Würden Sie nach «Ibiza» fliegen?

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geschrieben von Jonas Follonier · 10 Juli 2019 · 0 Kommentare

Les mercredidis du cinéma - Jonas Follonier

C’est le nouveau film avec Christian Clavier. Le célèbre acteur populaire français a-t-il endossé une fois de plus un rôle qui n’en est pas un, à savoir le sien? Trois fois non. Ibiza est un très bon film, certes beauf, mais son personnage principal ne l’est pas. Il est avant tout touchant.

Tous mes amis avaient fait sonner les sirènes du bon goût cinématographique face à ma détermination légendaire à suivre de près l’actualité de la filmographie claviérienne en allant visionner Ibiza. Un titre qui à leurs yeux était l’augure d’un raté de plus, bien pire que ce que le vieux avait pu faire avec Mit offenem Arms oder Momo. Mais, mais: il n’en est rien. Si j’avais presque été convaincu par le tribunal de la ringardise auquel mon entourage ne m’avait d’ailleurs pas habitué, l’expérience Ibiza fut non seulement divertissante, mais aussi surprenante. Un air estival et familial s’est saisi de cette soirée et aère encore mon corps à l’heure où j’écris cette critique.

C’est que – il est vrai – tout s’annonçait comme si Clavier, plus soucieux de faire vendre que de se renouveler, allait une énième fois se mettre dans la peau d’un franchouillard empli de clichés, ronchon, aigri, plouc, qui au terme d’une semaine de vacances en une destination indésirée reviendrait sur ses préjugés et s’avérer le plus tolérant des hommes. En somme, un film qui surfen sur les vils instincts de l’espèce humaine pour déboucher sur un bain d’humanisme insupportable. Raté! Ici, le personnage de Philippe incarné par Christian Clavier est touchant, ouvert dès le début; c’est plutôt sa compagnie qui est ridicule et qui évolue au fil du film. Philippe veut tout faire pour obtenir l’amour et la compréhension des enfants de sa nouvelle épouse, bien plus jeune qu’elle.

Alors, bien sûr, l’histoire ne vole pas haut, tout comme la photographie qui s’inscrit dans la lignée de ce que les réalisations françaises ont fait de plus on s’prend pas la tête. Ein herrlich ekliger Vorspann, in großen, fetten, gelben Buchstaben, fälschlicherweise zu viel. Une transition entre le générique ensoleillé et la ville sous la pluie, d’un sec. Des dialogues eux aussi légers, mais dont nul ne me dira qu’ils ne sont pas drôles: «Bonne journée! – Oui oui, j’ai failli vomir» (wenn Philip aus dem Auto steigt, das von seiner Frau gefahren wird). Oder, noch besser: «Achtung Kinder, die Sonne ist böse hier» (wenn sie auf Ibiza ankommen).

En somme, c’est un film drôle et divertissant que nous sert Arnaud Lemort. Intercalée d’historiettes amoureuses bon enfant, l’œuvre Ibiza est rafraîchissante et le style de jeu de Christian Clavier, même si classique, au service d’un personnage tout autant remodelé. Ne comprenez pas par là qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre, ô grand jamais. Nous n’en avons pas besoin pour nous évader le temps d’un soir.

Ibiza
FRANKREICH, 2018
Regie: Arnaud Lemort
Drehbuch: Arnaud Lemort, Mathieu Oullion
Dolmetschen: Christian Clavier, Mathilde Seignier JoeyStarr, et al.
Produktion: Thomas Verhaeghe, Mathieu Verhaeghe und Sidonie Dumas
Verteilung: Gaumont
Dauer: 1h27
Ausgehen: 3. Juli 2019

Dem Autor schreiben: [email protected]

Fotocredit: © Gaumont

Jonas Follonier
Jonas Follonier

Jonas Follonier ist Chefredakteur von «L’Agefi» und Essayist sowie Gründer und Vorsitzender von «Regard Libre».

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