«is there anything to say?

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written by Jonas Follonier · November 27, 2018 · 2 comments

Tuesday's books - Jonas Follonier

This column will be accompanied by a contradictory article and two poems from the collection ciao scales in our February issue, Order here. You, dear readers, will be invited to give your own opinion on this poetry.

What's on your mind? Should I lie? Le Regard Libre, the bearer of French-language literature? The bearer of what speaks to us, above all, both good and bad. For my part, there have been many times when I've found myself disappointed by works that I'd either considered in the mishmash of bobo-helvetic-serious globalization, or that I'd appreciated «in spite of myself». This time, there's no need to be picky. What we have here is pseudo-poetry of no real interest.

André Petitat tells us basclues ciao (no capital letters in the title! yes, it's not me), his collection of poems recently published by Editions de l'Aire, which are nonetheless appreciable and even exemplary in our country's publishing landscape. I read it. I cried. What qualities must a text possess to be considered a poem? Rhyme, a classic would say. Rhythm, would say a laxist. Soul, says a metaphor enthusiast.

«je suis tu es
plusieurs dans le même
un méli-mélo
un fil dégagé dans le labyrinthe
des coupures et des nœuds»

Et toi, littérature romande, qu’es-tu? De la médiocrité, dans ta grande majorité. Tout comme la peinture romande. Tout comme la musique romande. Quel média pour dire ce qui doit être dit? Quelle revue pour établir la vérité? Assez de fadeur, assez de lisse, assez de caresses. Osons affirmer que ce qui nous est présenté la plupart du temps est à jeter. Il ne suffit pas de s’autoproclamer auteur pour l’être. Il faut un savoir-faire. Il faut un savoir-être. Il faut ne serait-ce qu’un savoir.

Je suis l’unique et le prêt-à-penser.
le singulier et la série
la madeleine industrielle

Je suis tout, je suis rien, je suis la littérature romande contemporaine dans toute ma splendeur. Je suis médiocre. Ah! On s’indigne! Quelle audace! Oui, il est facile d’aligner des mots. Mais inventer une histoire, agencer des phrases, programmer des sons, jouer avec un genre, voilà qui demande plus de travail. Du travail qui existe en France, qui existe parfois dans nos contrées. Mais que je n’ai pas constaté cette fois-ci. Et inutile de dire que je n’avais pas d’a priori: j’en avais, et ils se sont confirmés.

Un silence de falaise.
Mon croire est mon crime
manivelle, cervelle, eau de javelle.

Cervelle? Au-delà du problème de compréhension que pose un tel recueil, et qui je pense est son défaut majeur, il convient de se questionner sur la forme et, plus encore, sur les volontés de l’auteur. Après tout, la poésie de Rimbaud tend vers un hermétisme incontestable, mais il en demeure quelque chose de fondamentalement beau, en un sens beaucoup plus large que la simple esthétique: une œuvre littéraire doit speak au lecteur, lui procurer quelque chose. Voilà la grande absente de ciao scales. Ou alors, je suis passé à côté et, si c’est le cas, il ne faudra pas hésiter à être clément vis-à-vis de mon coup de gueule.

Write to the author: jonas.follonier@leregardlibre.com

Photo credit: © Jonas Follonier for Le Regard Libre

Jonas Follonier
Jonas Follonier

Federal Palace correspondent for «L'Agefi», singer-songwriter Jonas Follonier is the founder and editor-in-chief of «Regard Libre».

2 comments

  1. Le Regard Libre
    Le Regard Libre · 02 January 2019

    Chère Madame Gonin, merci pour votre commentaire! Ravi d'avoir des avis qui se complètent par nos lecteurs et nos différents contributeurs. D'ailleurs, notre édition papier de février, déjà en pré-commande dans notre onglet "Boutique", contiendra deux poèmes extraits du recueil "bascules ciao" et, en plus de la chronique polémique de Jonas Follonier, un article contradictoire sur le recueil en question. Nos lecteurs seront invités à donner leur propre avis sur ces poèmes, dans une démarche ludique et constructive. Au plaisir de vous compter parmi eux!

  2. Liliane Gonin
    Liliane Gonin · 02 December 2018

    Trop émotif et superficiel pour être convaincant ! J'ai acheté le livre: c'est au contraire une poésie qui me paraît variée et intéressante ! 36 poèmes différents et à chaque lecture, de nouvelles découvertes ! Un peu comme une oeuvre d'art ou un morceau de musique que l'on peut regarder ou écouter sans se lasser ...

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