Durch die Glasfenster von Isabelle Tabin-Darbellay, das Licht
Atelier des Glasmachers Michel Eltschinger in Villars-sur-Glâne. Michel Eltschinger ist in der Schweiz einer der bedeutendsten Glasmeister der zweiten Hälfte des 20. Jahrhunderts © Yves Tabin
Le Regard Libre Nr. 82 - Jonas Follonier
Nach zwei Werken mit Texten von Jocelyne Gagliardi veröffentlicht Isabelle Tabin-Darbellay bei den Editions Slatkine Eines Tages die Farbe. Die Walliser Künstlerin stellt dort ihre Werke aus Wolle und Glas aus, darunter ihre rund 100 in der Schweiz und im Ausland realisierten Glasfenster. Eine Goldschmiedearbeit, die sich auf Geduld, Transzendenz...und einen komplizenhaften Dialog mit dem Glasmacher und dem Tapezierer reimt. Grandios.
Les églises d’Aire-la-ville et de La Neuveville, la cathédrale de Victoria aux Seychelles, la cathédrale Saint-Pierre à Lisieux en France et, dernièrement, l’Eglise de Saint-Martin, en Valais: cette petite sélection, parmi la centaine de lieux sacrés où des vitraux de la Suissesse Isabelle Tabin-Darbellay rendent visible la lumière, donne le vertige. Il vaut la peine de parcourir les presque 200 pages de ce nouveau livre d’art pour saisir le talent de l’artiste. Celle-ci ne s’est d’ailleurs pas contentée de concevoir ce recueil d’œuvres reproduites, comme elle ne se limite pas à la peinture dans son activité d’artiste: le lecteur découvre, grâce aux mots de l’auteure, toute la réflexion qui entoure sa création de vitraux et, plus récemment, de tapisseries.

Les expériences particulières de chacune de ces deux pratiques supposent une vertu, la patience:
«Dans les deux arts, l’œuvre tarde à se dévoiler. La pose du dernier vitrail est décisive. C’est l’instant où se révèle la lumière. De même il faudra attendre la tombée de métier pour voir la tapisserie. C’est un moment émouvant pour l’artiste et l’artisan qui ensemble ont porté le rêve et découvrent enfin le fruit d’un si long parcours. Ces vitraux et ces tapisseries, je les reconnais comme mes enfants, mais il est évident que sans ceux qui ont œuvré à mes côtés, jamais ils n’auraient vu le jour. Ils sont le fruit d’un travail commun.»
De ce travail commun, nous retenons également l’aspect technique auquel l’ouvrage nous donne accès, dans une optique de partage qui ne lésine cependant jamais avec la qualité esthétique et l’exigence du propos. Aussi, de beaux phénomènes sont mis en lumière, précisément, par ce qui est avant tout le récit d’une collaboration: le respect, la complémentarité, la complicité, l’enrichissement mutuel, l’admiration réciproque, l’amitié, la confiance. Le travail. Et quel travail!
En fermant le livre, une seule envie nous étreint: celui de suivre le chemin des vitraux d’Isabelle Tabin-Darbellay, de localité en localité, comme un pèlerinage. L’art, c’est l’une de ses forces, parvient à unir croyants et non-croyants dans une rencontre avec ce qui nous dépasse, avec le transcendant, avec l’indicible. Ce voyage commence par les sens et se termine mentalement – et au-delà. C’est si haut. C’est si beau.
Schreiben Sie dem Autor: jonas.follonier@leregardlibre.com
Crédit photo: © Yves Tabin

Isabelle Tabin-Darbellay
Un jour la couleur.
Vitrail & tapisserie
Slatkine Verlag
192 Seiten
Vous venez de lire un article paru dans notre édition papier (Le Regard Libre N° 82).
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