«Boy Erased» und die sexuelle Neuorientierung

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geschrieben von Loris S. Musumeci · 10 April 2019 · 0 Kommentare

Mittwochs im Kino - Loris S. Musumeci

«Der Teufel wird dich immer wieder in Versuchung führen».» 

Jared Eamons ist brav und fromm. Ein echter amerikanischer Junge, der in der Schule gut mitarbeitet, seinen Eltern gehorcht, mit denen er viel diskutiert, in der Ford-Werkstatt seines Vaters aushilft und keinen Sonntag in der Kirche versäumt. Der Vater ist Pastor, also ganz normal. Jared hat Freunde, die gute Jungs sind, und er hat sogar eine kleine Freundin. Als er das Elternhaus verlässt, um an der Universität zu studieren, entdeckt er seine Vorliebe für Jungs - oder gesteht sie sich ein - und wird immer imposanter. Die Umstände führen dazu, dass seine Eltern von der Universität benachrichtigt werden. Das ist unzulässig. Der Junge muss korrigiert und auf den rechten Weg gebracht werden. Zum Glück gibt es das Institut Love in Action, das sich auf sexuelle Neuorientierung spezialisiert hat. Selbst wenn sie dabei etwas fragwürdige Methoden anwenden. Jareds Geschichte ist eine wahre Geschichte.

Histoire vraie, histoire d’une souffrance, histoire d’intolérance et de discrimination, donc touchant? Bof. Effectivement, quiconque entend qu’un jeune est harcelé parce qu’homo ne reste pas indifférent. Oui, on a mal au cœur pour lui, on se dit qu’il doit vivre un calvaire dans sa famille puritaine, et que tout cela est injuste. Néanmoins, cela ne suffit pas à faire du cinéma, ou du moins du bon cinéma. A part l’affiche du film qui est très réussie, rien dans la photographie ne tape à l’œil. Pas même la lumière à travers les vitraux de l’église, ou les mouvements de caméra, ou encore le rythme. 

Même s’il faut avouer que les plans ont au moins une constance: celle de jouer avec l’isolement de Jared et des autres homosexuels en thérapie. Le scénario ne réussit pas plus à convaincre: trop de retours en arrière dans le temps qui lancinent sans doute le protagoniste mais moyennement le public. Les personnages manquent de nuances; dommage, parce que la volonté de leur en offrir y est, et on le sent. Malgré ce défaut, le personnage le mieux incarné reste tout de même celui de Jared. L’acteur se donne pour révéler le mal-être de celui qu’il interprète. Il parvient en outre à jouer avec brio la soumission à ses parents. Et franchement, ça fait plaisir. Parce que même si le film n’est pas très bon, il offre au moins un témoignage.

Au niveau de l’histoire vraie de Garrad Conley, l’intérêt est certain. Elle livre une information sur l’existence de ce genre de centre ainsi que sur les pratiques qui s’y déroulent. Rien que pour cela, Boy Erased en vaut la peine. D’ailleurs, un tel sujet aurait pu gravir les Oscars s’il avait été tourné avec beaucoup plus d’habileté. Je pense d’ailleurs qu’il y en a chez Joel Edgerton, réalisateur et acteur. Il n’en est qu’à ses débuts derrière la caméra. Qu’il se fasse la main, ou qu’il reste acteur. A lui de voir. En tout cas, outre le choix du sujet, il faut lui reconnaître le talent d’avoir traité l’homosexualité sans scène de sexe – à l’exception d’une, assez particulière et discrète. C’est louable! Non pas au nom d’une bienséance désuète aujourd’hui, mais plutôt d’une pudeur qui s’abstient du voyeurisme, et qui montre que Jared n’en fait pas son souci principal. Il veut juste être accepté tel qu’il est.

«Je suis gay, et je suis ton fils.»

Schreiben Sie dem Autor: loris.musumeci@leregardlibre.com

Bildnachweis: © Universal Pictures

BOY ERASED
VEREINIGTE STAATEN, 2018
Regie: Joel Edgerton
Drehbuch: Joel Edgerton
Dolmetschen: Lucas Hedges, Nicole Kidman, Joel Edgerton, Russell Crowe, Flea, Xavier Dolan
Produktion: Blue-Tongue Films, Anonymus Content, Focus Features, Perfect World Pictures
Verteilung: Universal Pictures Switzerland
Dauer: 1h55
Ausgehen: 3. April 2019

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