Avec «La Mule», Clint Eastwood n’a plus rien à prouver

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geschrieben von Jonas Follonier · 30. Januar 2019 · 0 Kommentare

Film-Mittwochs - Jonas Follonier

Zehn Jahre später Gran Torino, Clint Eastwood (88 ans) revient à l’écran avec Das Maultier, Er führte auch Regie bei diesem Film. Der Film ist ein Meisterwerk, das Sie sich unbedingt ansehen sollten.

Earl Stone est un octogénaire ayant passé sa vie dans l’horticulture. Les orchidées constituent sa passion au point qu’il leur a consacré tout son temps, au détriment de sa famille. Sa fille ne lui parle plus depuis des années, son ex-épouse est totalement dévastée elle aussi. Ruiné et solitaire, le vieil homme accepte alors un petit boulot qui ne lui demande en apparence que de faire le chauffeur. Sauf que son coffre contient de la cocaïne, et qu’il devient, d’abord sans le savoir, la mule d’un des plus grands cartels de drogue du Mexique. S’ensuivent pour Earl une dizaine de courses plus dangereuses les unes que les autres, un séjour chez le grand Boss des Kartells, Prostituierte und Viagra inklusive, ein Versteckspiel mit dem FBI und vor allem der Versuch, mit seinen engsten Vertrauten die Vergangenheit aufzuarbeiten.

Jenseits von Gut und Böse

Alors forcément, c’est encore une fois l’ambiguïté morale de l’être humain, cette âme grise, qui est dépeinte par Clint Eastwood. L’octogénaire était magnifiquement resté fidèle à cette règle durch die Regie des Biopics Sully, avec Tom Hanks dans le rôle principal. Mais, à l’inverse de ce qu’on a pu lire, il ne s’agit pas pour le personnage de «faire un mal pour un bien»: Das Maultier ne traite ni d’immoralité, ni de moralité. Le film traite d’amoralité, et il est lui-même amoral. Absence complète de morale, présence totale de cinéma. Le premier coup de génie à relever, c’est la manière dont le réalisateur parvient à relativiser les camps du bien et du mal, comme c’était le cas dans le western spaghetti: la mafia et la police utilisent parfois les mêmes méthodes. Nous ne vous en dirons pas plus.

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Contrairement aussi à ce que peuvent en dire certains, les répliques d’Earl Stone ne sont pas «républicaines»: elles sont tout simplement américaines. «Ça fait vraiment plaisir de pouvoir aider des nègres»: par ces phrases talentueuses car amenées avec humanité et autodérision, Clint Eastwood ne fait pas un film für l’Amérique raciste, mais auf l’Amérique raciste, comme l’a très bien noté Jean-Marc Lalanne dans l’émission Die Maske und die Feder sur France Inter. Quant aux vocables «pédés» et autres «gouines à motos», on sait bien que le bon vieux Clint ne peut pas s’empêcher d’en placer dans ses films. Ironiquement, la mule est surnommée «Tata» par le cartel. Oublions donc un instant la sensibilité politique de Clint Eastwood.

«Un film d’artiste»

De politique, il n’en est pas dans Das Maultier, puisqu’il n’y a que de l’art. Tout d’abord, nous avons affaire à un Langsamfilm. Ce choix de présenter des plans lents et des dialogues qui ne durent pas que quelques secondes relève du meilleur goût dans notre époque où le cinéma se rêve TGV. La lenteur – à dissocier de la longueur – permet à l’image de s’attarder sur des paysages nord-américains qui ne font qu’un avec le visage fascinant de Clint Eastwood.

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Aussi, la photographie est subtile, témoignant par là même d’un autre cinéma américain que celui des Mainstream-Blockbuster mit denen wir uns in den letzten Wochen befassen konnten. Das Maultier consiste en un bijou où le fondu enchaîné, cette technique considérée parfois comme ringarde et qui revient à opérer un raccord progressif entre deux plans, n’est pas un vilain mot. Ajoutez-y de la musique Country und Folkrock à filer un orgasme à tous les mélomanes dignes de ce nom et une police d’écriture western pour les titres des chapitres, et vous avez ce qu’on appelle un chef-d’œuvre, dépassant sans doute l’excellent Gran Torino d’il y a dix ans.

Das Maultier s’érige en film d’artiste également parce qu’il faut en être un pour manier le comique avec autant de tact. Ou plutôt la drôlerie, puisque c’est elle qui sied à cette fantaisie si typique des films de Clint Eastwood. «On vous a déjà dit que vous ressemblez à James Steward?», demande le policier du FBI incarné par Bradley Cooper à un vieux Clint que l’on voit ailleurs dans le film apprendre à envoyer des SMS avec un gros dur du cartel mexicain et se tartiner les lèvres de Labello pendant que ses «collègues» règlent un cas par les armes.

Es war einmal Clint Eastwood

Au fond, ce film n’a pas seulement Clint Eastwood comme réalisateur et acteur principal: il s’agit également de son propos. Car si, bien sûr, Das Maultier traite avant tout de la thématique du pardon, il n’est pas inutile de rappeler que c’est la fille de l’acteur (Alison Eastwood) qui joue sa fille dans le film. La question de savoir s’il faut laisser une seconde chance ou non à un père qui n’a jamais eu de temps pour sa famille parce qu’il privilégiait le travail s’incarne donc dans la réalité en un sens fort. Et ces paroles prononcées par la femme du personnage quand elle est sur le point de mourir se retrouvent encore plus émouvantes:

«Tu as été l’amour de ma vie et la souffrance de ma vie. Et j’aimerais que tu saches que la seule chose qui compte pour moi, c’est que tu sois là avec moi maintenant.»

Dieser Film ist Clint Eastwood dans la mesure aussi où l’autorité mélancolique qu’il est devenu se confond avec die autoritäre Melancholie dieses Kinos. Et, en somme, pourquoi Eastwood joue-t-il autant bien? La réponse est simple: c’est parce qu’il ne joue pas. Clint en jette. Et c’est tout. Ainsi, nous ne finirons pas sur une note crépusculaire comme l’ont fait beaucoup de critiques. Loin d’un film testament, Das Maultier représente un apogée de plus dans la carrière d’un homme certes âgé, mais auquel nous souhaitons de vivre encore bien longtemps.

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Bildnachweis: © Warner Bros.

Das Maultier
Vereinigte Staaten, 2019
Regie: Clint Eastwood
Drehbuch: Nick Schenk (d’après l’œuvre de Sam Dolnick)
Dolmetschen: Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne
Produktion: Clint Eastwood, Tim Moore und alii
Verteilung: Warner Bros.
Dauer: 1h56
Ausgehen: 23. Januar 2019
Jonas Follonier
Jonas Follonier

Jonas Follonier ist Chefredakteur von «L’Agefi» und Essayist sowie Gründer und Vorsitzender von «Regard Libre».

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