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Literature

Les lettres islandaises (1/3)

The saga of Icelandic literature2 reading minutes

par Clément Guntern
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Photo: Laura Fournier

The land of ice and fire: that's how we describe this country on the edge of Europe, long relegated to the unenviable position of an inhospitable land on the edge of the world. Over the past few years, Instagram has seen countless photographs of Iceland's natural wonders: its waterfalls, glaciers, black sand beaches and volcanoes, but also its uninhabited moorland, sometimes verdant, sometimes barren and desolate. Yet this romantic definition of a country where the opposing elements engage in an endless struggle to create an original nature cannot really capture what makes Iceland a true jewel of European culture. European, yes, because despite a certain proximity to the North American continent, this country has never ceased to be, through all its roots, a land of old Europe.

Commençons par des hommages. Ce que nous pouvons lire, nous lecteurs francophones, de tout ce que ce pays a pu produire de mieux, nous le devons en grande partie à Régis Boyer. Professeur de langues et civilisations scandinaves à la Sorbonne durant de longues années, Régis Boyer fut également un prolifique traducteur de la littérature nordique, surtout islandaise. Il s’est notamment attaché durant toute sa carrière à démythifier le Nord et ses brumes, ses barbares vikings et ses drakkars. Décédé en 2017 à l’âge de huitante-cinq ans, il est parvenu à nous rendre ce monde un peu plus familier et à nous donner le goût des lettres de toute la Scandinavie, en particulier de l’Islande.

Mais en quoi ce pays d’à peine 340’000 habitants actuellement peut attirer une plus grande attention que des pays comme la Suède ou le Danemark, sensiblement plus grands? Sur cette île au milieu de l’Atlantique eut lieu ce qu’il convient d’appeler un miracle littéraire et intellectuel. Loin, au bout du monde et à plusieurs jours de navigation de la Norvège, une petite communauté de 30’000 âmes à peine a su apporter une pierre splendide et originale à la littérature occidentale. Ce miracle prend place entre les XIIth et XIVth siècles et ses joyaux sont les sagas.

Au XXth et XXIth siècles encore, l’Islande est restée une terre d’écriture et d’écrivains. Nous pouvons citer notamment Halldór Kiljan Laxness, prix Nobel de littérature en 1955 pour son livre The Icelandic Bell qui a su témoigner de la misère sociale à travers ses romans historiques et a contribué à l’indépendance de son pays en 1944 seulement. Indépendance arrachée progressivement durant les XIXth – XXth siècle, sans violence et en grande partie grâce à Jón Sigurdsson qui, à coup de stylo depuis son bureau de Copenhague, a poussé son pays à rejeter la domination séculaire des Danois.

Le miracle islandais est donc celui de la littérature. Et s’il avait dû se produire en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni, il aurait fait émerger les auteurs des sagas à l’égal des plus grands. Pour vous prouver mes dires, chers lecteurs, je vous propose une plongée dans l’âge des sagas, dans le pays non pas du feu et de la glace, mais de la poésie et des mots.

Vous venez de lire un article tiré de notre série «Les lettres islandaises» et publié dans notre édition papier (Le Regard Libre N° 55).

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