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«Amoureux de ma femme»: the fantasies of Daniel Auteuil and these gentlemen3 reading minutes

par Le Regard Libre
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Cinema Wednesdays - Loris S. Musumeci

«I want to laugh, travel, fuck.»

Daniel (Daniel Auteuil) leaves his publishing house. He walks briskly and purposefully, files under his arm. Around the corner, he meets Patrick (Gérard Depardieu), his old friend. «We need to have dinner,» says Patrick. Delighted, Daniel even offers to come to the house on Saturday. Suddenly, he thinks of the reaction of his wife, Isabelle (Sandrine Kiberlain), when he tells her the news: catastrophe. Patrick has left Laurence, Isabelle's best friend, to take up with the young, sensual Emma (Adriana Ugarte), who probably doesn't look half his age.

Finally, between Daniel's clumsiness in trying to push back the date without conviction, and Patrick's insistence, the dinner is set for Saturday. Isabelle accepts after some rhetorical posturing on her husband's part. The big night arrives. Tense atmosphere. Patrick and Emma appear. Daniel is dazed. He's seduced by Emma like a teenager discovering love. And then he feels uneasy: not only is the age difference enormous, but the young woman is already in a relationship with Patrick. Dinner promises to be full of blunders and fantasies.

La critique a été extrêmement sévère avec Daniel Auteuil, non seulement pour son jeu d’acteur, mais aussi et surtout pour l’ensemble de sa réalisation. Certains reproches sont légitimes, d’autres ne prouvent qu’une mauvaise foi crasse et idéologique de la part de ces critiques qui n’acceptent l’humour que s’il vient les conforter dans leurs petites convictions et les caresser dans le sens du poil. En somme, Amoureux de ma femme peut être blâmé, mais on ne peut pas lui vomir dessus comme l’ont fait tant journalistes avec délectation.

Le film, sous le genre de comédie, n’est pas hilarant, effectivement. Il n’est même pas très drôle, cela va sans dire. Pourtant, il demeure plutôt sympathique et agréable comme la majorité des comédies françaises actuelles. Mais c’est une question de goût, d’accord. On peut de fait apprécier les balbutiements de Daniel face à Emma, on peut rire face au sourire figé de ce même Daniel, et on peut enfin avoir l’intelligence de comprendre le ridicule volontaire du film. Comme on peut aussi trouver avec pertinence le personnage Daniel agaçant ; le film, ringard ; et les procédés du comique – notamment la caméra enfermant les personnage autour de la table en un plan serré ou le simple comique gestuel – trop classiques, voire dépassés.

En revanche, dire que le film est misogyne, sexiste, et que Daniel Auteuil, « ce vieux croûton qui croit qu’il peut séduire une jeune femme à son âge », est insultant envers le personnage d’Isabelle et toutes les femmes, est faux ! Les critiques qui s’acharnent ainsi sur le film n’y ont simplement rien compris. En aucun moment, les femmes ne sont exposées de manière dégradante. En aucun moment non plus, le film ne montre un Daniel qui aurait une once de chance de séduire Emma. Même Patrick, en réalité, ne l’a jamais séduite.

Amoureux de ma femme porte un message moral, déclarant un éloge des femmes et des épouses. Bien que celui-ci paraisse un peu trop visible et trop lourdement porté à l’écran, il faut croire que certains ne l’ont pas compris. Le film traite des phantasmes des hommes et leur stabilité quand ils vieillissent ; ils peuvent avoir à leur côté la plus belle femme du monde, qu’ils finissent par vivre une crise et s’imaginer le bonheur ailleurs, dans un retour à la jeunesse, avant de revenir à la réalité et l’aimer telle qu’elle est. Toutes les scènes de rêve ne sont pas pour rien caricaturales d’une jeunesse qui renaît  des cendres de la vieillesse. Et Daniel de s’imaginer en écrivain, chemise ouverte, à Venise, et susurrer à Emma : « Vous êtes mon bonheur, ma vie, ma jeunesse ». Entre nous, Messieurs, qui ne s’y retrouve pas ?

« J’ai été tellement con. »

Write to the author : loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo : © Praesens-Film

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