«If Beale Street could talk»: a film that speaks through its violins

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written by Loris S. Musumeci · 06 February 2019 · 0 comment

Cinema Wednesdays - Loris S. Musumeci

A young couple are walking. The camera follows them in an aerial shot. The violins of the soundtrack accompany them. They kiss modestly. Cut. We find ourselves in prison. The lover, Fonny, is on one side of the window. She, Tish, is on the other. She's come to visit him to tell him some great news despite the circumstances. «We're going to have a baby.» Life isn't easy for black New Yorkers in the seventies. It's even harder for a woman who has the added disadvantages of being a racial minority and a single mother. Her family joins forces to help Fonny get out of prison. He proclaims his innocence, if indeed he is innocent.

Barry Jenkins offre à nouveau aux spectateurs de vivre une authentique expérience de cinéma. Comme pour Moonlight, lauréat de nombreuses distinctions dont celle de l’Oscar du meilleur film, le réalisateur afro-américain choisit l’adaptation d’une œuvre littéraire. Cette fois-ci c’est Si Beale Street pouvait parler (1974) de James Baldwin. A nouveau, il s’agit d’une histoire concernant la vie des Noirs aux Etats-Unis. A nouveau, c’est une réussite.

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Malgré la récurrence du sujet chez le réalisateur, on constate que si la négritude est centrale dans son œuvre, elle n’est pas pour autant le seul moteur de son art. Barry Jenkins est avant tout un créateur d’ambiances. Il rend aux rues toute la vitalité qu’y amènent les opprimés; la pauvreté est soigneusement suggérée à travers des détails qui évitent et le misérabilisme et l’artifice. C’est ainsi que, dans la subtilité du décor, le film ne tombe pas dans le manichéisme qui voudrait insister sur la contraste entre les quartiers pour Blancs et ceux pour Noirs. Pourtant, Si Beale Street pouvait parler commet quelques fois l’erreur des stéréotypes raciaux et religieux; cependant, la responsabilité revient toujours au scénario et non à la construction formelle. 

La création d’ambiances, à un tel niveau, doit son souffle vital à la photographie. Barry Jenkins est un amoureux des images. C’est un amoureux des couleurs. Un amoureux des lueurs. Des ombres. Du blanc pâle du jour à travers une fenêtre. Du noir bleuté de la nuit. Les images du film sont un délice. A vrai dire, elles portent peut-être même davantage l’émotion permanente que le sujet en lui-même. 

Mais le pas en avant par rapport à Moonlight réside dans la musique. Alors que ce premier était plus développé et fin dans l’approche du thème et dans la structure des scènes, Si Beale Street pouvait parler est plus puissant du côté musical. Les violons, sans lasser, interviennent tout au long du film. Magnifiquement orchestrés, tout en sobriété, ils sont eux aussi un personnage. Peut-être est-ce une allégorie du destin, peut-être du tragique, peut-être de la souffrance ou encore de l’injustice. Quoi qu’il en soit, je fais le pari que l’Oscar de la meilleure musique de film sera la distinction principale du long-métrage qui raconte l’histoire simple et poignante de Fonny et Tish. 

Write to the author: loris.musumeci@leregardlibre.com

Photo credit: © DCM Film Distribution

SI BEALE STREET POUVAIT PARLER
UNITED STATES, 2019
Production: Barry Jenkins
Screenplay: Barry Jenkins
Interpretation: Kiki Layne, Stephan James, Regina King, Colman Domingo, Teyonah Parris, Michael Beach, Aunjanue Ellis, Dave Franco
Production: Pastel, Plan B, Annapurna Pictures
Distribution: DCM Film Distribution
Duration: 1h59
Output: January 30, 2019

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