Are you on a smartphone?

Download the Le Regard Libre app from the PlayStore or AppStore and enjoy our application on your smartphone or tablet.

Download →
No thanks
Home » «Dumbo»: you've given me back my childhood soul

«Dumbo»: you've given me back my childhood soul6 reading minutes

par Kelly Lambiel
0 comment

Les mercredis du cinéma - Kelly Lambiel

«You, the crippled cowboy, have given me back my childhood soul.»

The word of V.A. Vandevere (Michael Keaton), when he discovers that the baby elephant he's just bought can fly. This is the villain that, as is often the case with Disney, we love to hate. Just as well, we'd almost take the words out of his mouth. Almost? Indeed, with this new film, Tim Burton was eagerly awaited. His last films had been poorly received by the critics. So, thanks to Dumbo, is the eponymous re-adaptation of the famous 1940s cartoon (yes, I'm telling you!) a return to grace, or does it confirm the opinions of those who claim that the golden age of his career is now over? 

La tâche était ambitieuse. Il faut reconnaître que s’attaquer à l’un des chefs-d’œuvre d’une franchise que, probablement tous les enfants et parents, toutes générations confondues, affectionnent, est un challenge en soi. Un pari risqué même au regard du succès mitigé dont ont souvent joui les films estampillés Disney. Prince of Persia, les derniers Pirates of the Caribbeanor even Han Solo: A Star Wars Story sont autant d’exemples dont la réussite cinématographique a été, à juste titre, maintes fois remise en cause.

From remakes

Pour ce qui est des remakesde films d’animation appartenant à l’univers de la souris aux gants blancs, le constat reste malheureusement le même, qu’ils aient été ou non réalisés par les studios dont ils sont issus. A croire que les dessins animés qui ont bercé notre enfance et nous ont vu grandir sont intouchables et voués à le rester. Alors, après l’échec cuisant qu’avait constitué Alice in Wonderland, même si on a pourtant adoré L’Étrange Noël de Monsieur Jack, on s’interroge sur la combinaison Burton-Disney et on hésite une dernière fois avant d’enfin oser entrer dans la salle. 

L’image s’ouvre sur l’enseigne du cirque des frères Medici et, à bord d’un train dont les wagons portent le nom des artistes qui les occupent, on se laisse guider à travers l’Amérique des années vingt, de la Floride au Missouri. Comme dans tout bon freak show (nous voilà quelque peu rassurés, on n’en attendait pas moins de Tim Burton) tous sont présents, de l’homme fort à la femme sirène, en passant par les contorsionnistes, le charmeur de serpent et le magicien.

A Joplin, on fait la connaissance des protagonistes principaux: le directeur de cirque, Max Medici (Danny de Vito), Holt Farrier (Colin Farrell) et ses deux enfants Joe (Finley Hobbins) et Milly (Nico Parker) dont les magnifiques traits, les grands yeux et l’expression impénétrable rappellent, malgré leur jeunesse, les muses burtoniennes au charme atypique. D’emblée, on comprend donc que le scénario ne sera pas celui qu’on connaît. 

Il s’agit ici du retour du capitaine Farrier, ancien dresseur de chevaux rentré quelque peu diminué de la guerre, auprès de ses enfants. Rapidement, ce dernier se rend compte que le cirque traverse une crise financière et que pour attirer de nouveaux spectateurs on a misé sur les éléphants, Madame Jumbo, en particulier. Portante, elle met bientôt bas la nouvelle vedette du cirque, un adorable éléphanteau… aux oreilles démesurément disproportionnées. 

Il faut pourtant rentabiliser la dépense qu’il a occasionnée, et on confie donc son dressage au dernier arrivé, Holt. Evidemment, tout ne se passe pas comme prévu, on se rit du nouveau-né, on l’humilie et suite à la vive réaction de Madame Jumbo, on le sépare de sa mère. C’est alors que Milly et Joe, ayant également perdu leur maman, se prennent d’affection pour Dumbo et découvrent qu’il peut voler. La nouvelle fait le tour de l’Amérique et arrive aux oreilles de Vandevere qui souhaite l’intégrer au numéro de son étoile, l’acrobate Colette Marchant (Eva Green).

De bouleversements en rebondissements

La suite de l’histoire, on se l’imagine aisément. De bouleversements en rebondissements, il faut avouer que le scénario n’est pas d’une grande originalité. La liste des défauts de ce film est fournie, vous pouvez sans doute vous la procurer via de nombreuses critiques consacrées au sujet. Seulement, Dumbo n’est pas un film qui se regarde avec des yeux d’intellectuel ou qui s’analyse; il se vit, se découvre avec un cœur d’enfant. Il fait partie de ces œuvres qui vous font poser votre stylo, oublier de prendre des notes. 

Oui, je savais pertinemment ce qui allait se passer. Oui, j’ai trouvé que les graphismes n’étaient pas réalistes, sur Dumbo en particulier. Oui, j’ai pu observer un certain nombre de clichés et des personnages souvent caricaturaux. Oui, le jeu des acteurs n’était pas transcendant et personne ne remportera d’Oscar. Et oui, enfin, les messages bienpensants et moralisateurs sur la cause animale et le piège de la cupidité ont peiné à me trouver. 

Mais je me suis surtout, et avant tout, surprise à avoir peur, la main devant la bouche, lorsque le petit éléphant était suspendu dans le vide et menaçait de tomber. J’ai ri à chaque fois qu’il a trébuché sur ses grandes oreilles qui lui donnent l’air gauche et si mignon. J’ai réprimé des «oh» d’admiration quand il poussait de petits barrissements aigus. J’ai adoré menacer intérieurement Michael Keaton, le dandy sans cœur, ou le regarder avec dégoût et le point serré chaque fois qu’il s’en prenait à Dumbo ou à sa maman. 

J’ai ouvert grand mes yeux lorsqu’il déployait ses oreilles et voltigeait dans les airs. J’ai pris plaisir à revoir certaines scènes du film original tournées à l’identique, rendant la même intensité, ou identifier les nombreuses références qui y sont subtilement disséminées. J’ai souri lorsque Danny de Vito faisait des blagues pas drôles ou que Colin Farrell fronçait les sourcils dans des mimiques souvent forcées. Enfin, j’ai essuyé quelques larmes (bon j’avoue, beaucoup) lors des moqueries, des humiliations ou des maltraitances infligées à ce petit être sans défense.

Si vous êtes toutefois plutôt du genre à satisfaire votre hémisphère gauche, notez que le film jouit également de nombreuses qualités formelles qui vous réconcilieront avec l’univers burtonien. La bande-son est truculente et efficace; la photographie et la lumière sont époustouflantes, notamment sur les plans généraux et d’ensemble; les décors et les costumes nous replongent tout droit dans l’atmosphère de certains des grands films du réalisateur comme Big Fish or Charlie et la Chocolaterie. Un retour gagnant, donc, et une collaboration réussie issue de la fusion de deux univers capables de s’adresser aussi bien à l’adulte qu’à l’enfant qui est en nous.

Write to the author: lambielkelly@hotmail.com

Photo credit: © The Walt Disney Company Switzerland

dumbo
UNITED STATES, 2019
Production: Tim Burton
Screenplay: Ehren Kruger
Interpretation: Colin Farrell, Danny De Vito, Michael Keaton, Eva Green, Alan Arkin, Nico Parker, Finley Hobbins
Production: Walt Disney Company
Distribution: The Walt Disney Company Switzerland
Duration: 1h52
Output: March 27, 2019

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire