«Wolkenbruchs wunderbare Reise»
Mittwochs im Kino - Loris S. Musumeci
«Ich möchte eine Frau, die mir wirklich gefällt.»
Die Familie Wolkenbruch lebt im jüdischen Viertel von Zürich. Und für Juden sind sie Juden! Die Männer sind komplett gekleidet, von der Kippa bis zum Tallit, von den Tsitsits bis zum Bart. Die Kleidung ist insgesamt schlicht, das weiße Hemd und der schwarze Anzug stehen im Vordergrund. Auch die Frauen haben ihre eigene Kleidung: Perücke oder Schleier, Bluse, Rock und Strumpfhosen. So erkennt man den jungen Mordechai, genannt Motti, wenn er zu seinen Wirtschaftsvorlesungen an der Universität geht. Dort trifft er auf eine nichtjüdische, erhabene und extrovertierte Frau, in die er sich verliebt. Ihr Name ist Laura. Sehr zum Missfallen seiner rundlichen und herrischen Mutter, die sich alle Mühe gibt, ihm Treffen mit netten Mädchen aus der Gemeinde zu organisieren.
Voilà un film suisse qui fait plaisir à voir. Evidemment, on y joue de mille caricatures qui ne manquent pas néanmoins de refléter une part importante de réalité. Outre la tenue vestimentaire, il faut encore ajouter que le père de Motti gère une assurance privée, et que sa mère est plus qu’autoritaire: elle est affectueusement tyrannique. Avec ses petites lunettes, sa barbe rousse et sa discrétion excessive, Motti a tout du jeune Yiddish. Cela n’empêche pas la comédie d’être réussie.
Au contraire, ce sont ces caricatures portées aux limites du ridicule – et parfois au-delà – qui font rire le public. Tout une série de mésaventures mènent Motti à une crise d’identité qui lui donne l’occasion de découvrir la vie, et les non-juifs. Le jeu des acteurs se coordonne bien à cette découverte car chacun joue l’étonnement face à la vie de l’autre, avec une pointe d’exagération qui n’est pas désagréable. Noémie Schmidt, interprétant la fille dont Motti tombe amoureux, se donne en effet la peine de jouer sur deux plans: celui de la bombe fatale et celui de la jeune sensible qui sait voir les gens au-delà des apparences.

Et, vous direz-vous, «bon, alors la fille super canon tombe aussi amoureuse du petit Juif introverti, mais la mama yiddish n’est pas d’accord alors ça fait rire un coup, jusqu’à ce tout finisse bien dans l’ouverture et la tolérance.» Détrompez-vous! Le scénario est plus subtil que cela. En effet, la fille s’énamoure progressivement, mais tout ne se déroule pas comme on s’y attend. Le personnage principal subit une vraie métamorphose pour offrir à la trame des surprises qui ne font qu’enrichir l’effet comique. Et tragique aussi.
C’est là la force supplémentaire du film. Certaines scènes, certains pleurs, certains mots virent du léger au grave et permettent une véritable réflexion sur le rôle d’une famille et les conséquences d’une émancipation. Car tout ce qui est de l’ordre de l’opposition aux parents et à la religion n’est pas forcément posé sur un piédestal. L’amour lui-même a le mérite de ne pas être brossé sur un tableau d’idylle et de sentiments. Il y a autre chose; et peut-être que la contrainte et le sacrifice de soi font aussi partie de l’amour.
Au niveau technique, pas grand-chose d’intéressant, si ce n’est qu’on peut tout de même remarquer que la caméra fait l’effort de ne pas s’engouffrer dans la laideur d’image, typique des comédies. Il y a un peu de recherche avec la caméra qui filme de face pour laisser place à une adresse directe de Motti au spectateur. Pas génial, mais sympa. Sinon, la photographie joue beaucoup avec les paysages, de la Suisse aux trains et aux vaches jusqu’aux plages clinquantes de Tel Aviv. Là encore, rien d’exceptionnel; et pourtant, la photographie dans son ensemble s’en sort plutôt bien.
Parcours intéressant que celui du jeune Motti qui rencontre la belle Laura pour vivre une aventure riche en catastrophes. Franchement, on s’y retrouve même si l’on a pas les problèmes d’un Juif dont la famille vit dans la rigueur de l’orthodoxie. Après tout, quelle que soit la culture ou quel que soit le cadre, la rencontre amoureuse et les souffrances qu’elle engendre sont toujours plus ou moins les mêmes. Heureusement que les jouissances sont elles aussi universelles, parce que Motti le prude va connaître les joies du sexe, et même là le film réussit à être drôle. Comme quoi, Le merveilleux voyage de Wolkenbruchest un bon coup.
«Elle a dit que c’était juste un coup, un bon coup en fait.»
Schreiben Sie dem Autor: loris.musumeci@leregardlibre.com
Crédit photo: © DCM Film Distribution
| LE MERVEILLEUX VOYAGE DE WOLKENBRUCH |
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| SUISSE, 2018 |
| Regie: Michael Steiner |
| Drehbuch: Thomas Meyer |
| Dolmetschen: Joel Basman, Noémie Schmidt, Udo Samuel, Inge Maux |
| Produktion: Turnus Film, DCM Pictures |
| Verteilung: DCM Film Distribution |
| Dauer: 1h32 |
| Ausgehen: 6 mars 2019 |
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