Freedom through the lens of Iranian filmmakers
Iranian films paint a rich picture of a complex society. Photos: MK2 (France), TF1 Vidéo / Montage Le Regard Libre
Before being part of the «Axis of Evil», to use the rhetoric of the Bush years, or the target of Operation Epic Fury, Iran is first and foremost a country with a culture dating back thousands of years, expressed in its deeply moving cinema.
Les Etats-Unis se jettent une énième fois tête baissée dans un conflit au Moyen-Orient, redoublant d’ignorance et de dédain pour le pays concerné. L’Iran, en l’occurrence, est un pays unique à bien des égards; depuis des décennies, et en dépit de la dictature islamique, sa culture rayonne au-delà des frontières, notamment à travers son cinéma foisonnant. Ce n’est pas un hasard si tant de films iraniens se retrouvent en compétition dans les festivals où ils raflent de nombreux prix, le dernier en date étant It Was Just an Accident, de Jafar Panahi, Palme d’Or à Cannes en 2025. Alors que les médias réduisent souvent l’Iran à ses stéréotypes — le voile, les mollahs, la question nucléaire —, son septième art, lui, nous parle d’humanité, de résistance et de poésie.
Iran through its filmmakers: a lesson in freedom
Le cinéma iranien, depuis la révolution de 1979, a su contourner la censure et les interdits pour offrir des œuvres d’une profondeur rare. Abbas Kiarostami, figure de la Nouvelle Vague iranienne, incarne cette capacité à transformer le quotidien en métaphore universelle. Comme le soulignait Martin Scorsese, «ses films sont là pour être pelés comme des oignons. Chaque couche révèle une nouvelle vérité». Scorcese a été profondément marqué par l’œuvre de son confrère, parlant de la pureté de ses images, de sa manière de capturer l’essence de ses sujets. «Quand je vois ses films, j’ai envie de passer du temps avec ces gens. Ils me font voir ces personnes sous un jour nouveau, et plein d’espoir.»
Pour s’en persuader, il suffit de revoir ses chefs-d’œuvre: la trilogie de Koker, sur un village éponyme du nord de l’Iran (1987, 1991, 1994), Taste of Cherry (1994), The Wind Will Carry Us (1999). Kiarostami filme la volonté de vivre, le quotidien qui n’est insignifiant qu’en apparence, la beauté des paysages iraniens, tout en glissant une critique subtile des inégalités sociales. Le cinéma devient alors un acte de résistance: montrer ce que le pouvoir cherche à cacher.
Private drama to evoke the political
De nombreux réalisateurs iraniens se concentrent d’ailleurs sur des drames individuels ou des faits divers pour évoquer en filigrane les bouleversements, les violences politiques et les conflits qui traversent leur société: dans Sun Children (2021), children are enlisted by a criminal to find a treasure buried beneath a school. They must infiltrate the school and become students, giving them unexpected access to education. A Hero (2021), de Asghar Farhadi, explore les mécanismes de la dette et de la réputation dans une société où l’apparence prime sur la vérité. Farhadi est le seul cinéaste au monde à avoir obtenu deux fois l’Oscar du meilleur film étranger, une fois pour A Separation (2011) in 2012 and for The Salesman (2016) in 2017. It Was Just an Accident, tells the story of a tragic encounter between a man and a father he believes to be his tormentor.
Other highlights include Persepolis (2007), de Marjane Satrapi, adaptée de sa bande dessinée autobiographique. À travers ses yeux de petite fille, elle relate la révolution, la guerre Iran-Irak, la répression d’une classe moyenne occidentalisée, et le déchirement de l’exil. Primé à Cannes et nommé aux Oscars, le dessin animé est une ode à la liberté de pensée.
Les cinéastes iraniens rivalisent de créativité en dépit des interdictions et des restrictions imposées par le régime, et des peines de prison qu’ont endurées maints d’entre eux; ils trompent les censeurs en leur montrant des versions tronquées de leurs films, camouflent des clés USB dans des pâtisseries pour diffuser leurs films à Cannes, et nous prouvent qu’aucune dictature, même la plus féroce, ne peut museler les artistes.
Every month, our film review Jocelyn Daloz explores the seventh art in its socio-historical context.
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