Archives par mot-clé : sexe

«Seules les bêtes»: un film déséquilibré

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Déséquilibre. Tout est déséquilibré. A commencer par les personnages qui, engageant leur vie dans des faits et gestes complètement absurdes, se montrent à l’écran comme des déséquilibrés mentaux. Les parties du film sont elles aussi déséquilibrées. Un déséquilibre est voulu, en tant que moteur de l’histoire, pour laisser avancer la trame entre un village de montagne enneigé et la chaleur des rues d’Abidjan. Dernier déséquilibre: Seules les bêtes témoigne de petits points d’excellence dans sa réalisation, mais aussi de catastrophes.   

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«Sex Education – Saison 1» pénètre la jeunesse

Le Netflix & chill du samedi – Loris S. Musumeci

Le sexe ça marche. En tout cas à l’écran. Succès de la pornographie, succès de Sex Education sur Netflix. Le sexe c’est attractif; c’est notre attraction à tous. Moteur de nos gestes et de nos mouvements. Moteur de nos audaces et de nos lâchetés. Alain Souchon l’a chanté: voir sous les jupes des filles, c’est l’affaire d’une vie. L’affaire qui absorbe toute une vie.

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«Easy»: la vie compliquée de gens ordinaires

Le Netflix & chill du samedi – Lauriane Pipoz

Easy, mini-série produite par Netflix, s’est terminée en mai dernier sur un épisode à la hauteur de son contenu intelligent. Cette série d’anthologie nous a raconté sur trois saisons des anecdotes sur des habitants d’une Chicago hyper-connectée. Centrée sur des personnages rencontrant des problèmes relationnels, elle a su montrer comment des incidents banaux peuvent prendre d’énormes proportions. A l’aide d’une technique adroite, rare sur les plateformes de streaming et basée sur une distribution ingénieuse. Décryptage de la fin d’une série toujours clairvoyante sur les problèmes sociétaux.

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Les stripteaseuses de «Queens» donnent un film-spectacle

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Cette ville, tout ce pays, est un club de striptease. Il y a ceux qui dansent et ceux qui lancent des billets.»

La musique tape et tape jusqu’au bout de la nuit; et elles dansent, dansent et dansent ce refrain qui leur plaît. Et même si le refrain ne leur plaît pas, les filles dansent quand même. Parce que c’est leur boulot, dans ce club de striptease où des chaudasses vous chauffent. Destiny (Constance Wu), la nouvelle, danse elle aussi, mais peine à chauffer et à remplir ses culottes de pourboires. Elle est canon, mais mal à l’aise. Pourtant, cette novice ne peut pas lâcher l’affaire: elle a besoin de ce travail.

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«Ça raconte Sarah»: un Choix Goncourt de la Suisse au cœur d’une passion lesbienne

Le Regard Libre N° 51 – Loris S. Musumeci

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires, épisode #4

«Ça raconte Sarah, sa beauté inédite, son nez abrupt d’oiseau rare, ses yeux d’une couleur inouïe, rocailleuse, verte, mais non, pas verte, ses yeux absinthe, malachite, vert-gris rabattu, ses yeux de serpent au paupières tombantes. Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse.»

Vous savez donc de quoi il s’agit. Ça raconte Sarah, eh bien, raconte Sarah. Ça raconte Sarah à travers les yeux d’une narratrice dont elle tombe amoureuse. Avec laquelle elle vit une passion folle et érotique. Puis la fin de cet amour, et la mort lente qu’engage cette rupture. Le sujet est simple, le livre est court; ce qui a plu aux jurés du Choix Goncourt de la Suisse. 

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«Idiotie»: un Médicis attendu depuis 1970

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #1

Le Regard Libre N° 47 – Loris S. Musumeci

Pierre Guyotat est un monstre. Un monstre désormais sacré de la littérature française. Et pourtant, il n’a pas toujours été considéré comme tel. Censuré, accusé, décrié, il a fait l’objet de soutiens internationaux pour que son talent soit reconnu à sa juste valeur. Dès sa sortie en 1970, Eden, Eden, Eden a été partiellement censuré par le Ministère de l’Intérieur. Le roman se trouvait néanmoins en lice pour le Médicis, qui lui a échappé à une voix près. Claude Simon, l’un des jurés, avait alors furieusement quitté le jury. Il aura fallu attendre quarante-huit ans pour que le Médicis lui revienne enfin.

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«Arcadie»: quand libertinage et religion ne font qu’un

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«Sans Arcady, nous serions morts à plus ou moins brève échéance, parce que l’angoisse excédait notre capacité à l’éprouver. Il nous a offert une miraculeuse alternative à la maladie, à la folie, au suicide. Il nous a mis à l’abri. Il nous a dit: ‘N’ayez pas peur.’»

Farah vit avec ses parents et sa grand-mère dans la communauté libertaire d’Arcadie, la Liberty House. Portant toutes les caractéristiques graves et comiques d’une secte, Arcadie est dirigée par son fondateur Arcady, un prophète de l’amour à l’appétit sexuel très large. Farah y passe une enfance plutôt heureuse. Elle jouit de la nature verte et immaculée qui entoure le domaine isolé. Mais voilà que l’adolescence surgit, avec son lot de questions. Et ses pulsions de révolte. 

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«Au nom du père», de ses deux fils et de son esprit détraqué

Les mercredis du cinéma – Diana-Alice Ramsauer

Un article paru dans Bon pour la tête

Oui, la série Au nom du père regroupe tous les questionnements d’une frange de la population aisée, centrée sur son petit épanouissement personnel: rapport au père, problème de couples, spiritualité, gestion des émotions ou encore découverte d’une sexualité LGBTQIA*. Et pourtant, la force des émotions qui en ressort n’est pas anodine. Le jeu de l’acteur Lars Mikkelsen, primé aux Emmy Awards pour la meilleure interprétation masculine, n’est pas étranger à la puissance du récit. Continuer la lecture de «Au nom du père», de ses deux fils et de son esprit détraqué