Archives du mot-clé politique suisse

La neutralité a-t-elle encore une utilité ?

Le Regard Libre N° 32 – Clément Guntern

La neutralité est un concept essentiel à l’existence même de la Suisse. Pourtant, nous pouvons nous questionner sur son utilité actuelle, dans une situation totalement différente que lors de son instauration. Y a-t-il des raisons pertinentes à son maintien ?

Dans une étude sur la sécurité publiée en 2017 par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), la population suisse affirme à 95% être attachée à la neutralité. Pourtant, si l’on observe le monde dans lequel nous vivons, il est de plus en plus difficile de trouver une utilité à la neutralité. Essayons donc de comprendre en quoi la neutralité n’est plus vraiment adaptée aux problèmes du monde qui nous entoure, en nous appuyant en partie sur les travaux du professeur René Schwok.

La neutralité suisse est une neutralité permanente. Que ce soit lors de périodes de conflits ou en temps de paix, la Suisse se considère comme neutre. Cependant, les règles qui régissent la neutralité de temps de paix et celle de temps de guerre sont bien différentes. On les nomme respectivement politique de neutralité et droit de la neutralité.

Droit de la neutralité

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Pascal Couchepin : « Personnellement, j’étais pour un ticket à deux »

Un entretien inédit préparé par Jonas Follonier et Nicolas Jutzet

Vendredi dernier 1er septembre, le groupe parlementaire PLR a tenu séance à Neuchâtel pour choisir le type de candidature qu’il souhaite lancer dans la succession à Didier Burkhalter au Conseil fédéral. Un ticket à trois a été choisi : les candidats Ignazio Cassis (le favori), Isabelle Moret et Pierre Maudet restent en lice. Réactions d’un ancien président de la Confédération libéral-radical, Pascal Couchepin.

Jonas Follonier : Ce choix d’un ticket à trois était-il une surprise pour vous ?

Pascal Couchepin : Je n’ai pas été surpris, car dans ce domaine, la préoccupation tactique l’emporte souvent sur la préoccupation du fond. Personnellement, j’étais pour un ticket à deux, et non à trois. Imaginez un ticket à quatre, cinq, six, ce serait laisser les autres partis décider. Non, il est essentiel que le parti s’accorde déjà sur un ou deux noms, afin de faire une première sélection au niveau des compétences, et ne pas laisser l’entier du choix aux autres formations politiques. Lire la suite Pascal Couchepin : « Personnellement, j’étais pour un ticket à deux »

L’accord-cadre et le futur de la relation Suisse-Union européenne

Le Regard Libre N° 30 – Clément Guntern

La relation Suisse – Union européenne (3/3)

La question du futur de la relation Suisse-Union européenne (UE) se retrouve plus que jamais au cœur de l’actualité. Pour cause, les négociations en cours ont poussé au départ un conseiller fédéral très apprécié. La solution actuellement en discussion n’en finit pas de crisper en Suisse.

Dans les médias helvétiques, on parle d’un accord-cadre ou d’un accord institutionnel (nous choisirons le premier terme), mais en quoi consiste-t-il exactement ? Enormément d’informations erronées circulent. Et avant tout sur l’UE, quoique nous soyons déjà habitués à ce que certaines personnes parlent soit en mentant délibérément, soit en faisant preuve d’une totale ignorance sur ces questions et maintenant aussi sur l’accord lui-même.

Un accord en négociation

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Les accords bilatéraux

Le Regard Libre N° 29 – Clément Guntern

La relation Suisse – Union européenne (2/3)

Après avoir fait un bref historique de la relation Suisse – Union européenne, nous consacrerons ces quelques lignes à décrire les accords bilatéraux et plus généralement la situation qui prévaut à l’heure actuelle.

Comme nous l’avions vu, la voie bilatérale n’est pas née facilement. Elle est apparue après de longues et difficiles négociations suite au refus de l’Espace économique européen (EEE) en 1992. C’est donc sur une voie propre que la Suisse a voulu se lancer, une voie que l’UE ne désirait pas forcément et qu’elle imaginait temporaire. Mais dans les faits, sur quoi portent ces accords ? Comment fonctionnent-ils et quels sont les problèmes auxquels la voie bilatérale doit faire face ?

Plus d’une centaine d’accords Lire la suite Les accords bilatéraux

Succession de Didier Burkhalter : l’illusion du jeunisme

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

A chaque fois qu’une place se libère dans notre collège, le Conseil fédéral pour les intimes, une liste allongée de critères apparaît dans les médias qui se passionnent pour un événement somme toute très peu intéressant pour le grand public : le choix d’un haut-fonctionnaire par une assemblée d’élus.

Et cette liste, arbitraire au possible, s’appuie en partie sur un article de notre chère Constitution, Art. 175 alinéa 4 : « Les diverses régions et les communautés linguistiques doivent être équitablement représentées au Conseil fédéral ». Vous avez dit vague ? Mais d’autres font partie de l’équation : égalité des sexes, capacité à gouverner, provenance géographique, connaissance de la politique fédérale. Les élus, qui défendent le « bien commun », n’aiment pas élire un externe, un gueux qui préfère agir dans son canton, ou pire, en dehors du monde politique. Corporatisme quand tu nous tiens.

Circonspect face à tant de niaiserie, j’ai toujours rêvé d’une élection en fonction des compétences, du talent, du curriculum vitae. Mais cela est très peu suisse apparement. Karin Keller Suter et Thomas Aeschi, pour prendre des exemples récents, « lassen Grüssen » comme disent nos amis outre-Sarine. Pas de tête qui dépasse, surtout pas. Lire la suite Succession de Didier Burkhalter : l’illusion du jeunisme

La Suisse et l’Union européenne, une longue histoire

Le Regard Libre N° 28 – Clément Guntern

La relation Suisse – Union européenne (1/3)

Comme la question de l’avenir de la relation que la Suisse entretient avec l’Union européenne (UE) est centrale pour l’avenir de notre pays en général ; et comme nous serons appelés prochainement à nous prononcer à plusieurs reprises sur cette question, il paraît bon de retracer l’histoire de cette relation et de recentrer un débat qui, trop souvent, part sur l’émotionnel plutôt que le rationnel.

Malheureusement, nombre de réflexions que l’on entend sont tout droit sorties d’un imaginaire collectif concernant l’UE. De plus, il est apparu clairement dans plusieurs sondages post-votations que les jeunes de notre pays considèrent la position suisse en Europe soit comme un acquis, soit comme une situation injuste. Il convient de montrer à quel point ce chemin fut difficile pour notre pays à ceux qui n’ont vécu que la situation actuelle ou ne se rendent pas compte du passé. Lire la suite La Suisse et l’Union européenne, une longue histoire

Deux jeunes politiciens discutent autour d’un verre

Le Regard Libre N° 17 – Jonas Follonier

Nombreux sont les jeunes engagés en politique. Le Regard Libre est allé à la rencontre de deux d’entre eux, dans un bar de Neuchâtel : Luc Bourquin, représentant des Jeunes socialistes neuchâtelois au niveau suisse, et Michele Barone, vice-président des Jeunes libéraux-radicaux suisses. Quand babord et tribord s’affrontent amicalement autour d’un verre, cela donne naissance à d’intéressantes discussions.

Jonas Follonier : Le 5 juin, voterez-vous pour ou contre l’initiative demandant l’instauration d’un revenu de base inconditionnel (RBI) et pourquoi ?

Luc Bourquin : Il faut savoir que le RBI est une question sensible, car au sein même du PS, il y a une division. Le PS suisse tout comme le PS neuchâtelois sont contre, alors que les Jeunes socialistes suisses et neuchâtelois sont pour. Pour ma part, je pense que c’est un enjeu très important, dans la mesure où pour une fois, on a une votation qui remet en cause le système. Ce qu’il y a de très intéressant dans cette proposition, c’est qu’elle veut séparer le travail de la subsistance. Il s’agit de dire que tout le monde a le droit à une vie décente, quelles que soient ses qualités ou ses ambitions. Beaucoup ont peur que les gens arrêtent de travailler : un sondage montre qu’au contraire, très peu de gens cesseraient d’avoir un travail. Je pense aussi qu’économiquement, le RBI serait positif à long terme, car on arrive actuellement à un stade où on ne peut plus garantir le plein emploi. Cela est dû aux avancées technologiques et à la quatrième révolution industrielle. Le RBI serait une solution face à ce phénomène. A ceux qui disent que le RBI est contre le capitalisme, j’ai envie de répondre que non, le RBI permet de sauver le capitalisme ! Lire la suite Deux jeunes politiciens discutent autour d’un verre