Archives par mot-clé : Théâtre

« Campeones » : les champions de l’amour du sport

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

N’allez jamais regarder un film espagnol doublé si vous parlez la langue d’Almodovar, évidemment. Vous perdrez la saveur de l’articulation rapide des mots, ce ressort indispensable du comique ou parfois du drame. Ou plutôt, regardez peut-être plus attentivement les détails de la séance avant d’entrer dans le cinéma. Car le résultat peut être catastrophique.

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« Plaire, aimer et courir vite »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« La vie est plus conne que les films, c’est tout. »

Les toits de Paris défilent sous le jour, puis sous le soir. Et rapidement, les plans de Jacques (Pierre Deladonchamps) et Arthur (Vincent Lacoste) respectivement défilent. Le tout accompagné des basses, puis des paroles de Massive Attack interprétant « One Love ». Jacques est écrivain. Il habite à Paris dans un appartement lumineux avec son fils qu’il appelle Loulou (Tristan Farge). Son voisin Mathieu (Denis Podalydès) est un proche avec lequel il partage quasiment l’entier de sa vie. Ensemble, ils s’occupent du petit Loulou. Jacques est homosexuel. Mathieu aussi. Mais les deux  ont trop de complicité pour être des partenaires sexuels ; ils sont meilleurs amis.

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« Au revoir là-haut »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« – C’est une longue histoire compliquée.
– On a tout notre temps. »

Les visages masqués d’une sombre et épaisse poussière sont ceux des soldats dans les tranchées en 1918. La fatigue, la peur et la misère les replient dans leur uniforme bleu. Un seul regard contrastant est aussi assuré que satisfait, élevé par la fumée d’une cigarette : le lieutenant Pradelle (Laurent Lafitte). Sa fougue le pousse à envoyer des hommes au massacre.

Parmi eux, le jeune Edouard (Nahuel Pérez Biscayart), qui s’amuse à dessiner secrètement son supérieur de manière caricaturale, ainsi qu’un comptable plus âgé, Albert (Albert Dupontel), cachant les dessins de son camarade. En pleine attaque des Allemands, ce dernier se retrouve coincé sous la terre, affolée dans l’éclat d’une bombe, avec le cadavre d’un cheval. Son compagnon le sauve héroïquement, avant de n’être à son tour éjecté par une balle. Son visage est défiguré, en sang. La forme de sa bouche se découvre cruellement envahie par l’absence de mâchoire. Dès lors, les deux amis ne se quittent plus. Continuer la lecture de « Au revoir là-haut »

Albert Camus, ou la tragédie du bonheur

Le Regard Libre N° 10 – SoΦiamica

« Le bonheur après tout, est une activité originale aujourd’hui. La preuve est qu’on a tendance à se cacher pour l’exercer. Pour le bonheur aujourd’hui c’est comme pour le crime de droit commun : n’avouez jamais. Ne dites pas, comme ça, sans penser à mal, ingénument : « Je suis heureux ». Car aussitôt, vous verriez autour de vous, sur des lèvres retroussées, votre condamnation : « Ah ! vous êtes heureux, mon garçon ? Et que faites-vous des orphelins du Cachemire, ou des lépreux de la Nouvelle-Zélande, qui ne sont pas heureux, eux ? » Et aussitôt, nous voilà tristes comme des cure-dents. Pourtant moi, j’ai plutôt l’impression qu’il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur. » – Albert Camus

La philosophie de Camus est très proche de l’existence qu’il mena. Il naît en 1913 à Mondovi (Algérie) d’une famille pauvre et analphabète ; les siens déménagent très tôt à Alger (suite au décès du père, à la guerre) et permettent ainsi la rencontre du petit Camus et de l’instituteur Louis Germain, qui verra du talent en lui et convaincra sa famille à l’inscrire au lycée malgré leur pauvreté. Sa première lutte sera celle du langage : il s’est voulu le porte-parole de tous ceux qui, démunis ou n’ayant pas pu aller à l’école, ne pouvaient pas parler. Il découvrira à la même période les inégalités dues à la pauvreté, et étonnement le football pour les contrer ! Gardien de but, on le décrira comme « solitaire dans sa cage, mais solidaire dans l’équipe ». Il se lance plus tard dans des études de philosophie.

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