Archives du mot-clé rhétorique

« Le Brio »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Ce qui compte, c’est d’avoir raison ; la vérité on s’en fout. »

La banlieue parisienne, traversée par le métro. Neïla Salah (Camélia Jordana) se rend en Place du Panthéon, à l’Université Assas, pour un premier jour d’études en droit. Son retard de cinq minutes lui coûte cependant l’attention du professeur Pierre Mazard (Daniel Auteuil). Face à une assemblée ébahie, le docte orateur humilie la jeune étudiante sous des jeux de mots et des remarques pointant directement du doigt le faciès sémite de Neïla. Comme si cela ne lui suffisait pas pour s’attirer des problème, il enchaîne avec une critique moqueuse de l’islam. La haine est signée. Pierre Mazard est convoqué par le doyen de la faculté. Seule solution de rachat : préparer la proie de la rentrée au prestigieux concours d’éloquence.

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Une heure avec Marc Bonnant

Le Regard Libre N° spécial « Langue française » – Loris S. Musumeci

Marc Bonnant n’est pas seulement un personnage très cultivé et admiré de toutes parts pour sa sublime éloquence, il est aussi un véritable Maître. Avocat depuis 1971, il défend des personnalités d’envergure au niveau international, telle Sa Majesté l’Impératrice Farah d’Iran. De Bâtonnier de l’Ordre des avocats de Genève à président du Concours d’art oratoire, ses mandats restent très nombreux. Ces derniers voyagent même dans le temps : l’homme de droit s’est amusé notamment à plaider pour Baudelaire dans le procès des Fleurs du mal. Il a par ailleurs reçu différentes récompenses grâce à sa passion du beau verbe : la nomination d’Officier dans l’Ordre de la Légion d’honneur, le Prix du rayonnement français et la consécration de Meilleur orateur francophone vivant. Marc Bonnant, amoureux de la vie et de la langue, nous offre un entretien profond et touchant.

Loris S. Musumeci : Le français a-t-il une culture qui lui est propre ?

Marc Bonnant : On a soutenu que l’Etat est une langue, et que l’Etat est sa langue. Avant d’en venir au français, on peut considérer que la langue est constitutive d’une communauté, et donc d’une nation. On peut dire d’une nation qu’elle étaie des frontières et une langue, donc une culture, et par là une tradition ainsi qu’une verticalité. Je parle de culture et de langue, parce qu’elles sont consubstantielles. On conçoit dans une langue, on pense dans une langue. Ainsi, les lecteurs que nous sommes devraient pouvoir, s’ils voulaient vraiment lire, lire dans la langue originale. La pensée est l’expression d’une culture, la langue en est l’instrument, mais en est aussi la créatrice. Lire la suite Une heure avec Marc Bonnant

Rencontre avec Laurent Pernot, de l’Académie française

Le Regard Libre N° spécial « Langue française » – Sébastien Oreiller et Jonas Follonier

Il nous faudrait plusieurs pages de ce journal pour énumérer le parcours et les différentes fonctions de M. Laurent Pernot. Directeur de l’Institut de grec de l’Université de Strasbourg, il est membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres depuis 2012 et membre sénior de l’Institut Universitaire de France. Le 13 novembre 2014, par décret du Président de la République, Laurent Pernot a été nommé chevalier dans l’Ordre national du Mérite. Nous avons eu la chance de pouvoir l’interroger sur la rhétorique, dont il est un spécialiste internationalement reconnu.

S. O. et J. F. : La rhétorique n’a point de secret pour vous. Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans ce domaine ?

Laurent Pernot : Personnellement, j’aime tout dans la rhétorique : l’élégance de la forme, les belles périodes, les réparties spirituelles, la discipline de l’intellect pour concevoir et ordonner les idées, l’analyse minutieuse des énoncés, la psychologie des auditoires… J’aime aussi l’élan collectif qui porte les rhétoriciens du monde entier et les fait se rassembler dans des sociétés internationales, comme la Société internationale d’histoire de la rhétorique (International Society for the History of Rhetoric), la Rhetoric Society of America, l’American Society for the History of Rhetoric, l’Organización Iberoamericana de Retórica, et tant d’autres. Mais s’il faut faire un choix, ce qui me paraît le plus important est le rôle de la culture rhétorique, des schémas et des modèles rhétoriques, dans le fonctionnement de la vie politique.

Cette passion ne doit pas toujours être facile à revendiquer.

Effectivement. Dans l’usage courant, le mot « rhétorique » est souvent péjoratif. C’est que la rhétorique suscite un double recul. Elle fait peur et elle fait pitié. Pitié, parce qu’elle est associée à une réputation de pauvreté intellectuelle, d’emphase, de sclérose et de scolastique, en raison de l’aridité des listes de figures ou du vide supposé des grilles de « lieux communs ». Peur, parce que la rhétorique est vue comme une arme redoutable, un art de tromper et de manipuler, sans préoccupation de vérité ni de moralité. Lire la suite Rencontre avec Laurent Pernot, de l’Académie française