Charlottesville: what if Donald Trump was right?

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written by Jonas Follonier · August 21, 2017 · 0 comment

Le Regard Libre N° 31 - Jonas Follonier

On August 12, in Virginia, a 32-year-old woman died after being hit by a car deliberately plowing into a crowd of anti-racist protesters. The group had come to show their opposition to the gathering of several American hard-right organizations, including neo-Nazis, white supremacists and the Ku Klux Klan.

Ces derniers s’étaient donné rendez-vous pour manifester contre le projet de démontage d’une statue à Charlottesville: celle d’un général sudiste défendant l’esclavage de la Guerre de Sécession. Que l’on soutienne ou pas la présence d’une telle statue, l’action de ces groupuscules n’avait rien d’illégal, pas même le port de leurs armes, permis en Virginie. Ce qu’il y a d’inacceptable, c’est leur violence, qui a mené à la mort de cette femme.

An outraged Trumpian reaction

Quelle n’a pas été alors l’indignation des médias, des vedettes et des politiciens quand Donald Trump, dans sa première et courte déclaration, a renvoyé dos à dos les deux camps. En condamnant la violence aussi bien des extrémistes de droite que des anti-racistes, le président américain montrait une fois de plus son vrai visage, a-t-on pu lire: celui d’un chef dangereux et nauséabond, qui a été élu grâce à l’extrême droite.

Face à l’explosion de critiques dont il a été l’objet, Donald Trump a ensuite déclaré dans une conférence de presse qu’il condamnait avec la plus grande fermeté les suprématistes blancs, les néonazis et autres extrémistes. «Le racisme, c’est le mal»: il n’était dès lors plus possible de dénoncer sa pseudo-connivence avec la partie droitiste. Oui mais voilà, depuis, le président des Etats-Unis a tenu à nouveau à affirmer sa pensée: «Je pense qu’il y a des torts des deux côtés». De quoi faire rugir Le Monde in France and Le Temps in Switzerland, to name but a few.

Violence on both sides

Réfléchissons un court instant. Qu’y a-t-il de scandaleux à condamner le racisme et ses avatars tout en dénonçant la violence qui a pu être constatée chez ceux que l’on appelle les «anti-fas» (anti-fascistes)? Reprocherait-on à Donald de faire preuve de nuance? Certes, ce n’est pas le président le plus mesuré qu’ait connu l’Amérique, ni le moins vulgaire; mais à vouloir toujours le critiquer, on finit par condamner avec la plus grande vigueur ce qui, tout compte fait, est peut-être simplement juste.

Oui, il y a eu de la violence des deux côtés, bien que l’un des deux camps, celui des néonazis et autres extrémistes intolérables, soit plus dangereux que l’autre. Oui, la responsabilité du drame qui s’est produit doit être recherchée des deux côtés. La gauche anti-raciste est actuellement violente aux Etats-Unis, on le sait, ce n’est pas nouveau. Mais le fait que Donald Trump, qu’on assimile à Hitler, le dise, rend cette réalité soudain scandaleuse. Or c’est nier la réalité qui est scandaleux. Comme l’écrivait Charles Péguy, «il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit.»

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En mémoire de cette femme morte tragiquement, et pour échapper à la violence trop présente dans notre monde, ne sombrons pas dans l’idéologie. Ayons le courage de la lucidité.

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Photo credit: © Getty Images

Jonas Follonier
Jonas Follonier

Jonas Follonier, editor-in-chief of *L’Agefi* and essayist, is the founder and president of *Regard Libre*.

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