Archives par mot-clé : passion

«Ça raconte Sarah»: un Choix Goncourt de la Suisse au cœur d’une passion lesbienne

Le Regard Libre N° 51 – Loris S. Musumeci

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires, épisode #4

«Ça raconte Sarah, sa beauté inédite, son nez abrupt d’oiseau rare, ses yeux d’une couleur inouïe, rocailleuse, verte, mais non, pas verte, ses yeux absinthe, malachite, vert-gris rabattu, ses yeux de serpent au paupières tombantes. Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse.»

Vous savez donc de quoi il s’agit. Ça raconte Sarah, eh bien, raconte Sarah. Ça raconte Sarah à travers les yeux d’une narratrice dont elle tombe amoureuse. Avec laquelle elle vit une passion folle et érotique. Puis la fin de cet amour, et la mort lente qu’engage cette rupture. Le sujet est simple, le livre est court; ce qui a plu aux jurés du Choix Goncourt de la Suisse. 

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Le Salon de la Bière à Conthey

Les vendredis de la microbrasserie – Florent Aymon

Eh oui, malheureusement, vous recevez l’information trop tard: le plus grand rassemblement de brasseries artisanales suisses s’est tenu à Conthey (VS) samedi dernier et a obtenu un succès bien meilleur qu’attendu. Retour sur ce nouvel événement national autour des brasseries artisanales.

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«After», un avant et un après la passion

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Toi et moi on pourra jamais être juste des amis.»

Tessa est mignonne et gentille. Elle a toujours écouté sa maman et son petit copain Noah. Parce que lui aussi il est tout mignon et tout gentil. En plus, il lui donne plein de bons conseils; il ne veut que son bien. Et des conseils, elle en a besoin pour son nouveau départ. Tessa quitte sa petite ville pour aller à la fac’, à Atlanta. Or le changement n’est pas que géographique, il est radical. Nouvelle école, nouvelle vie. Et nouvelles rencontres. Dont celle de Hardin; un bad boy tout de noir vêtu qui, après résistance, va lui faire tourner la tête, lui faire perdre son sang-froid. Son manège à elle c’est lui! Mais tout n’est pas si simple: la passion a ses raisons que la raison ignore.

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«Les bonnes intentions» d’un cinéma moyennement bon

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

«Mais ils ne font rien de mal!
Ils ne font rien de bien non plus.»

A la suite des traditionnelles publicités à rallonge plus scénarisées que des films de Nolan, l’écran se fait finalement noir, son champ s’élargit et annonce le début de la projection du long-métrage Les bonnes intentions de Gilles Legrand (réalisateur des touchants Belle et Sébastien). Toujours dans l’exploration du relationnel, cette œuvre-ci dépeint l’histoire d’Isabelle, une française de vocation humanitaire, ainsi que de sa famille. Continuer la lecture de «Les bonnes intentions» d’un cinéma moyennement bon

«A la recherche d’Ingmar Bergman»: un documentaire à moitié tourné

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Tourner un documentaire sur un cinéaste mythique quand on est soi-même une réalisatrice ; la tâche en étonnera certains et en réjouira d’autres. C’est exactement ce qu’a fait Margarethe von Trotta dans A la recherche d’Ingmar Bergman. Un document peu surprenant dont le principal intérêt apparaît dans la discussion autour de l’héritage cinématographique que le réalisateur suédois a laissé derrière lui et dans la manière d’entrer frontalement dans son univers.

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« Joueurs » – rien ne va plus !

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Pour son premier long-métrage, la jeune et prometteuse réalisatrice Marie Monge poursuit l’exploration qu’elle avait débuté avec Marseille la nuit, moyen-métrage nommé aux César 2014, et pose à nouveau son regard sur cette troisième France. Cette France oubliée, celle des bas quartiers, des voyous et des durs aux cœurs tendres. Car si avec Joueurs Marie Monge nous raconte une histoire d’amour, celle entre Abel (Tahar Rahim), une petite frappe accro aux jeux, et Ella (Stacy Martin), une jeune femme perdue, il s’agit aussi et surtout d’une histoire d’addiction(s) ayant pour cadre les cercles de jeux parisiens.

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« Lady Bird », quand l’adolescence nous revient

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Je m’appelle Lady Bird. Je me suis baptisée moi-même. »

Dernière année au lycée catholique de Sacramento avant l’université. Christine (Saoirse Ronan), qui par acte de révolte se fait appeler Lady Bird, rêve d’étudier dans une grande université et de quitter sa ville miteuse. Elle veut plus ; plus de liberté, de bouleversements, d’éclatements, de passions. Encore vierge, elle éprouve un désir fou de connaître un amour bohème, mêlant la tendresse et la sauvagerie des romances les plus chaudes.
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Aimons la vie !

Le Regard Libre N° 22 – Jonas Follonier

Il y a des gens qui s’ennuient. Pire, il y a des gens qui n’aiment pas la vie (cela est encore plus grave quand ils ne sont pas dans la misère). Cet éditorial a pour but de leur faire changer d’avis, ou du moins de leur montrer qu’un changement d’avis est possible. Selon moi, le fait d’aimer la vie a un lien fort avec la passion, la sensibilité et le goût du perfectionnement.

Commençons par la passion. Depuis les romantiques, nous avons une certaine idée de ce qu’est la passion amoureuse. Ici, le concept de passion doit être pris plus largement. Le fait de se forger une identité personnelle dépend en grande partie de notre capacité à avoir des préférences, notamment artistiques, sexuelles ou encore sociales. Cette disposition à avoir de l’intérêt pour quelque chose et de cultiver cet intérêt, je la nomme passion. Les Alpes sont si grandes, YouTube est si riche, les choix d’activités sont si vastes, que la passion s’impose. Continuer la lecture de Aimons la vie !

« Ne me quitte pas » : analyse poétique

La richesse de la chanson française (5/6)

Le Regard Libre N° 17 – Jonas Follonier

Le mois passé, celui de mai, est le symbole du printemps. Et le printemps est le symbole de l’amour. C’est pourquoi il fallait à nouveau consacrer cette rubrique à une chanson d’amour. Qu’il est difficile de faire son choix dans un répertoire aussi grandiose que celui de la chanson française. Une œuvre s’impose néanmoins : Ne me quitte pas.

Si Jacques Brel endosse le costume de chanteur, il est avant tout un poète. Preuve en est avec sa chanson de 1972 évoquant la rupture prochaine d’un amour. Composée de pentasyllabes, le poème auquel nous avons affaire semble se situer entre la complainte et la poésie élégiaque. En tout cas, les verbes de la première strophe, « quitter », « s’enfuir », « oublier », « perdre », « tuer », évoquent tous à leur façon la rupture amoureuse. Continuer la lecture de « Ne me quitte pas » : analyse poétique

Albert Camus, ou la tragédie du bonheur

Le Regard Libre N° 10 – SoΦiamica

«Le bonheur après tout, est une activité originale aujourd’hui. La preuve est qu’on a tendance à se cacher pour l’exercer. Pour le bonheur aujourd’hui c’est comme pour le crime de droit commun: n’avouez jamais. Ne dites pas, comme ça, sans penser à mal, ingénument: «Je suis heureux». Car aussitôt, vous verriez autour de vous, sur des lèvres retroussées, votre condamnation: «Ah! vous êtes heureux, mon garçon? Et que faites-vous des orphelins du Cachemire, ou des lépreux de la Nouvelle-Zélande, qui ne sont pas heureux, eux?» Et aussitôt, nous voilà tristes comme des cure-dents. Pourtant moi, j’ai plutôt l’impression qu’il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur.» – Albert Camus

La philosophie de Camus est très proche de l’existence qu’il mena. Il naît en 1913 à Mondovi (Algérie) d’une famille pauvre et analphabète; les siens déménagent très tôt à Alger (suite au décès du père, à la guerre) et permettent ainsi la rencontre du petit Camus et de l’instituteur Louis Germain, qui verra du talent en lui et convaincra sa famille à l’inscrire au lycée malgré leur pauvreté. Sa première lutte sera celle du langage: il s’est voulu le porte-parole de tous ceux qui, démunis ou n’ayant pas pu aller à l’école, ne pouvaient pas parler. Il découvrira à la même période les inégalités dues à la pauvreté, et étonnement le football pour les contrer! Gardien de but, on le décrira comme «solitaire dans sa cage, mais solidaire dans l’équipe». Il se lance plus tard dans des études de philosophie.

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