Mittwochs im Kino - Loris S. Musumeci
Ein junges Paar geht zu Fuß. Die Kamera folgt ihnen in einer Flugzeugaufnahme. Die Violinen des Soundtracks begleiten sie. Sie küssen sich schamhaft. Schnitt. Wir finden uns in einem Gefängnis wieder. Der Geliebte, Fonny, steht auf der einen Seite des Schaufensters. Sie, Tish, befindet sich auf der anderen Seite. Sie besucht ihn, um ihm trotz der Umstände eine große Neuigkeit mitzuteilen. «Wir bekommen ein Baby.» Das Leben ist für Schwarze in New York in den Siebzigerjahren nicht einfach. Noch weniger ist es für eine Frau, die die Makel auf sich vereint, zur rassischen Minderheit zu gehören und alleinerziehende Mutter zu sein. Seine Familie schließt sich zusammen, um Fonny bei seiner Entlassung aus dem Gefängnis zu helfen. Er beteuert seine Unschuld, wenn er denn wirklich unschuldig ist.
Barry Jenkins offre à nouveau aux spectateurs de vivre une authentique expérience de cinéma. Comme pour Moonlight, lauréat de nombreuses distinctions dont celle de l’Oscar du meilleur film, le réalisateur afro-américain choisit l’adaptation d’une œuvre littéraire. Cette fois-ci c’est Si Beale Street pouvait parler (1974) de James Baldwin. A nouveau, il s’agit d’une histoire concernant la vie des Noirs aux Etats-Unis. A nouveau, c’est une réussite.
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Malgré la récurrence du sujet chez le réalisateur, on constate que si la négritude est centrale dans son œuvre, elle n’est pas pour autant le seul moteur de son art. Barry Jenkins est avant tout un créateur d’ambiances. Il rend aux rues toute la vitalité qu’y amènent les opprimés; la pauvreté est soigneusement suggérée à travers des détails qui évitent et le misérabilisme et l’artifice. C’est ainsi que, dans la subtilité du décor, le film ne tombe pas dans le manichéisme qui voudrait insister sur la contraste entre les quartiers pour Blancs et ceux pour Noirs. Pourtant, Si Beale Street pouvait parler commet quelques fois l’erreur des stéréotypes raciaux et religieux; cependant, la responsabilité revient toujours au scénario et non à la construction formelle.
La création d’ambiances, à un tel niveau, doit son souffle vital à la photographie. Barry Jenkins est un amoureux des images. C’est un amoureux des couleurs. Un amoureux des lueurs. Des ombres. Du blanc pâle du jour à travers une fenêtre. Du noir bleuté de la nuit. Les images du film sont un délice. A vrai dire, elles portent peut-être même davantage l’émotion permanente que le sujet en lui-même.
Mais le pas en avant par rapport à Moonlight réside dans la musique. Alors que ce premier était plus développé et fin dans l’approche du thème et dans la structure des scènes, Si Beale Street pouvait parler est plus puissant du côté musical. Les violons, sans lasser, interviennent tout au long du film. Magnifiquement orchestrés, tout en sobriété, ils sont eux aussi un personnage. Peut-être est-ce une allégorie du destin, peut-être du tragique, peut-être de la souffrance ou encore de l’injustice. Quoi qu’il en soit, je fais le pari que l’Oscar de la meilleure musique de film sera la distinction principale du long-métrage qui raconte l’histoire simple et poignante de Fonny et Tish.
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Crédit photo: © DCM Film Distribution
| SI BEALE STREET POUVAIT PARLER |
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| VEREINIGTE STAATEN, 2019 |
| Regie: Barry Jenkins |
| Drehbuch: Barry Jenkins |
| Dolmetschen: Kiki Layne, Stephan James, Regina King, Colman Domingo, Teyonah Parris, Michael Beach, Aunjanue Ellis, Dave Franco |
| Produktion: Pastel, Plan B, Annapurna Pictures |
| Verteilung: DCM Film Distribution |
| Dauer: 1h59 |
| Ausgehen: 30. Januar 2019 |