait trouver la thématique de l’enfance ou de ce fameux «enfant intérieur» en thème majeur de ce voyage, c’est plus ou moins loupé, sauf sur la première moitié de ce livre.

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De l’intime à l’état pur

Les bouquins du mardi – Arthur Billerey

Passer un bon moment, un calvaire, ou penser simplement qu’on a soudain le sentiment de vivre vraiment sa vie. Regarder la couleur changeante du ciel, du soleil qui, un après-midi, inonde Damas. Faire une séance de signatures à Vevey, en compagnie de Chappaz, Corinna Bille, Georges Borgeaud. Charger deux vaches et trois veaux pour la boucherie et serrer la main ferme du boucher. Promettre, promettre désespérément des articles à des journaux. Chier sous un olivier, dans le sud du Péloponnèse. Mesurer le temps en mettant des bûches dans le feu. Rentrer la tête dans les épaules et sentir la pluie couler sur son front. Autrement dit, passer et ne faire que passer sur cette Terre en grattant sur le papier d’un journal la trame de nos allers-retours, la narration de nos errances, le segment de nos trajectoires, le récit de nos attirances secrètes et celui de nos dégoûts, voilà ce que propose ce numéro spécial de la revue Les Moments littéraires, qui met en avant les moments de vie de diaristes suisses sur plus de trois siècles, d’Henri-Frédéric Amiel à Douna Loup.

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