Country in Johnny Hallyday's repertoire
Très peu connue et reconnue dans son œuvre, la country tapisse en toile de fond le répertoire de Johnny Hallyday. Il vaut la peine, pour qui souhaite faire de belles découvertes, de se plonger dans cette facette-là du rockeur. La country, il l’a toujours habitée, et il est bien possible que l’univers artistique de Johnny puisse se comprendre à l’aune de ce genre musical.
«Je suis un chanteur de variété revu et corrigé par le rock’n roll», déclarait, dans une formule bien trouvée, Johnny Hallyday lors d’un TV interview en 1974. Mais Johnny, ce n’était pas que cela. Johnny, c’était une multitude de genres, que l’on peut ranger en deux catégories: les genres musicaux qu’il a adoptés pour le plaisir du public, et ceux qu’il aimait vraiment et qu’il n’a en fait jamais quittés.
La country est l’un de ces genres fétiches de Johnny. Il ne faut d’abord pas oublier que la country est, avec le rhythm and blues, l’une des sources du rock’n roll, comme le dit lui-même le rockeur français dans The Promised Land, Philippe Manœuvre's account of his 2014 American tour:
«Avant, la country, c’était guitares sèches et pedal steel. Aujourd’hui, ils ont tout électrifié, guitares et violons. La country est la mère du rock’n roll et du blues. Même au début, le rock’n roll était une combinaison de country et de rockabilly.»
Johnny était un grand connaisseur de country. Et surtout, un grand fan des artistes qui ont porté cette musique toute leur carrière. Avec Garth Brooks tout au sommet. «Moi, j’écoute Garth Brooks, mais les Français n’écoutent guère de country», fait observer Johnny Hallyday à son poto Philippe Manœuvre. Cette phrase résume tout: si quand on pense à Johnny, on ne pense pas forcément à la country, c’est parce que ce n’est pas un genre dont les Français sont friands. Johnny ne l’a donc pas mis en lettres lumineuses dans son univers musical. Le rock mêlé à la chanson française, voilà ce qu’il a worn and ce qui l’a finalement porté. Mais gare aux résumés de carrière; Hallyday a saupoudré tout son répertoire de chansons country, quand il n’en faisait pas un album entier!
Two entire albums of country music
Johnny has released no less than two country albums. Country-Folk-Rock in 1972 and The Promised Land in 1975.
Tout commence avec la rencontre de Michel Mallory, qui devient son parolier attitré pendant une dizaine d’années. Celui-ci, tout autant passionné de country que Johnny Hallyday, lui écrit un album entier de chansons plongeant dans la veine américaine qu’ils aiment tous les deux. Il en résulte une œuvre admirable, brute, cohérente, où l’on peut piocher des pépites telles que My hand to the fire, Hello US USA (soundtrack of the film J’ai tout donné and composed by the boss himself!), Rien n’vaut cett’fille-là or Joe, the city and me. L’ambiance est pile celle que l’on imagine dans ces Etats-Unis qu’a tant phantasmés Johnny. Ceux-là mêmes dans lesquels le chanteur s’est fait son éducation musicale et que, brillant magicien, il crée a son tour. D’ailleurs, il y a vécu vraiment jusqu’au bout, dans ces contrées, dans cette musique country, comme il raconte on RTL in 2013:
«Quand je conduis ma voiture en écoutant de la country, j’ai vraiment l’impression d’être aux Etats-Unis, on sent bien les grands espaces.»
Three years on Country-Folk-Rock, Hallyday and his lyricist Mallory are back with The Promised Land, un album enregistré lors de leur séjour à Nashville. Un album-cliché délicieux! On y retrouve la choriste Nanette Workman, que Johnny avait repérée chez Joe Cocker – qu’il admire et dont il s’est très certainement inspiré dans son art vocal. Il chipe à Lee Lewis sa chanson Got You On My Mind and adapts two songs by Kris Kristofferson. Above all, in this album Johnny accentuates all the clichés of the country music et du western – il porte d’ailleurs un chapeau de cow-boy sur la pochette du disque. C’est ainsi que le «je» des chansons préconise de faire «attention aux Indiens», de «[prendre] tes chevaux, ta femme et tes gosses» pour s’aventurer dans la course vers l’ouest et la ruée vers l’or…
A very telling anecdote, relayed by Le Point, Johnny will force Nanette Workman and Michel Mallory to record their own albums on site. Passion passion passion!
«C’est une époque formidable où Johnny ne vivait que pour la musique», se souvient Jean-François Chenut dans le même article du Point. Or, malgré la qualité de cet opus de 1975, le succès, lui, n’est pas vraiment au rendez-vous, bien que cela reste tout de même louable pour un pays, la France, qui n’est pas adepte de country. Hallyday, comme il sait bien le faire, enchaîne donc avec une œuvre grand public, comme il le fera de nombreuses années plus tard avec L’Attente en 2012 après le succès mitigé de l’album de rock’n roll et de blues Never alone (2011). L’album est à nouveau monumental, mais la country a laissé place à la variété française. Il s’agit de Derrière l’amour (1976), featuring the song of the same name, as well as other cult titles such as Joue pas de rock’n roll pour moi, Requiem for a madman and Gabrielle.
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While these songs enjoyed immediate success and a far greater posterity than the tracks from Country-Folk-Rock, cet album ne constitue pas une erreur de passage dans le répertoire de Johnny. Un auditeur attentif peut se rendre compte que, quelle que soit la période, Hallyday a toujours tenu à glisser des ballades country ou des chansons folk-country plus rythmées dans des albums d’une tout autre nature – allant du blues à la pop la plus lisse.
For example, the pearl J’ai pleuré sur ma guitare dans l’album Je t’aime je t’aime je t’aime (1974), consisting entirely of ballads, L’Amérique de William, present on l’album posthume, or The city of lost souls in Destination Vegas (1996), ballade sublime qui figure d’ailleurs dans la compilation remasterisée Johnny History - Country (2012). A bien y réfléchir, c’est justement la variété qui permet d’intégrer une chanson de country dans un album de rock, de blues, de folk ou de pop.
When Johnny lets loose
Il y a un intérêt musical dans cette sélection méconnue des quelque 1500 chansons (!) enregistrées par Johnny. Ou plutôt, l’intérêt de la country «made in Hallyday» ne se situe pas tant au niveau de leur music than their musicality. Nuance de haute importance, la musicalité dépendant en quelque sorte de l’ambiance sonore et artistique dégagée par le chanteur. A l’écoute de chansons inconnues du grand public telles que L’histoire de Bobby Mc Gue or Joe, the city and me, or better-known titles such as Rien n’vaut cett’fille-là, La ruée vers l’or or The Promised Land, on trouve la même atmosphère. Celle d’un gamin qui donne tout pour vivre son Amérique à lui. Dans ses albums country, Johnny se lâche. Un peu comme il a pu se lâcher, dans un autre registre, avec le blues psychédélique de l’album River... open your bed, released in 1969.
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Il s’agit en réalité d’un Johnny parmi d’autres. Johnny Hallyday – et ce fut sa force – s’est refait une identité à chaque époque, épousant chaque genre musical, chaque attitude, chaque apparence physiologique. Lui-même le disait. Une constance cependant: son côté délicieusement beauf, se manifestant tantôt par l’Amérique des cowboys à laquelle il a cru jusqu’à sa mort, tantôt par son amour des choses simples, même au sein du plus grand luxe, tantôt par ses grivoiseries frisant le sexisme, que l’on retrouve dans les textes de ses albums de country, justement, et encore plus dans ses attitudes d’interprète. Ce n’est pas que Johnny n’aimait pas les femmes. Il les aimait différemment que ses copains. L’amitié étant tout pour lui.
Où veut en venir Johnny avec ce genre de chansons? Il veut créer le spectacle, bien sûr. Etre un passeur d’émotions, également. Mais aussi sans doute donner un coup de pied dans la fourmilière du bon goût. On l’a dit et redit, même ici: Johnny s’est adapté à chaque époque. Mais il s’est adapté – sans doute inconsciemment – à chaque époque pour pouvoir être toujours en décalage avec elle. Regardez la vague des peace and love: Johnny, this anti-hippie, s’est toujours moqué de ces énergumènes. Voyez les dernières collaborations avec le très populaire Yodelice: Johnny en a profité pour faire le bon vieux rock’n roll qu’il aime. Jouer avec les codes de la mode pour mieux attirer les gens vers ses premières et fidèles amours: voilà quelle fut la grande force de Mister Johnny.
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Johnny Hallyday
Country-Folk-Rock
Mercury
1972
13 titles

Johnny Hallyday
The Promised Land
Mercury
1975
13 titles
1 comment
Thank you for this wonderful article. I enjoyed (re)discovering Johnny’s country music, and I shared “Joe, la ville et moi” with my students in preparation for Country Music Day, which is coming up in two days, on September 17.
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