Hommage an Jean-Philippe Smet
Johnny Hallyday bei einem Konzert im Jahr 1963. Foto: Wikimedia
Johnny Hallyday décédé, c’est comme un cercle carré, ça n’existe pas. Et pourtant, même si son épouse Laetitia ne croyait pas elle-même à ce qu’elle écrivit cette nuit-là, ces mots annoncèrent la nouvelle: «Mon homme n’est plus.» Au matin du 6 décembre, l’humanité sembla découvrir pour la première fois la réalité irrévocable de la mort, à l’occasion de celle du plus grand chanteur que la France ait jamais connu.
Johnny Hallyday évoque en chacun de nous au moins quelques souvenirs, parce qu’il faisait partie de nos vies, comme un membre de la famille que l’on ne rencontre pas souvent mais dont nous savons en permanence qu’il existe. Sa mort m’a d’abord renvoyé aux années de l’école primaire, où, avec un ami, nous avions reproduit à notre façon le clip de la chanson Marie. Je découvrais Johnny, qui n’allait plus jamais me quitter.
Es waren auch Autofahrten mit meinen Eltern, an die ich mich Anfang der 2000er Jahre erinnerte, als die Alben Was ich weiß und Auf Leben und Tod rythmaient nos départs en vacances. En 2006, j’assistai à mon premier concert de Johnny, au stade de Tourbillon, lors de son Flashback Tour. Je le vis ensuite en 2009, à Genève, pour ce qui devait être sa dernière tournée. Mais «dernier» ne fait pas partie du vocabulaire de Johnny. Arrêter de faire des concerts, cela aurait signifié s’arrêter tout court.
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L’été 2016, j’applaudissai le Taulier au festival «Sion sous les étoiles». Je n’ai jamais eu autant les frissons qu’à ce concert phénoménal, qui fut l’avant-dernière date de sa tournée Am Leben bleiben. La vie, la survie, une obsession chez Johnny Hallyday. Il en était l’incarnation. Passionné et toujours déterminé, Johnny a véritablement vécu, au sens où il s’est forgé à chaque instant, évoluant toujours, se renouvelant, de sa musique jusqu’à son physique.
Les excès en tous genres furent inévitables. Mais que peuvent bien représenter quelques déboires à côté d’une si noble carrière s’étalant sur cinquante-sept ans? Si aujourd’hui, dans la presse comme dans la population, plus personne ne tient Johnny pour un idiot, c’est parce qu’il est tout simplement impossible de passer de Jean-Philippe Smet à Johnny Hallyday et de rester au sommet si longtemps en étant un imbécile. Tous ceux qui n’avaient pas vu la chose ainsi semblent aujourd’hui en prendre conscience.
Une fois encore, que l’on aime ou non ses chansons, les moments forts de Johnny Hallyday font partie du patrimoine commun de notre identité francophone. Il suffit pour cela de visionner les images de sa chanson L’idole des jeunes en 1963, d’écouter le titre J’ai oublié de vivre von 1977, seine Wiederaufnahme von Verlass mich nicht im Zénith 1984, Die Durchquerung des Sängers durch die Menge im Parc des Princes 1993 oder seine Interpretation von Nein, ich bereue nichts im Jahr 2000 am Fuße des Eiffelturms.
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Ces instants d’anthologie nous rendent attentifs à une dimension importante, peu relevée dans les articles de cette semaine: Johnny Hallyday mariait deux mondes a priori incompatibles, à savoir le rock’n roll et la chanson française. On le sait, le cœur de Johnny battait aussi bien pour Elvis Presley et Chuck Berry que pour Georges Brassens, dont il connaissait tout le répertoire sur le bout des doigts, Jacques Brel, son modèle pour la scène, ou Charles Aznavour, qu’il considérait comme son «père spirituel».
C’est ce qui explique peut-être en partie l’étendue du public qu’il a su fidéliser depuis les années soixante. Bien sûr, il y a aussi une composante reconnue par tous: ce je-ne-sais-quoi de bestialité, de charisme surhumain, mêlé à une infinie bienveillance. Les images de son duo avec Patrick Bruel en 1998, dont ce dernier dira qu’il a relancé sa carrière, et avec Renaud en 2003, alors que l’interprète de Mistral gewinnt in einer sehr schlechten Phase war, zeigen, wie wenig Johnny mit Freundlichkeit schummelte.
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L’amitié était le crédo de Johnny Hallyday. Ses plus proches compagnons de route, Eddy Mitchell et Jean Reno en tête, le confirment. Johnny était un homme simple, dont le bonheur consistait à s’entourer de ses amis pour rire, déguster un bon morceau de viande et trinquer autour d’une bouteille de vin rouge. En cela, il est le héros de tout un peuple, intimement épicurien et culturellement chrétien.
Vom kleinen belgischen Jungen, der von seinem Vater verlassen wurde, bis zum heiligen Monument des französischen Rocks sind Sie immer derselbe geblieben und haben uns zum Träumen gebracht.
Adieu, Herr Jean-Philippe Smet.
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Crédit photo: © L’Internaute
2 Kommentare
[...] Lies auch: «Hommage an Jean-Philippe Smet» [...].
Danke, Jonas, danke, dass du ihn auf diese Weise ehrst...
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