Archives par mot-clé : sud

«Green Book: Sur les routes du Sud»

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Les Noirs adorent le poulet frit.»

Tony travaille comme videur dans un cabaret; sa carrure est on ne peut plus adaptée au métier. Mais voilà que l’établissement va fermer ses portes. Réputé pour s’arranger en toute situation – parce que c’est un baratineur et surtout parce que c’est un vrai rital – il est recommandé au pianiste virtuose Don Shirley. Il faut à ce musicien noir non seulement un chauffeur pour sa tournée dans le Sud, mais également quelqu’un qui veille sur lui. Nous sommes en 1962, et le racisme est plus que présent. Un rital et un négro sur les routes du Sud, est-ce possible? Il faut croire que oui, puisque Green Book: Sur les routes du sud ne raconte rien d’autre qu’une histoire vraie. 

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Une Italie divisée

Les lundis de l’actualité – Loris S. Musumeci 

Les résultats sont tombés. Ils révèlent enfin de manière officielle le mal-être que l’Italie a crié dans ses urnes. Le Mouvement 5 étoiles s’est hissé en premier parti de la péninsule, ayant rassemblé 32% des voix. C’est le Parti Démocrate qui le suit tragiquement à 19%, chutant ainsi de près de dix points par rapport à 2013. Viennent enfin les trois bienheureux partis de droite avec 18% pour la Lega, 14% pour Forza Italia de Berlusconi et 4% chez les Fratelli d’Italia.

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Albert Camus, ou la tragédie du bonheur

Le Regard Libre N° 10 – SoΦiamica

« Le bonheur après tout, est une activité originale aujourd’hui. La preuve est qu’on a tendance à se cacher pour l’exercer. Pour le bonheur aujourd’hui c’est comme pour le crime de droit commun : n’avouez jamais. Ne dites pas, comme ça, sans penser à mal, ingénument : « Je suis heureux ». Car aussitôt, vous verriez autour de vous, sur des lèvres retroussées, votre condamnation : « Ah ! vous êtes heureux, mon garçon ? Et que faites-vous des orphelins du Cachemire, ou des lépreux de la Nouvelle-Zélande, qui ne sont pas heureux, eux ? » Et aussitôt, nous voilà tristes comme des cure-dents. Pourtant moi, j’ai plutôt l’impression qu’il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur. » – Albert Camus

La philosophie de Camus est très proche de l’existence qu’il mena. Il naît en 1913 à Mondovi (Algérie) d’une famille pauvre et analphabète ; les siens déménagent très tôt à Alger (suite au décès du père, à la guerre) et permettent ainsi la rencontre du petit Camus et de l’instituteur Louis Germain, qui verra du talent en lui et convaincra sa famille à l’inscrire au lycée malgré leur pauvreté. Sa première lutte sera celle du langage : il s’est voulu le porte-parole de tous ceux qui, démunis ou n’ayant pas pu aller à l’école, ne pouvaient pas parler. Il découvrira à la même période les inégalités dues à la pauvreté, et étonnement le football pour les contrer ! Gardien de but, on le décrira comme « solitaire dans sa cage, mais solidaire dans l’équipe ». Il se lance plus tard dans des études de philosophie.

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