«Truth or Dare», that's the question

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written by Loris S. Musumeci · 02 May 2018 · 0 comment

Cinema Wednesdays - Loris S. Musumeci

«The game followed us.»

Ola Mexico! A bunch of friends arrive for a crazy vacation! Selfies The dream for students in their final year at university. On the last night of her stay in Mexico, the intelligent and serious Olivia (Lucy Hale) meets a charming young man. He says his name is Carter (Landon Liboiron). He's certainly good-looking, and it doesn't take much to seduce the vacationer. The party bar closes, but there's no question of stopping there for a last night that must remain unforgettable.

Carter suggests that Olivia and her friends continue to have fun in a place that he calls «great». Slightly tipsy, the youngsters head to an old monastery on a hill by the water, despite the strict prohibition against entering the estate. Everything is old. Everything is broken. Everything is dark. But there are chairs and bottles. Why not play truth or dare under Carter's suggestion? And the paranormal begins... quietly. The evening concludes with an argument, but nothing too shocking. Back at the university, however, things take a different turn. The game has followed the students. It imposes itself on them. It's demonic. In fact, it's no longer a game at all.

Des stéréotypes qui tuent le sentiment de réel

Les codes y sont. La trame aussi. Si Jeff Wadlow a voulu réaliser un film d’horreur, il y a réussi. A ceci près que même s’il a rassemblé les éléments nécessaires pour effrayer son public, Action ou vérité ne fait finalement pas vraiment peur, en devenant même parfois comique, pour ne pas dire grotesque. En effet, le réalisateur a tant voulu ancrer les personnages et la situation dans le réel, qu’il a abusé de stéréotypes.

Qu’Olivia et ses amis partent en vacances et «s’éclatent» est un bon premier élément pour susciter la peur car chaque jeune peut plus ou moins s’y retrouver. Ensuite, que le déclenchement de l’horreur s’opère via le jeu d’action ou vérité est encore un meilleur élément. Qui ne retient quelque soirée adolescente, à la fois anxieuse et excitée par ce jeu? Le processus d’identification, b.a.-ba du film d’horreur, y est. Pourtant, le jeu est tellement poussé à l’excès et les personnages tellement caricaturaux qu’il y a blocage. «Non, se dira le jeune spectateur de seize ans en quête de ses premiers frissons au cinéma, franchement, je ne me sens pas concerné par cette histoire.»

Des vidéos amateur mal exploitées

D’un point de vue technique, Jeff Wadlow a un peu mieux réussi son coup. L’utilisation d’images ou vidéos prises en selfies durant les vacances ou de vidéos amateurs au début du film fonctionnent plutôt bien. En voyant les vidéos amateurs des jeunes, on s’y croit. Les vidéos sur le compte You Tube d’Olivia invitent aussi à une sensation du réel. Malheureusement, le réalisateur a beau avoir touché juste au tout début comme à la toute fin du long-métrage, mais il n’a pas exploité davantage cette piste, pourtant prometteuse.

Par ailleurs, la photographie d’un film d’horreur devrait pouvoir se passer au maximum d’effets spéciaux trop irréels. En donnant soudainement à ses personnages possédés par le démon du jeu des yeux tout rouges et un sourire exagérément clownesque, le film ramène plutôt à un dessin animé des Looney Tunes qu’à un véritable instant de terreur. La maladresse fait d’ailleurs penser à Grippe-Sou le Clown dansant dans le récent film It d’Andrés Muschietti. Celui-ci eut certes un meilleur effet auprès des amateurs de l’horreur, et pourtant la transformation de sa bouche en gueule d’alien a été moquée à tout-va.

D’accord, un monastère hanté

Concernant les thèmes, là aussi, on aurait pu se passer de quelques clichés déjà vus et revus mille fois. D’accord, un monastère est hanté. D’accord, son histoire est sombre. D’accord, il y avait un prêtre louche. D’accord, les religieuses y ont vécu la misère. D’accord, les incantations ésotériques. D’accord, il y a un démon. D’accord, il y a tout le reste. Enfin, tout cela n’est pas forcément passionnant. Quant au rythme du film, il épouse bien l’enquête que mènent les jeunes pour se délivrer du sort qui les a envahis. L’ascendance de l’angoisse est tout de même confirmée, les règles du jeu se compliquant par-dessus le marché.

Action ou vérité? Telle est la question. Le long-métrage entend faire peur, certes, comme il entend aussi interroger la valeur de la vérité, la valeur d’une vie humaine. Mais ne nous réjouissons pas trop vite car il n’est rien de philosophique dans Action ou vérité, qui ne vole finalement pas très haut et ne parvient même pas à ses fins. Et gare aux mensonges! Si cette critique en contient, en dévalorisant injustement ce film, les pires conséquences sont à venir, selon le jeu. A ce propos, vous, que choisissez-vous: action ou vérité?

«On appartient tous au jeu.»

Write to the author: loris.musumeci@leregardlibre.com

Photo credit: © Universal Pictures

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