Yvette Z'Graggen, eine Vordenkerin
Les mercredidis du cinéma - Alexandre Wälti
Es könnte die Geschichte einer innerlich Verbannten sein. Yvette Z'Graggen wuchs nicht nur zwischen der Westschweiz und ihren deutschsprachigen Wurzeln hin- und hergerissen auf, sondern gehört auch zu den helvetischen Schriftstellerinnen, deren Werk besondere Aufmerksamkeit verdient, weil es in direktem Echo auf die Ereignisse des XX.. Jahrhundert. Eine Frau, die ihrer Zeit immer voraus war, wie der Dokumentarfilm perfekt zeigt Yvette Z'Graggen - Eine Frau am Steuer ihres Lebens von Frédéric Gonseth.
Denken wir zunächst an ihr frühes Bedürfnis nach Unabhängigkeit. Wurde sie dazu gezwungen? Schon in jungen Jahren schreibt sie Geschichten, um der Realität zu entfliehen. Sie erlebt den Bankrott eines verschwenderischen, trinkfreudigen Zahnarztvaters, der manchmal die Hand gegen die Mutter erhebt, während die Familie auf der sozialen Leiter immer weiter abrutscht. Ein Liebhaber schöner Autos findet sich plötzlich auf einem Fahrrad wieder. Ein Zweirad, mit dem Yvette Z'Graggen dann in den stillen Jahren des Zweiten Weltkriegs eine Rundreise durch das Land unternimmt. Eine Kindheit, in der die Fantasie als Schutz vor den Realitäten dient und die schon früh von einem Drang zu lernen genährt wird, obwohl es - aufgrund finanzieller Fragen - nicht möglich ist, die Universität zu besuchen.
Une femme qui panse ses cicatrices grâce à l’écriture. Une journaliste qui questionne les grands auteurs de son temps à la radio et dont la nécessité de savoir infuse même son œuvre littéraire. Un questionnement continuel qui l’amène par exemple à interroger son propre passé en le mettant en parallèle avec les réalités de la Seconde Guerre mondiale dans Les années silencieuses. Des extraits, intelligemment choisis dans les livres d’Yvette Z’Graggen, parsèment par ailleurs tout le documentaire et nourrissent notamment les scènes de fiction.
Une femme, puis l’écrivaine
Frédéric Gonseth applique le même procédé pour son documentaire. Il reconstruit en effet chronologiquement la vie d’Yvette Z’Graggen, grâce à des images et des interviews d’archives, et met à son tour en parallèle l’Histoire et les réalités quotidiennes de l’écrivaine. Deux axes qui traversent toute sa vie s’en dégagent : d’un côté, la relation fusionnelle fille-mère – car elle se construit bien dans ce sens – et, de l’autre, le sentiment d’abandon qui naît notamment à cause du père lorsque la petite Yvette compte les trams en espérant le voir sortir.
Voilà l’essentiel des choix de Frédéric Gonseth. Un documentaire dont la principale qualité est celle de mettre en lumière une écrivaine dont les textes ont toujours étroitement cohabité avec l’existence de la femme en avance sur son temps. Le fond est plus intéressant que la forme. Cette dernière est classique et assez scolaire : photos, intervention de proches, etc. Toutefois, il y a une véritable volonté de laisser une place importante aux textes originaux de la part du documentariste Il inclut effectivement des épisodes de fiction dans son travail qu’ils a tournés pour mettre en image les mots d’Yvette Z’Graggen. Ce qui, franchement, dans le cas d’un documentaire sur une écrivaine, est plus que louable. Il manque néanmoins une certaine fluidité entre les passages d’interviews à ceux d’extraits de l’œuvre mis en images. Cette spécificité donne par ailleurs un caractère très didactique au documentaire.
Enfin, et ce n’est pas des moindres, l’intérêt est surtout dans le regard amoureux que le documentariste pose sur une femme passionnée de voitures, vivant librement sa vie sentimentale entre ses vingt et trente ans, autrement dit dans les années quarante. Une écrivaine dont l’écriture a toujours été en lien avec l’Histoire et histoire personnelle de la femme. Cette liberté, elle l’a choisie et l’a expérimentée jusqu’à son mariage. Un homme qu’elle a divorcé par la suite à une époque où ce genre de comportement était tout sauf la norme sociale.
Encore une fois, Yvette Z’Graggen n’en a fait qu’à sa tête depuis toute petite. Voilà une chose que le documentaire rend parfaitement bien. Une heure et demie pour découvrir une écrivaine importante, atypique. Une femme qui s’est exilée de soi, en imaginant toutes sortes d’histoires, avant de poser un regard acéré sur les réalités politico-sociales de son temps.
Schreiben Sie dem Autor : alexandre.waelti@leregardlibre.com
Bildnachweis : © cineworx


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