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«Le Vent Tourne», the head too2 reading minutes

par Jonas Follonier
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Cinema Wednesdays - Jonas Follonier

It's a film like no other. Directed by Swiss director Bettina Oberli, Le Vent Tourne is a demanding yet light-hearted feature film. It tells the story of a couple of alternative farmers in the Franches-Montagnes. Pauline and her husband raise their animals in a way that respects nature and is impervious to the hygiene rules imposed by the animal industry. Their hard but quiet daily life is turned upside down by the arrival of Samuel, a handsome Latin man who has come to install a wind turbine. Behind this love triangle, the theme of ideologies, treated in an original way.

Des personnages féminins intéressants

Ce film, c’est cette femme, incarnée par l’intrigante Mélanie Thierry. « Le film est parti du personnage de Pauline, qui s’est installée dans un quotidien et un jour commence à douter de sa vie », raconte la réalisatrice à l’issue de la projection à laquelle nous avons assisté. L’autre actrice importante ? L’éolienne, selon Bettina Oberli. Entretenant un lien fort avec le titre Le Vent Tourne, cette construction faiseuse d’énergie endosse notamment le rôle symbolique du changement drastique de vie par lequel Pauline va être tentée. Le sujet est fort, il est grave, il est électrisant.

Une troisième actrice mérite également d’être mentionnée : Anastasia Shevtsova, qui incarne une jeune fille malade venu se ressourcer dans l’air frais de ce coin de Jura. Son talent est incontestable. La réalisatrice du film, ainsi que la productrice suisse Pauline Gygax – à qui l’on doit aussi My life as a zucchini – ont vu la jeune danseuse russe dans le film Polina. Ce fut un coup de cœur. « Nous l’avons voulue dans notre film ». Le choix de Mélanie Thierry, lui, s’est imposé par son charme si particulier et naturel.

Read also: « Polina, dancing your life away »

Des longueurs

Avec une telle distribution, Le Vent Tourne aurait pu aboutir à une œuvre importante. Le défi aura été à moitié réussi. Il y a certes une ambiance propre à ce film, comme une forme de « rêverie » cinématographique, entre les flâneries littéraires d’un Rousseau et les Nocturnes mélancoliques d’un Chopin. Mais voilà, piège classique du film d’auteur, on s’ennuie vite. Est-ce la faute d’un critique trop « grand public » ? Peut-être, au fond. Or il est justement à regretter qu’une partie importante des spectateurs n’y trouvent pas leur compte.

Soyons plus précis : le film manque de rythme, il s’appuie sur une intrigue trop maigre et  des lacunes qui se prennent pour des ellipses. En un mot, les belles images présentées à l’écran manquent de corps. Les « trous » sont compensés par une musique hasardeuse, qui atteint véritablement l’acmé du mauvais goût au moment où des synthétiseurs venus de je ne sais quelles années quatre-vingt viennent appuyer le panorama du Creux-du-Van. A la campagne, le temps passe long ; devant l’écran, également. Le vent tourne, oui, et la tête aussi.

Write to the author : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Filmcoopi Zürich AG

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