Literatur Les lettres islandaises (1/3)

Die Saga der isländischen Literatur

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geschrieben von Clément Guntern · 21. Oktober 2019 · 0 Kommentare

Das Land aus Eis und Feuer - so lautet die gängige Bezeichnung für das Land am Rande Europas, das lange Zeit als unwirtliches Land am Rande der Welt galt. Seit einigen Jahren gibt es auf Instagram unzählige Fotos von Islands Naturschönheiten: Wasserfälle, Gletscher, schwarze Sandstrände und Vulkane, aber auch unbewohnte Heidelandschaften, die mal grün, mal kahl und trostlos sind. Doch diese romantische Definition eines Landes, in dem sich die gegensätzlichen Elemente einen endlosen Kampf liefern, um eine ursprüngliche Natur zu schaffen, kann nicht wirklich erfassen, was Island zu einem wahren Juwel der europäischen Kultur macht. Europäisch, ja, denn trotz einer gewissen Nähe zum nordamerikanischen Kontinent hat das Land mit all seinen Wurzeln nie aufgehört, ein Land des alten Europas zu sein.

Commençons par des hommages. Ce que nous pouvons lire, nous lecteurs francophones, de tout ce que ce pays a pu produire de mieux, nous le devons en grande partie à Régis Boyer. Professeur de langues et civilisations scandinaves à la Sorbonne durant de longues années, Régis Boyer fut également un prolifique traducteur de la littérature nordique, surtout islandaise. Il s’est notamment attaché durant toute sa carrière à démythifier le Nord et ses brumes, ses barbares vikings et ses drakkars. Décédé en 2017 à l’âge de huitante-cinq ans, il est parvenu à nous rendre ce monde un peu plus familier et à nous donner le goût des lettres de toute la Scandinavie, en particulier de l’Islande.

Mais en quoi ce pays d’à peine 340’000 habitants actuellement peut attirer une plus grande attention que des pays comme la Suède ou le Danemark, sensiblement plus grands? Sur cette île au milieu de l’Atlantique eut lieu ce qu’il convient d’appeler un miracle littéraire et intellectuel. Loin, au bout du monde et à plusieurs jours de navigation de la Norvège, une petite communauté de 30’000 âmes à peine a su apporter une pierre splendide et originale à la littérature occidentale. Ce miracle prend place entre les XII. et XIV. siècles et ses joyaux sont les sagas.

Au XX. et XXI. siècles encore, l’Islande est restée une terre d’écriture et d’écrivains. Nous pouvons citer notamment Halldór Kiljan Laxness, prix Nobel de littérature en 1955 pour son livre Die Glocke von Island qui a su témoigner de la misère sociale à travers ses romans historiques et a contribué à l’indépendance de son pays en 1944 seulement. Indépendance arrachée progressivement durant les XIX. – XX. siècle, sans violence et en grande partie grâce à Jón Sigurdsson qui, à coup de stylo depuis son bureau de Copenhague, a poussé son pays à rejeter la domination séculaire des Danois.

Le miracle islandais est donc celui de la littérature. Et s’il avait dû se produire en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni, il aurait fait émerger les auteurs des sagas à l’égal des plus grands. Pour vous prouver mes dires, chers lecteurs, je vous propose une plongée dans l’âge des sagas, dans le pays non pas du feu et de la glace, mais de la poésie et des mots.

Vous venez de lire un article tiré de notre série «Les lettres islandaises» et publié dans notre édition papier (Le Regard Libre N° 55).

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