Should campaign donations in excess of CHF 1,000 be made public?
Fribourg State Councillor Johanna Gapany, member of the PLR, and Geneva MCG State Councillor Mauro Poggia.
La transparence du financement des campagnes électorales est un sujet essentiel pour la confiance démocratique. En Suisse, seuls les dons dépassant 15’000 francs doivent être déclarés pour les votations et élections fédérales. Faut-il abaisser ce seuil, comme le soutient notamment la gauche?
Le Regard Libre put the question to two members of the Upper House.
Mauro Poggia
Geneva State Councillor MCG
YES. Personne n’imagine plus désormais pouvoir remporter un scrutin sans une communication efficace. Et cette communication, qui tend de plus en plus vers le slogan réducteur destiné à parler aux émotions, à frapper les esprits, et à mobiliser les votants, nécessite de l’énergie, et des moyens financiers de plus en plus importants. Nous en avons eu récemment une éloquente démonstration outre-Atlantique, et nous ne sommes pas en reste sur le continent européen, où les coups de gueule et les coups de bluff rapportent davantage que de longs débats. Ces campagnes politiques nécessitent des soutiens, gracieux ou intéressés, la distinction entre les deux n’étant pas toujours facile à faire. En Suisse, où, plus que nulle part ailleurs, notre démocratie directe appelle les électrices et électeurs à s’exprimer, cette mobilisation nécessite des investissements importants et réguliers. Or, cette démocratie directe, que l’on nous envie souvent, ne peut fonctionner qu’avec le débat d’idées, et, dans toute la mesure du possible, avec la transparence des intérêts portés par les protagonistes. Les «retours d’ascenseur», comme on se plaît à les nommer, doivent être anticipés. Ainsi, les donateurs qui ont contribué à l’efficacité de l’action politique doivent être connus. Quelle est la limite qui doit garantir l’anonymat? Les 15’000 francs fixés par notre loi doivent être réduits, et si cela pourrait dissuader des donateurs, c’est bien que le risque dénoncé est réel.
Johanna Gapany
Councillor of the Fribourg States PLR
NO. We like to know everything about the people we vote for, and that's normal. It's only human. Their transparency and honesty are important pillars of our democracy, and I value them. During my last campaign for the Council of States, my campaign accounts were checked by the Swiss Federal Audit Office and then by the Canton of Fribourg, who confirmed that everything was in order and that all donors (over 5,000 francs for individuals, over 1,000 for legal entities) had been announced. I don't mind transparency, as long as we don't fall into the trap of reducing candidates to the source of their funds and forgetting their program and ideas. We also need to guarantee equality in implementation, and that's what's lacking today. For example, candidates who finance their campaigns with their own or their party's money are not asked where their funds come from. He is thus spared any duty of transparency (and judgment). In the same vein, the added value of imposing transparency requirements from CHF 1,000 onwards, even for individuals, remains debatable. It represents a clear brake on campaign fund-raising, and tends to favor candidates with a strong political background, a wide network, good fortune or a party willing to finance their campaign extensively... Are they the only ones capable of serving our society? I don't think they are.
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