Archives par mot-clé : littérature européenne

La saga de la littérature islandaise

Le Regard Libre N° 55 – Clément Guntern

Introduction au dossier «Les lettres islandaises»

La terre de glace et de feu: telle est la formule consacrée pour parler de ce pays aux confins de l’Europe, longtemps relégué à la place peu envieuse de terre inhospitalière en marge du monde. Depuis quelques années, on ne compte plus sur Instagram les photographies des hauts lieux naturels de l’Islande; ses cascades, ses glaciers, ses plages de sable noir et ses volcans, mais aussi sa lande inhabitée, tantôt verdoyante, tantôt nue et désolée. Pourtant, cette définition romantique d’un pays où les éléments opposés se livrent à une lutte sans fin pour créer une nature originale ne saurait réellement saisir ce qui fait de l’Islande un véritable joyau de la culture européenne. Européenne, oui, car malgré une certaine proximité avec le continent nord-américain, ce pays n’a cessé d’être par toutes ses racines une terre de la vieille Europe.

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Petit inventaire du registre grivois dans la littérature européenne

Le Regard Libre N° spécial « Langue française » – Léa Farine

« Mieulx est de ris que de larme escripre, pour ce que rire est le propre de l’homme », écrit Rabelais dans Gargantua. Propre à l’homme également, la maîtrise du langage ainsi qu’une certaine créativité en matière de sexualité. Dès lors, il semble fort logique de considérer que le genre grivois n’est rien de moins qu’une des plus formidables expressions de la distinction humaine. N’en déplaise aux tristes qui se drapent d’une dignité toute raide. Il serait plus profitable à leur élévation de secouer les mites de cet habit faux, car pour retrouver le goût (et la pureté) du blanc, rien ne vaut une fine appellation (polissonne bien sûr). On peut, sous couvert de décence, renier les joies du jeu, mais il me semble qu’aucun homme (ou femme) ne soit jamais assez fort pour ce calcul. Il n’y a en effet rien de vulgaire à esthétiser des thèmes qui semblent vils de prime abord. La démarche, au contraire, est anti-pornographique.

Notre inventaire commence avec la pièce Lysistrata d’Aristophane, auteur comique grec ayant vraisemblablement vécu à Athènes au Ve siècle av. J.-C. Désireuses de faire revenir leurs maris de la guerre, les Athéniennes, puis les femmes de toutes les cités grecques, décident de faire la grève du sexe jusqu’à ce que les hommes cessent de combattre. Les jeux de langage qui parsèment le texte perdent certainement un peu de leur dimension originelle une fois traduits en français, mais demeurent cependant assez ostensibles pour que l’on puisse en saisir l’évidente licence. Continuer la lecture de Petit inventaire du registre grivois dans la littérature européenne

« L’adversaire »

Le Regard Libre N° 9 – Loris S. Musumeci

« Qu’il ne joue pas la comédie pour les autres, j’en suis sûr, mais est-ce que le menteur qui est en lui ne la lui joue pas ? Quand le Christ vient dans son cœur, quand la certitude d’être aimé malgré tout fait couler sur ces joues des larmes de joie, est-ce que ce n’est pas encore l’Adversaire qui le trompe ?
J’ai pensé qu’écrire cette histoire ne pouvait être qu’un crime ou une prière.
Paris, janvier 1999 »

Jean-Claude Romand : Père de famille idéal, fils consciencieux, grand médecin à succès… et menteur, assassin, fou.

Son histoire est celle d’un homme banal, qui pendant dix-huit ans a menti sur tout à tout le monde. Et tout éclate le 9 janvier 1993, lorsqu’il tue sa femme, ses enfants, ses parents et tente, sans succès, de se suicider. On découvre alors qu’il n’était pas médecin à l’OMS comme il le prétendait. Il n’était rien. Durant toutes ces années, sans l’ombre d’un doute, sa famille, ses amis le crurent dans ce mensonge d’une vie, mais au moment où la vérité s’apprêta à déchirer le voile de l’imposture pour ressurgir à la lumière, Jean-Claude Romand ne trouva d’autre issue que d’assassiner « ceux qu’il aimait », ceux qui eussent été meurtris par cette vérité étouffée, si vieille et nouvelle à la fois. Continuer la lecture de « L’adversaire »