Archives par mot-clé : les mercredis du cinéma

«Les bonnes intentions» d’un cinéma moyennement bon

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

«Mais ils ne font rien de mal!
Ils ne font rien de bien non plus.»

A la suite des traditionnelles publicités à rallonge plus scénarisées que des films de Nolan, l’écran se fait finalement noir, son champ s’élargit et annonce le début de la projection du long-métrage Les bonnes intentions de Gilles Legrand (réalisateur des touchants Belle et Sébastien). Toujours dans l’exploration du relationnel, cette œuvre-ci dépeint l’histoire d’Isabelle, une française de vocation humanitaire, ainsi que de sa famille. Continuer la lecture de «Les bonnes intentions» d’un cinéma moyennement bon

«Jean-Christophe et Winnie»: enfance et quête de soi

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

«Jean-Christophe, quel jour on est?
Aujourd’hui, Winnie.
Oh! mon jour préféré!»

Un samedi après-midi pluvieux, la salle de cinéma est remplie d’enfants qui courent et jouent à cache-cache entre les rangées de sièges. Parents et grands-parents, armés de véritables seaux de pop-corn et autres friandises, ont amené leurs fratries, accompagnées de petits copains d’école, voir les (nouvelles) aventures des célèbres peluches Disney. Quelles peluches? Mais les amis de Winnie voyons! Le petit ours jaune au T-shirt rouge trop court et au cerveau trop petit. Mais ces enfants savent-ils encore de qui il s’agit? Connaissent-ils tous les habitants de la Forêt des Rêves bleus? On en douterait à voir leurs réactions…

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«Styx»: parabole humaine

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Le nom d’un point de passage vers les enfers de la mythologie grecque est le titre du troisième long-métrage de l’autrichien Wolfgang Fischer. L’affiche officielle le résume bien: le spectateur plonge dans le fracas des eaux et n’en revient pas indemne. Rike, médecin urgentiste allemande, entreprend un voyage en solitaire dans son voilier vers l’île sauvage de l’Ascension, au large de la Mauritanie. Styx souffre de certaines longueurs inévitables, mais le réalisateur utilise le silence comme un véritable outil dramatique.

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«En liberté!» et le micmac de nos têtes

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Non, mais tu rends compte que t’as bouffé l’oreille de ce mec?»

Jean Santi était vaillant, loyal, valeureux et il a donné sa vie pour défendre sa ville. Hommage au flic défunt, qui a laissé la commissaire de police Yvonne veuve, et un petit garçon orphelin. Deux ans qu’il est mort; et deux ans qu’Yvonne raconte tous les soirs au petit à quel point son papa était un héros. Le deuil passe par le culte. Mais voilà qu’un jour, au commissariat, un bijoutier reconnaît la bague qu’Yvonne porte au doigt. Et là c’est le choc.

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«Un homme pressé», l’art du chef-d’œuvre

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Fabrice Luchini endosse dans ce nouveau film d’Hervé Mimran le rôle d’un homme d’affaires surchargé, toujours en mouvement, entre réunions de travail et conférences, un homme à la course, comme une automobile, domaine dans lequel il a d’ailleurs fait carrière suite au décès de son épouse. Bref, c’est un homme pressé. Un beau jour, il est victime d’un AVC. Sa vie change: des troubles du langage et de la mémoire vont désormais le forcer à réapprendre à parler avec une orthophoniste. C’est la rencontre avec cette femme, Jeanne (Leïla Bekhti), qui va l’aider à non seulement retrouver la maîtrise de la parole, mais aussi à reconnaître ses erreurs du passé et rattraper le temps perdu.

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«Silvio et les autres», l’art du faux

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Avec Silvio et les autres, Paolo Sorrentino nous livre un film riche et particulièrement déroutant. Et comme grand nombre de ses films, faudra-t-il probablement plusieurs visionnages pour envisager, digérer, dans toute sa mesure, cet étrange objet que nous offre une fois de plus le cinéaste italien.

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«Bohemian Rhapsody»

«Ça ne finit jamais! Six fichues minutes!
(Freddie): Je plains ta femme si tu penses que six minutes, c’est long.»

En 1970, Farrokh Bulsara, la vingtaine à peine dépassée, se plante devant Brian May et Roger Taylor. Armé de son style excentrique, d’une attitude mi-farouche mi-pédante et de sa voix d’ange déchu, capable de percer le silence le plus dense et d’évoluer entre graves et aigus avec une aisance déconcertante, «Freddie» convainc les membres du groupe Smile et devient leur chanteur principal. Rapidement, Freddie propose un nouveau nom de groupe: QUEEN.

«Il nous faut quelque chose qui claque, dont les gens se souviendront.» Continuer la lecture de «Bohemian Rhapsody»

«Le Jeu», une comédie douce-amère

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Un couple de trentenaires sur le tard ou quadragénaires en herbe se réunit pour une nouvelle soirée entre amis, dans un appartement classe. Des couples, pour la plupart; seul Ben (Grégory Gadebois) est en solo, sa fraîche compagne ayant la «gastro». La soirée s’annonce sympathique, même si les plats cuisinés par leur convive, Vincent (Stéphane De Groodt), ne sont pas à proprement parler ragoûtants. Mais «c’est une surprise» – comme le dit Vincent, avec un air délicieusement benêt – et nous vous la laisserons donc aussi, chers futurs spectateurs.

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«Le grand bain» des belles blessures

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Sept types paumés et une femme brisée se reconstruisent grâce au rêve commun de participer aux mondiaux de natation synchronisée. Y parviendront-ils malgré leur mal de vivre? Ce condensé du synopsis annonce l’originalité du film de Gilles Lellouche. Le Grand Bain est une comédie dans laquelle la relation au corps joue un rôle important tout comme les blessures psychologiques. Elles donnent plus de force à l’humour. Nous aurions envie de parler d’ode à la difformité physique, d’éloge de la différence, d’apologie du singulier. Sans avoir peur de ces grands mots puisqu’ils soulignent précisément les particularités du film.

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«First Man: le premier homme sur la lune», Armstrong l’extra-terrestre

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Le 21 juillet prochain, les États-Unis célébreront un jubilé particulier: celui des premiers pas sur la lune de Neil Armstrong. Une épopée historique que Damien Chazelle a décidé de porter à l’écran. Mais alors que le cinéma de science-fiction tend à banaliser les vols spatiaux, First Man nous rappelle que la réalité se situe encore à des années-lumière de la fiction. Soulignant d’autant plus l’exploit qu’accomplirent les astronautes de la mission Apollo 11.

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