L’âme séparée, Rilke et les anges
Fresque de la coupole de la Karlskirche à Vienne, réalisée par le peintre baroque Johann Michael Rottmayr vers 1714.. Photo: Lukas Meier (via Unsplash)
«Le penseur dit l’être, le poète nomme le sacré» affirme Martin Heidegger. Figure du sacré autant que du terrible, l’ange ne cesse d’habiter la poésie de Rilke. Effrayant de pureté, il nous ramène à ce lieu invisible où vivants et morts restent liés.
Les anges! Notre modernité a rangé ces figures au rang des légendes; nous autres, parvenus au sommet de l’évolution, avons écarté ces illusions d’un autre temps pour les enfermer au musée des mythes. Foin des vieux fantasmes! Sachant lire, écrire, penser, l’Homo «archi-sapiens» a largement dépassé l’âge des cavernes médiévales. Mais faut-il ainsi faire bon marché des convictions, des écrits et de l’intelligence de nos ancêtres, ces géants sur les épaules desquels nous étions assis? Ce qu’on sait d’eux montre que l’esprit critique était loin de leur manquer. Naïfs? Ni plus ni moins que nous, et le thème de l’ange, de générat
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