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« Venir grand sans virgules », la fraîcheur de la simplicité

Les lettres romandes du mardi – Jonas Follonier

Parfois il suffit d’être l’un à côté de l’autre en silence ça me fait le même effet que de m’asseoir au pied du noyer en rentrant de l’école on accepte de ne pas ouvrir la bouche et le vide n’existe plus.
On est là.

C’est simple. C’est d’une beauté primordiale. C’est d’une fraîcheur apaisante et rassurante. C’est le premier roman de Myriam Wahli, publié aux Editions de l’Aire. Née en 1989 dans le Jura Bernois, cette jeune auteur romande a réuni vingt-et-un chapitres de quelques pages chacun pour en faire un ouvrage à l’écriture singulière. Sans virgules, comme l’indique son titre, Venir grand sans virgules raconte l’enfance. L’enfance de l’auteur ? Peu importe. L’enfance tout court, qui se reflète dans l’écriture et les associations d’idées. Lire la suite « Venir grand sans virgules », la fraîcheur de la simplicité

Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

Le Regard Libre N° 31 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, en Valais, accueille une centaine d’œuvres du maître d’Aix. L’exposition se tient du 16 juin au 19 novembre. Se laissant apprécier pour ses tonalités variées, elle place à l’honneur autant les portraits que les natures mortes ou les paysages de Cézanne. Ces derniers gardent cependant un rôle particulier à jouer : ouvrez grand votre esprit, les terres du peintre se mettent à chanter.

Après un passage des impressionnistes Degas, Manet, Gauguin, Van Gogh, Morisot, Renoir et Monet, c’est Paul Cézanne qui habite les murs de la Fondation artistique. Il est d’ailleurs un emblème de ce mouvement. Père de la modernité picturale, il choqua par son style épais et tacheté. Il permit l’audacieuse innovation d’une lumière qui fait vivre autant les paysages que les visages. Cela ne se déploya pas sans un manque de reconnaissance à son époque, et une grande solitude.

Un titre symphonique

Daniel Marchesseau, commissaire de l’exposition, s’est tout naturellement inspiré de l’état d’âme du personnage pour le choix du titre : Le Chant de la Terre. C’est le nom d’une symphonie de Mahler, dont les liens à Cézanne paraissent parler d’eux-mêmes. Dans un entretien au Figaro, le commissaire expliquait : « Ce sentiment de terrien qui est celui de Cézanne, ce marcheur accroché à sa lande, à sa terre, mort après avoir peint des heures sous la pluie, m’a semblé en profonde résonnance avec Le Chant de la Terre de Mahler. J’ai réécouté cet ensemble de lieder écrit pour voix seule : Cézanne lui aussi est seul, et l’orchestration de ses coloris, de ses panoramas, de ses mondes intérieurs, donne à sa peinture une dimension symphonique. La rencontre avec Mahler m’a semblé naturelle. » Lire la suite Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

« Et le Verbe s’est fait chair »

Le Regard Libre N° 7 – Loris S. Musumeci

Noël, Noël, Noël… en ce beau mois de décembre, c’est sans doute le nom que l’on prononce ou entend le plus. Mais que signifie-t-il réellement ? En quoi et où peut-on véritablement le trouver ? Si ces questions ont bien lieu d’être, c’est parce qu’il serait illusoire et faux d’enfermer le « Noël » soit dans la fête commerciale sponsorisée par le père Noël et ses lutins, soit dans une simple célébration religieuse chrétienne. Le Noël est bien plus que cela, il s’incarne complètement dans la réalité.

Cependant, avant d’aller plus loin dans la réflexion, il semble intéressant de s’arrêter sur ces deux « perceptions-types ». La première, celle du « Noël-matérialiste », semble assez évidente. En effet, dès le mois de novembre déjà, nous commençons à percevoir le phénomène de la course folle aux cadeaux, à la plus grande joie des centres commerciaux bien sûr. Jusque là, rien ne semble mauvais en soi. Qu’y a-t-il de mal à vouloir offrir des cadeaux à ses proches ? Rien. Toutefois, ce qui pourrait être bien dommage, c’est acheter et offrir par automatisme, sans donner du sens aux cadeaux. Dans ce cas, ces derniers seraient facilement vides d’intention, et la dimension de « don » s’effacerait vite du cadeau. Cela se produit notamment par la « pratique » du cadeau ; c’est-à-dire que l’on offre simplement parce que c’est « Noël », la « fête des cadeaux ». Ce qui peut provoquer ce vide de sens aux cadeaux, c’est également le contexte de stress et d’agitation dans lequel ils sont achetés.

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