Archives par mot-clé : nietzsche

Les idées de réaction et de progrès chez Jean Starobinski

ARTICLE LONG FORMAT, Eugène Praz | Dans son essai Action et réaction. Vie et aventures d’un couple (1999), originalement composé, mais d’une ferme rigueur intellectuelle, le critique littéraire suisse Jean Starobinski revenait sur les concepts d’action et de réaction, et montrait comment ils avaient servi dans l’histoire des idées, tant scientifiques que médicales, psychologiques, littéraires, philosophiques et politiques. Il en consacrait le dernier chapitre à leur aspect politique. Il n’est pas inintéressant d’y revenir aujourd’hui, car en plus de servir d’illustration à l’Abrégé de métapolitique d’Alain Badiou, paru un an avant l’essai de Starobinski, il démontre la maniabilité aisée, surtout en politique, des termes d’action, ou de progrès, et de réaction, et que rien n’est plus trompeur que des mots d’une telle généralité. Par ailleurs, ils favorisent une tendance à scinder tout sujet politique en deux, toujours à quelques nuances près.

Julien Rochedy: «Je reproche au conservatisme traditionnel son manque de courage»

Le Regard Libre N° 70 – Antoine Bernhard

Dossier métapolitique

Julien Rochedy, trente-deux ans, est une ancienne étoile montante de la politique française. En tant que membre du Front national, le jeune Ardéchois a obtenu ses plus hautes responsabilités en devenant conseiller politique de Marine Le Pen pour la campagne présidentielle de 2012, puis en accédant à la direction du Front national de la jeunesse la même année. Cependant, l’évolution idéologique de Marine Le Pen et du parti le dégoûte peu à peu – comme il l’explique dans une vidéo long format postée sur sa chaîne YouTube. Ainsi, en 2014, Julien Rochedy abandonne tout engagement politique. Aujourd’hui, il s’investit entièrement dans la métapolitique où il s’agit, dit-il, de mener le combat sur le terrain des idées. A ce titre, il publie des livres, donne des conférences et poste des vidéos sur internet. C’est sur internet, justement, sans rien savoir d’abord de son engagement politique, que j’ai découvert Julien Rochedy avant de lui proposer un entretien.

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Joker sur les chemins de la liberté

Eclairage par l'art antérieur de la littérature

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Avec «La Mule», Clint Eastwood n’a plus rien à prouver

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dix ans après Gran Torino, Clint Eastwood (88 ans) revient à l’écran avec La Mule, dont il assure également la réalisation. Coup de projecteur sur un coup de maître, à voir de toute urgence.

Earl Stone est un octogénaire ayant passé sa vie dans l’horticulture. Les orchidées constituent sa passion au point qu’il leur a consacré tout son temps, au détriment de sa famille. Sa fille ne lui parle plus depuis des années, son ex-épouse est totalement dévastée elle aussi. Ruiné et solitaire, le vieil homme accepte alors un petit boulot qui ne lui demande en apparence que de faire le chauffeur. Sauf que son coffre contient de la cocaïne, et qu’il devient, d’abord sans le savoir, la mule d’un des plus grands cartels de drogue du Mexique. S’ensuivent pour Earl une dizaine de courses plus dangereuses les unes que les autres, un séjour chez le grand boss du cartel, prostituées et viagra inclus, une partie de cache-cache avec le FBI et, surtout, une tentative de rattraper le passé avec ses proches.

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Tous à table !

Le Regard Libre N° 15 – Jonas Follonier

Cela fait des millénaires que certains philosophes, religieux, intellectuels et autres gourous nous invitent à mépriser le corps, à nous détourner du sensible, du sensuel, du sentiment, à nous diriger vers le monde supérieur de l’intellect, du spirituel, du divin. Cela fait plus précisément depuis Platon, « le grand calomniateur de la vie » comme l’écrit Nietzsche, qu’une telle conception hante la pensée occidentale.

Et si nous arrêtions d’écouter leur baratin ? Et si nous nous disions que ce qu’il y a de plus haut, de plus beau (et non de plus faux et de plus sot) en l’homme consiste à user avec mesure de toutes ses facultés – spirituelles et sensibles – et de s’extasier de leur interaction ? Et si nous envisagions que si la vie est absurde, ce n’est pas parce qu’une meilleure vie nous attend dans l’au-delà mais parce que c’est justement le propre de toute chose d’être absurde (pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien…) et que cela nous invite à la meilleure transcendance d’ici-bas, j’ai nommé l’art ? Continuer la lecture de Tous à table !

Ontologie de la beauté

Le Regard Libre N° 12 – Sébastien Oreiller

Quand Nietzsche crut renverser la morale ancienne, la morale du bien et du mal, pour la remplacer par celle, plus exigeante, du bon et du mauvais, il ne fit que remplacer une philosophie du comportement, une philosophie éthique dirions-nous, par une moralité plus froide et plus distante, peut-être même plus dangereuse. Nous semblons avoir pris la fâcheuse habitude depuis vingt-cinq siècles, c’est-à-dire depuis Socrate et surtout depuis Platon, de lier l’essence au bien, de ne plus être capable d’admirer l’être en soi sans le rattacher, d’une manière ou d’une autre, à la perfection de l’acte humain, loin de là l’ingénuité morale qui avait marqué leurs prédécesseurs. Il me semble être une philosophie plus exigeante et plus noble, d’autant plus détachée des médiocrités quotidiennes qu’elle est elle-même intrinsèquement liée à l’être, je veux parler de la philosophie du beau en tant que tel.

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