Archives par mot-clé : post-humanisme

Jaha Koo, performeur engagé et créateur d’un théâtre multimédia

Entretien inédit – Ivan Garcia

Souvent, les scènes suisses s’ouvrent à d’autres comédiens et metteurs en scène venus du monde entier. Et l’on y trouve les perles rares du théâtre d’aujourd’hui et de demain. La quarante-troisième édition du festival La Bâtie de Genève accueillait une personnalité fort intrigante en la personne de Jaha Koo. Originaire de Corée du Sud, cet artiste présente un théâtre multimédia aux croisements de sa trajectoire personnelle, de l’Histoire et des enjeux sociopolitiques. Comédien-créateur, performeur, mais aussi vidéaste et compositeur musical, Jaha Koo a débarqué sur le sol genevois avec sa création Cuckoo. Celle-ci le met en scène, accompagné de trois rice cooker [ndlr: cuiseurs à riz] de la marque Cuckoo, fort répandue en Corée du Sud. Doués de paroles, les trois cuiseurs narrent leurs problèmes et, entrecoupés par l’artiste et la vidéo, nous plongent dans l’histoire sud-coréenne, celle de la crise financière de 1997 qui, aujourd’hui encore, a laissé des traces au sein de la société coréenne. Avec cet entretien, Le Regard Libre vous emmène à la rencontre de celui qui sera, sans doute, l’un des grands hommes de théâtre de ce siècle.

Lire l’entretien
Publicités

Le transhumanisme est-il un humanisme ?

Le Regard Libre N° 24 – Nicolas Jutzet

Plusieurs études soulèvent une problématique dérangeante : à peu près partout dans le monde occidental, le quotient intellectuel baisse de façon alarmante depuis le début du XXIème siècle. Inquiétante, cette nouvelle tendance fait suite à un XXème siècle qui aura vu le QI, notamment sous l’effet des progrès sanitaires et sociaux, augmenter régulièrement. Laurent Alexandre, chirurgien-urologue et passionné du mouvement transhumaniste, explique le phénomène par le fait que « les personnes les plus instruites ont tendance à retarder le moment d’avoir un premier enfant, notamment pour poursuivre des études, et en font donc moins que celles appartenant aux couches les plus défavorisées de la population ». En couplant cette donnée avec la disparation de la sélection naturelle (qui sélectionnait les individus les plus aptes à la survie, et non forcément les plus forts), vous obtenez une synthèse inquiétante. Notre humanité est-elle condamnée au déclin ? A-t-elle touché son « plafond de verre » ?

Certains refusent cette fatalité. Optimistes, ils sont des adeptes du « transhumanisme ». Ce mouvement veut dépasser l’approche actuelle de la simple réparation de l’être humain, qui est à ce jour principalement thérapeutique. Ils veulent passer à l’étape supérieure, celle de l’amélioration en plus de la réparation. Ils veulent passer de la thérapie à l’augmentation des capacités de l’être humain. La convergence des technologies NBIC (nano-bio-info-cognitives) rend cette hypothèse de plus en plus plausible, voire même certaine selon les auteurs. Pour ce courant de pensée, l’humain apparaît comme une addition de facteurs qu’il convient d’analyser en qualité d’ingénieur universel. Disséquer, analyser et remédier aux faiblesses actuelles de l’homme. Nick Bostrom, transhumaniste convaincu et reconnu, justifie cette approche par le fait que l’humanité se retrouve face à quatre évolutions possibles : l’extinction de l’espèce humaine ; l’effondrement récurrent (crises cycliques) ; la stagnation ; l’évolution post/trans-humaine (avec ou sans rupture radicale par rapport à l’aspect actuel de l’être humain). La quatrième évolution est privilégiée. Continuer la lecture de Le transhumanisme est-il un humanisme ?