On aime The Cure même s’ils sont laids et qu’ils ne nous sourient pas
Paléo Festival 2019 - Jonas Follonier
Le mythique groupe The Cure s’est produit ce jeudi 25 juillet 2019 sur la grande scène du Paléo. Le public retiendra trois choses de ce concert de deux heures: leur musique, voix inclue, est toujours au top; ils n’aiment pas beaucoup communiquer avec le public; qu’est-ce qu’ils sont laids.
Qui étaient ces nombreuses personnes venues en masse voir The Cure? Telle est la question que je me posais, sous mon chapeau qui s’était transformé en parapluie. C’est qu’il se trouvera toujours quelque chose dans la musique des Cure qui ne passe pas. «J’aime bien, mais…» wird sowohl von «c’est toujours la même chose» oder «l’atmosphère est trop sombre» oder «es ist schlecht gealtert» oder anderen absoluten Unsinn wie «ich bevorzuge Green Day». Trop doux pour les uns, trop gothiques pour les autres, The Cure ne font de loin pas l’unanimité et semblent se trouver dans un coin restreint de la planète rock.
«Und doch», würde Charles Aznavour sagen. «Sie sind gekommen, sie sind alle da», dirait-il encore. La plaine de l’Asse est remplie à ras bord de chair humaine venue suffisamment en avance pour voir The Cure. Et il y en a de tous les âges, de tous les codes, de tous les genres. Hallucinant. Quand je demande à un ami batteur présent à ma gauche ce qu’il pense de manière générale des rythmes de batterie sur les albums du groupe, je constate à quel point nous n’avons pas le même ressenti quand bien même nous avons réécouté les mêmes Best of bevor er kam, und noch viel mehr. The Cure, sowohl Post-Punk als auch melodramatischer Pop-Rock. Ein schwer fassbares Phänomen.

Mais voilà que c’est déjà 23h30. Ils arrivent. Mes acolytes et moi nous demandions comment le groupe allait faire son entrée sur scène. La réponse: aucunement. Même si The Cure est entré sur scène, il n’y a pas eu d’entrée en scène. Seulement cinq gars qui s’avancent sur les planches sans spectacle aucun. Un peu comme Deep Purple à Montreux l’an dernier, même si eux s’étaient réservé un après-midi pour concevoir un semblant de mise en scène. «Achte auf deine Ein- und Ausgänge; in der Mitte mache deinen Job».», avait dit Maurice Chevalier à Johnny Hallyday, conseil qu’il avait suivi à la lettre. Ce n’est apparemment pas la même approche du côté britannique.
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Place donc à la musique. Et là, merci et chapeau bas. La conservation de la voix de Robert Smith, le meneur du groupe, est remarquable. L’aisance instrumentale des musiciens, incontestable. Leur plaisir à jouer de la musique, manifeste. L’atmosphère sonore du concert, d’une cohérence inattendue alors même que le répertoire varie beaucoup. Et c’est peut-être la force de ce groupe, finalement: l’unité dans la diversité, que le philosophe irlandais Francis Hutcheson avait défini comme la condition même de la beauté. Le chant mi-ado mi-sado – et maso, il va sans dire – du Exemplar Robert Smith reicht aus, um eine Konstante auf dieser Reise des Progressive Rock zu gewährleisten, die von der Düsternis der letzten Alben bis zum Pop der nineties.
Seul grand bémol à la tête d’affiche de ce Paléo 2019, THE groupe à se produire deux heures de temps sur la grande scène: leur manque – que dis-je, leur absence – de communication avec le public. Souriez-nous quelquefois, s’il vous plaît! Parlez-nous un peu. D’accord, je suis dur: Robert Smith a dit Thank you à deux reprises et Roger O’Donnell, qui ressemble à un joli zombie, a affiché un sourire de deux secondes et demie quand il a pu faire le cirque avec son clavier. Plus que cela, il ne fallait pas leur demander. Et c’est bien dommage, car on sait bien que le rock et la pop sont des ciments culturels qui dépassent depuis longtemps les frontières linguistiques. The Cure, que j’adore précisément parce que je ne les trouve pas ringards, mais précurseurs – si, si! –, me pardonneront donc de m’en prendre à leurs visages dégoûtants, car leur force ce soir-là fut précisément de nous les faire aimer quand même. Rien que par leur musique.
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Bildnachweis: © Paléo / Nicolas Patault
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