Unabhängig von der Rhetorik der SVP gibt es ländliche Ressentiments

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geschrieben von Jonas Follonier · 11. Oktober 2021 · 0 Kommentare

Le Regard Libre Nr. 78 - Jonas Follonier

Die politische Kriegserklärung des SVP-Präsidenten Marco Chiesa in seiner Rede am 1.er August stieß bei allen anderen Parteien und den meisten Medien auf Kritik. Man muss sagen, dass der Tessiner nicht gerade zimperlich war:

«Die Politik der linken Städte ist die Politik der Parasiten. Sie sind Weltmeister darin, das Geld, das andere verdient haben, an sich zu reißen und auszugeben. Wie die Parasiten leben sie auf Kosten anderer. Schlimmer noch, sie sind die Meister der Sozialschmarotzer geworden, indem sie andere, die auf Kosten von Schweizern leben, massenhaft in unser Land holen. Wir erklären dieser moralisierenden und herablassenden Linken den Krieg».»

Le ton n’est pas sans rappeler celui, en France, des opposants à la politique de la socialiste Anne Hidalgo, maire de Paris et candidate à la présidence de la République. Dépenses pour le social et le culturel, mesures anti-automobilistes, cela ne plaît guère à une partie de la population, composée de personnes issues de tous milieux sociaux mais ayant pour point commun de ne pas approuver cette politique. Dans les campagnes, ces gens sont relativement nombreux. L’UDC a choisi d’en faire ses premiers électeurs, en les montant contre les «bobos», la «gauche caviar»:

«La gauche caviar et les moralisateurs verts des villes veulent dire à tous les autres habitants du pays comment penser et vivre. Ils considèrent la population rurale avec mépris et condescendance, tout en profitant des bienfaits des campagnes, par exemple grâce aux péréquations financières.»

On peut reprocher à ce discours de fête nationale d’accentuer les divisions un jour où devraient primer les mots rassembleurs. Surtout que l’UDC se targue d’être le seul vrai parti patriote. Quant à l’argument de la péréquation financière, il est plus que discutable. Or, il ne faut pas s’arrêter à ce discours. Celui-ci a annoncé en fait la nouvelle stratégie du parti, confirmée par exemple par le conseiller national genevois Yves Nidegger dans son billet «La gauche caviar: bailli du peuple suisse» publié par le journal de l’UDC Franc-parler.

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L’UDC s’est saisie d’un phénomène réel: le clivage villes-campagnes. Est-ce le renforcer que de choisir son camp? Peut-être. Mais c’est au moins le thématiser. Et il n’y a rien de surprenant à ce qu’une tactique politique évite la nuance, surtout de la part de ce parti, qui du reste assume ses généralisations.

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Reprocher à l’UDC de se saisir d’une fracture géographique, sociologique et politique est stérile. Il importe plutôt de rappeler que ces dernières années, plusieurs votations ont montré que les villes souhaitent imposer des contraintes aux motifs écologistes, que les régions concernées – les campagnes – ne voient pas d’un bon œil. Le refus de la loi CO2 par les campagnes et les votes d’un électorat PLR contre son parti a servi de douche froide à ceux qui croyaient l’affaire pliée. Ajoutons à cela le fait que la gauche aisée et citadine visée par l’UDC ne brille pas par sa tolérance envers les avis adverses sur les sujets sociétaux et nous devons reconnaître ceci: n’est pas forcément rassembleur qui se présente comme tel. Dès lors, construisons au lieu de critiquer.

Schreiben Sie dem Autor: jonas.follonier@leregardlibre.com

Zeichnung: © Nathanaël Schmid für Le Regard Libre

Jonas Follonier
Jonas Follonier

Bundeshauskorrespondent für «L'Agefi», Singer-Songwriter, Jonas Follonier ist Gründer und Chefredakteur von «Regard Libre».

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