«Tendi Sherpa - Höher als der Everest»

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geschrieben von Loris S. Musumeci · 15. Januar 2017 · 0 Kommentare

Le Regard Libre Nr. 23 - Loris S. Musumeci

Armand Dussex ist Bergsteiger und leidenschaftlicher Bergsteiger. Er war lange Zeit Hüttenwart der Cabane des Audannes. Als Gründer des Walliser Suonenmuseums in Anzère zeigt er auch hier seine Verbundenheit mit der Kultur. Seine Liebe zu den Bergen und sein unerschöpflicher Entdeckungsdrang veranlassten ihn vor einigen Jahren, nach Nepal zu reisen. Dort freundete er sich mit der Sherpa-Familie an, die der gleichnamigen ethnischen Gruppe angehört. Armand Dussex erzählt in diesem angenehmen Buch Tendi Sherpa, Plus haut que l'Everest die Geschichte seiner Gefährten am anderen Ende der Welt, wobei er einen besonderen Akzent auf seinen geliebten Tendi setzt, der zu einem renommierten Führer in der Himalaya-Region geworden ist. Der schreibende Bergsteiger hat auch andere Bücher verfasst, die immer mit den Bergen zu tun haben, wie z. B. Des bisses et des hommes (Suonen und Menschen). Begegnung in Sitten.

Loris S. Musumeci: In Ihrem Buch Tendi Sherpa, höher als der Everest schreiben Sie, dass die Geschichte von Tendi Sherpa «nicht alltäglich» ist und dass «die Geschichte seiner Vorfahren ebenfalls bemerkenswert ist». Warum?

Armand Dussex: Die Familie von Tendi ist in der Tat etwas Besonderes. Sie erlebte in den 1970er Jahren eine erste erstaunliche Migration, die nicht nur einen Ortswechsel, sondern eine wirklich neue Lebensweise mit sich brachte. Sie verließen ihr Land und marschierten fünf Tage lang mit ihrem gesamten Viehbestand, größtenteils aus religiösen Gründen. An dem Ort, an dem sie zuvor gelebt hatten, war das Kloster von allen Ämtern verlassen, da sich dort keine Lamas (Geistliche des tibetischen Buddhismus) befanden. Ich selbst wollte im Jahr 2000 diesen Migrationsweg gehen, um mehr über die Geschichte der Sherpa-Familie zu erfahren. Tendis Vater Khamsu war es auch, der mit seiner Frau und seinen Kindern eine zweite Wanderung nach Kathmandu unternahm, um Bergführer zu werden. Aus diesem Grund ist die Geschichte der Sherpa-Familie und damit auch die Geschichte von Tendi absolut bemerkenswert.

Tendi, par son éducation et sa percée phénoménale dans le monde de l’alpinisme, est-il porteur d’une évolution sans précédent dans sa famille ?

Tendi fut le premier à lire, à écrire, à s’ouvrir au monde. A ce propos, un autre grand tournant bouleversera le mode de vie des Sherpa prochainement, et cela passera par leurs assiettes. Je me rendrai chez mes amis népalais en mars pour leur enseigner la culture des légumes qui n’est encore que très peu développée. En effet, leur alimentation en céréales et racines est bien pauvre. Nous y étudierons un système de permaculture et y installerons des serres. Par cela également, Tendi sera protagoniste d’un progrès inédit, qui intéressera graduellement toute la région.

Tendi marque-t-il un tournant dans l’alpinisme népalais ?

Ce jeune a toujours témoigné d’un esprit très éveillé. Lorsqu’il était venu en Valais sous mon invitation, il avait découvert des manières totalement différentes d’envisager la montagne : comme travail mais aussi comme loisir. Par sa curiosité, il n’a pas hésité à s’y intéresser en vue d’importer de telles coutumes chez lui, et devenir un alpiniste d’exception. Tendi s’est aussi attentivement penché sur les techniques de sauvetage, précieuses pour développer chez lui un tourisme de confiance et de qualité. En considération de son ouverture passionnée à la nouveauté, je lui ai même proposé de passer l’examen pour obtenir le brevet international de haute montagne (UIAGM). Ses amis le lui déconseillèrent, jugeant ce papier sans utilité. Tendi a malgré tout suivi les cours de guide et s’en trouve à présent bien ravi. Peu à peu, plusieurs de ses collègues désirent aussi se doter d’une formation complète de montagne. Voilà un des véritables tournants de l’alpinisme népalais. Ce peuple comporte néanmoins déjà l’élite des guides pour les diverses régions de l’Himalaya, à savoir l’Inde, le Tibet et le Népal.

Vous qui êtes montagnard depuis une vie, qu’avez-vous en commun, face à la montagne, avec Tendi ?

J’évoquerais plutôt la différence fondamentale que Tendi et moi-même avons face à la montagne : ce qui nous a poussés à l’aimer. Pour moi, ce fut le sport et le plaisir ; pour mon ami, le travail. En un second temps, j’ai travaillé par la montagne et lui a appris à considérer la montagne comme loisir. Aujourd’hui, Tendi et ses compagnons partent en course pour la simple et bonne joie de la montagne, chose inconsidérable pour la génération de Khamsu.

Quelle est la place de la religion dans la vie de Tendi ?

La religion des Sherpa est le bouddhisme du courant tibétain. Elle se constitue essentiellement de la pratique de rituels par la superstition. Influencée de l’hindouisme, ses divinités sont nombreuses et les fidèles ne connaissent guère de rapports intimes avec ces dernières auxquelles il faut prononcer des prières précises sans s’étaler à la spontanéité. Cela ne signifie pas du tout que la religion n’est pas précieuse à leur cœur, au contraire ! Tendi et sa famille sont de fait très scrupuleux : ils ne tuent aucun animal, ils travaillent beaucoup sur leurs passions en vue d’une belle réincarnation, la piété les habite du matin au soir et la compassion demeure une règle de vie, à l’image de Bouddha. A la maison de Kathmandu, Tendi a réservé la pièce la plus grande à une « Gompa » (chapelle) : il y prie et médite durant de longues heures régulièrement.

Comment raconteriez-vous votre amitié aux Sherpa ?

J’ai rencontré Khamsu Sherpa par son frère. Autant la relation est restée très superficielle avec ce dernier, autant j’ai éprouvé une sympathie toute particulière pour Khamsu. Il a toujours été très attachant, nous avons beaucoup partagé au Népal, comme en Suisse, grâce à toutes les fois qu’il est venu chez nous. En conséquent, je n’ai pu qu’aimer son fils Tendi, et nos enfants respectifs sont très liés. Il est question de l’histoire d’une amitié simple mais belle.

Espérez-vous dans une continuité à travers les générations avec la famille Sherpa ?

Oui, je souhaite que les liens perdurent. Cela a bien commencé car ma fille a tissé une belle amitié avec Tendi. D’ailleurs, ma petite-fille, l’aînée de cette dernière, s’appelle Dali, comme la maman de Tendi. Mon fils aussi partage cette sympathie népalaise. Il est journaliste et voudrait se joindre à moi lors de la prochaine expédition pour réaliser un documentaire racontant la famille Sherpa, avec leur histoire et leur quotidien.

Voyez-vous une proximité naturelle entre les Valaisans et les Népalais ?

Je ne me sens pas culturellement proche des Népalais globalement, en revanche c’est le cas avec la famille et l’ethnie des Sherpa. Ceux sont des montagnards, ils travaillent la terre dans des conditions difficiles, mais surtout, quelle ressemblance de mentalité ! Je retrouve chez eux un certain fatalisme bien connu des anciens, dans les petits villages de notre Valais.

Pour en venir au livre, précisément, pourquoi avez-vous choisi de l’intituler « Plus haut que l’Everest » ?

Tendi vise plus que l’Everest, bien que celui-ci soit le plus haut sommet de la Terre. Tendi œuvre pour l’amélioration du mode de vie de son peuple, pour sa famille. L’accomplissement d’un sommet est donc avant tout un moyen et non une finalité.

Vos liens avec la famille Sherpa ont fécondé une agence de trekking et une association humanitaire, « Audan Trekking » et « Nepalko-sathi » respectivement. Quelle est la fonction de chacune ?

L’agence est née d’une volonté d’indépendance par rapport aux autres compagnies locales. Puisque nous partions souvent en expédition, nous avons pensé que la création de notre propre société était plus cohérente. D’autant plus que nous sommes ainsi garants de notre éthique de travail vis-à-vis des porteurs et autres collaborateurs. Beaucoup d’autres organisations qui se sont développées récemment méritent cependant d’être également reconnues comme honnêtes, sûres et de qualité.

L’association, elle, est née de la scolarisation de deux nièces de Khamsu venant d’un milieu défavorisé. Puis, plusieurs personnes que j’ai emmenées sur les lieux, touchées par la gentillesse mais aussi par la pauvreté des Sherpa, ont décidé de participer aux fonds que nous avions mis en place pour les aider. Lorsque le nombre de donateurs actifs s’est élevé à vingt, nous avons financé la reconstruction de l’école dans le village de Khamsu. D’autres projets ont évidemment vu le jour depuis. Par exemple, tous les enfants de la vallée sont maintenant scolarisés. C’est une belle réussite ; il n’en reste pas moins que beaucoup de travail nous attend encore.

Schreiben Sie dem Autor : loris.musumeci@leregardlibre.com

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