«Das Spiel der Dame» verdankt seiner Königin viel
Unveröffentlichter Artikel - Kelly Lambiel
Beth Harmon ist seit ihrer Kindheit wortkarg und anspruchsvoll. Mit festem, durchdringendem Blick sagt das Waisenkind: «Bringen Sie mir das Spielen bei», und lässt dem alten Mr. Shaibel, der zunächst nicht bereit ist, mit «einem kleinen Mädchen» zu spielen, kaum eine Chance, abzulehnen. Und schon bald übertrifft der Schüler den Lehrer. Dann die Meister. Sie beeindruckt und verunsichert. Obwohl sie noch nicht viel versteht und nur ein- oder zweimal aus der Ferne den alten Wächter beim Spielen im Keller beobachtet hat, weiß sie es bereits. Sie kann sehen. Die Felder haben noch keine Namen, die Paraden sind ihr völlig unbekannt und die Dame ist im Moment nur ein «großes Stück, das überall hinpasst», aber sie lernt schnell. Bald wird sie es sein, die überall hingeht.
Seulement, le génie se paie. Et le prix est élevé car il s’accommode rarement et plutôt mal avec la vie saine et bien rangée qu’on attribue volontiers à une adolescente des années cinquante. A mesure que Beth construit sa carrière, c’est son équilibre mental qui se détériore. Plus son jeu devient précis, maîtrisé, plus elle perd pied. Et le décalage se fait grand, le vide à combler immense. C’est là tout le paradoxe de la joueuse du plus solitaire des jeux de société. Sous cette chevelure rousse impeccablement coiffée, derrière le glamour de ses tenues vestimentaires, de ses ongles parfaitement limés et vernis, que se cache-t-il? Qu’y a-t-il derrière ces yeux qui tuent aussi imperceptiblement qu’ils dévorent, ces gestes qui caressent aussi efficacement qu’ils achèvent?
Beth est énigmatique. Insaisissable, mais irrésistible. Et la série, véritable petit bijou, doit beaucoup à son actrice principale qui crève véritablement l’écran et la porte de bout en bout dans une parfaite retenue. Anya Taylor-Joy a une gueule, certes, et belle qui plus est. Mais c’est son jeu – son regard plus précisément – et sa gestuelle – ses mains en particulier – qui donnent à son rôle toute sa profondeur. Sensuelle et froide, constamment sur la brèche, faite aussi bien d’instinct que de contrôle, elle rend non seulement les échecs sexy mais la série addictive. Le rythme est lent, oui, mais la photographie, les costumes et les décors soignés, la bande-son entraînante. A cela il faut encore ajouter une écriture intelligente qui permet d’éviter les écueils du Teenie-Film ou du drame familial; d’écarter le sentiment de déjà-vu. Simple, mais profond. En un mot, efficace. Netflix nous met échec et mat.
Schreiben Sie der Autorin: kelly.lambiel@leregardlibre.com
Bildnachweis: © Netflix
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