«Three Billboards: The Panels of Vengeance»
Nine months ago, just outside Ebbing, Missouri, Angela Hayes was raped and murdered. The investigation revealed nothing. The criminal still prowls unhindered; the memory of the young victim remains without justice. Her mother, Mildred Hayes (Frances McDormand), cannot accept this. Especially since the police seem more concerned with discriminating against blacks or walking around with a proud face. Mildred gathers her few savings to rent three huge signs on the road to the disaster.
«Raped while dying,» reads the first, in capital letters on an aggressive orange background. The other two question the police's lack of seriousness, taking direct aim at Sheriff Willoughby (Woody Harrelson). The latter, who is highly respected by all his fellow citizens, takes the attack on him badly. He is, in fact, terminally ill with cancer. Mildred's delicate, passionate situation earns her the enmity of the town's various authorities. Especially Officer Dixon (Sam Rockwell), who takes the attack to heart and wants to make the vengeful mother's life a nightmare. But he's up against a tough cookie who's ready to fight back.
Un bon début stylistique sans suite
Le film du réalisateur aussi talentueux que macabre, Martin McDonagh, commence de manière fort prometteuse du point de vue du style. Les plans fixes se succèdent lentement. Un à un, les trois panneaux délabrés annoncent une tonalité perçante et obscure. S’interposent à ces plans ceux du ciel gris, de l’image en gros plan du bébé figurant sur un des panneaux, des champs verts mais douloureux.
Peu après, une voiture roulant est filmée du dessus par une caméra posée sur son toit. La technique est originale. Elle évoque, du reste, une focalisation sur celle qui sera le personnage principal: Mildred. Néanmoins, si ces séquences du début regorgent de bon goût, le travail ne sera pas poursuivi pour la suite du long-métrage. C’est assurément décevant.
Le réalisateur réussit cependant à conserver tout le film durant une épatante atmosphère de western. Par les plans des yeux défiants de l’héroïne ou des prises de vue depuis l’arrière, le genre américain par excellence reçoit un digne hommage dans Three Billboards: The Panels of Vengeance. Aussi, le ciel rouge et accablant du Missouri nourrit avec élégance une mouvance proche du néo-western.
Les âmes grises
Du côté de la thématique, elle paraît de prime abord intéressante comme disposée pour une histoire sobre et captivante. Elle pose au fil de la première partie du film quelques prémices de clichés inquiétants. Bien qu’issus de la réalité, le racisme, l’homophobie ou la corruption ne sont tout de même pas les caractéristiques de référence des Etats du sud. Pourtant, c’est ce que pourrait tendre à croire le spectateur constatant que Mildred, figure féministe, se plaint indirectement du sort réservé au Noirs dans sa ville; ou encore que Dixon passe son temps à taquiner un nain, insulter les homosexuels, jusqu’à en défenestrer un; finalement, que la seule autorité citadine qui a l’air brave et propre est d’origine afro-américaine.
Tout au contraire, la caricature manichéenne est stoppée nette dans la seconde partie du film. Chaque personnage révèle au final son infinie complexité, ses blessures infectées. L’humain est ainsi montré dans sa quête maladroite du bonheur, avec des amertumes coupables et des désirs de vengeance innocents. Selon une expression de l’écrivain Philippe Claudel, Three Billboards: The Panels of Vengeance dresse un tableau d’«âmes grises»; personne n’étant ni tout blanc, ni tout noir.
– Dixon, es-tu sûr de vouloir tuer ce type?
– Pas vraiment.
2 commentaires
Absolument ! Cordialement, Loris S. Musumeci
Un drame humain que j'ai trouvé intéressant notamment, comme mentionné ici, pour l'écriture de ses personnages, complexes, ayant tous leurs pulsions, bons et mauvais côtés. Un côté très Coen dans le style et l'histoire !
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