Archives par mot-clé : loris s. musumeci

«Les Inconsolés» d’un amour immortel

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

Lise tombe amoureuse de Louis. Louis tombe amoureux de Lise. Coup de foudre. Entre une jeune fille complexée et un jeune homme sans complexe. Elle se croit laide; il se sait irrésistible. Elle se révèle sublime au fil des pages; et lui cruel, égoïste, calculateur. Elle devient forte à son tour, elle s’affirme; il se reconnaît faible, il s’efface. Ils se quittent. Mais leur amour est immortel; la rupture, impossible. Quand le prince charmant offre à sa princesse le château de ses rêves pour la reconquérir, elle cède. Ils s’aiment à nouveau. A quel prix? Celui de la romance tragique. Les Inconsolés en est une romance tragique. Elle est signée Minh Tran Huy, aux éditions Actes Sud.

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«Sankhara», une expérience à méditer

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«Je n’étais plus seule et libre pour toute ma vie à venir. Je me devais d’être là et de préserver cette sécurité pour eux. Ce n’était pas bien clair et je croyais à l’époque en vouloir à Sébastien d’avoir encore cette vie sociale dont je ne disposais plus. Il essayait de me comprendre, me proposait de prendre le relais quand il rentrait, de m’échapper un peu… Pour aller où? Faire les magasins? Voir des amies? Elles qui ne parlaient que de mes bébés et du travail que je devais avoir avec des jumeaux? Je n’en avais aucune envie. […] Je me sentais grosse et fatiguée. Comme si j’avais encore mes bébés à l’intérieur. J’étais vide et pleine à la fois. Quand je ne m’occupais plus des jumeaux, quand je ne les nourrissais pas, quand je ne les berçais pas, mon corps était inutile et laid. Il n’avait plus d’existence hormis celle que lui donnaient mes enfants.»

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«Noces»: pour ne pas renoncer à la beauté du monde

Les bouquins du mardi – Edition spéciale «Les coronarétrospectives de la littérature» – Loris S. Musumeci

Quatre lieux, quatre explorations, quatre textes qui célèbrent les noces d’Albert Camus avec des environnements qu’il aime. Ecrits entre 1936 et 1937, ces quatre essais lyriques annoncent qu’un jeune homme d’un peu plus de vingt ans a déjà trouvé les sources d’un bonheur simple, mais d’un bonheur vrai. Et exaltant. Entre descriptions sensitives et sensuelles, méditations et souvenirs d’une jeunesse en cours, les éléments essentiels à l’œuvre d’un Camus en construction surgissent déjà. Ils l’accompagneront jusqu’au Premier homme, resté inachevé. Noces est en ce sens une célébration de l’auteur, une célébration de lecture, une célébration de la beauté de son monde. 

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«La tentation» deviendra un western tragique et social

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

Les romans auxquels le prix Médicis est attribué ne sont pas réputés pour leur facilité d’accès. Mais pour leur qualité, leur originalité, leur travail sur la langue, leur recherche littéraire. Ce fut le cas il y a deux ans pour Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel, un chef-d’œuvre à mon regard. Ce fut également le cas il y a un an pour le récit autobiographique du grand Pierre Guyotat Idiotie, qui m’a laissé perplexe sans me laisser remettre en question sa richesse. Ce fut le cas en novembre dernier pour La tentation de Luc Lang. Un roman de lutte. Un écrit sanguin. Une fin sanguinolente.

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