«M», or love without words

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written by Loris S. Musumeci · December 06, 2017 · 0 comment

«You know how burned-out houses lean against one another.»

Lila has a severe stutter. Uncomfortable, mocked, and having lost her mother, the young girl leads a life that no one would envy. Her face seems perpetually filled with sadness: she’s on the verge of bursting into tears at any moment. She lives in a small apartment with a father who spends his time in front of the television in his bathrobe and a mischievous little sister who has clearly received no education. Nevertheless, Lila has the soul of a true poet.

De son côté, Mo est un homme de trente ans secrètement analphabète. Son gagne-pain ? Des courses automobiles clandestines avec des gitans. Lui, orphelin de père, a toujours sa mère, mais il a coupé tout lien avec elle depuis qu’elle l’a abandonné. Deux existences incendiées se rencontrent au hasard d’un arrêt de bus. Si le coup de foudre est évident au premier regard, la communication comporte quelques difficultés entre la bègue et l’illettré. Cet amour mouvementé révélera toutefois une fécondité qui assumera la tragédie respective des amants, au prix de déceptions et larmes.

 

Blunders

Des larmes, un telle histoire en provoque. Sara Forestier ne paraît pas avoir choisi la facilité en abordant ce sujet. D’autant plus qu’il s’agit de sa première réalisation, où elle incarne en même temps le rôle principal, pour jouer une bègue. Au palmarès des films récompensé pour l’entassement des difficultés, elle tiendrait sans aucun doute la première place. Cela lui a coûté autant de mépris que de louanges. La critique est effectivement mitigée.

M peut déplaire, à juste titre. Un certain nombre de maladresses en sont la cause. Les scènes de passion amoureuse comme celles des disputes violentes durent à n’en plus finir. D’une part, elles polluent la poésie générale du long-métrage, d’autre part elles perturbent le spectateur de façon inappropriée. On a encore souligné d’autres points plus discutables, à savoir un jeu superficiel de Sara Forestier et le versant artificiel de la narration.

Left Behind by Life

M peut aussi plaire, avec pertinence. A des années-lumière de la superficialité, l’interprétation de Lila est défendue par sa justesse, la profonde émotion qu’elle dégage et sa force étonnante naissant au fil de l’histoire. Mo, quant à lui, est davantage épargné des débats par la notoriété de son acteur : Redouanne Harjane. Tout naturellement, son regard sauvage séduit, et sa physionomie de guerrier ne laisse d’autre choix que d’adhérer à son talent.

The photograph highlights the purity radiated by the couple by using a motion-sensitive camera, which also conveys the two lovers’ turmoil through alternating moments of blurriness and sharp focus. Set to the music of the great Christophe, the score lends an electric yet fragile rhythm to the painful silences of a woman who stutters and the absences of an illiterate man. All in all, *M* reveals a few flaws; yet it promises to offer those of us who feel left behind by life—a feeling we all share—a space in which to express ourselves.

«What am I supposed to do? What should I do?»

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Photo credit: © vdkimg.com

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