«Nora», ein Krimi im Herzen von Luzern
Westschweizer Briefe vom Dienstag - Jonas Follonier
Getragen von einer weiblichen Schreibweise, die sich stark auf die Gefühle der Figuren konzentriert, Nora ist ein Kriminalroman, der im Verlag Editions Slatkine erschienen ist. Die Autorin Louise Anne Bouchard führt uns mitten in eine Handlung, die auf dem Tod eines gewissen Paul Mutter in Luzern basiert. Eine Journalistin und ein ehemaliger Polizist leiten die Ermittlungen, und bald steht ein älterer Tod im Mittelpunkt der Geschichte: der Tod einer gewissen Nora.
Quelque chose me brouillait complètement. Je pensais qu’après tout ce temps passé à Lucerne il était à peu près improbable qu’une envie de vivre me reprenne ailleurs si je n’élucidais pas cette histoire. C’était peut-être l’engrenage d’une mort lente qui s’installait, une peine permanente et si lourde que je m’imaginais bien incapable d’évacuer un jour. Chaque pavé de cette ville, chaque son, chaque dalle, chaque crépi que j’apercevais aux fenêtres me rappelaient quelque chose que j’avais prévu.
L’intrigue, si l’on considère le point de départ du roman ainsi que sa fin, est bien réfléchie. On ne s’attend pas aux rebondissements des dernières pages ; en cela, il s’agit d’un polar réussi. Quant au style, s’il peut parfois paraître relativement lourd par la longueur des paragraphes et l’enchevêtrement des personnages, il offre une plume canado-suisse à découvrir et de belles occurrences à relever.
« Tout ce qui est étranger dans cette ville est à la fois mystérieux, attirant et repoussant. » Quand ce n’est pas la ville qui l’est, ce sont les personnages, décrits par les mêmes termes : « Son visage n’était pas inconnu d’Helen : il était mystérieux et attirant. » Cette façon de faire dialoguer dans l’intervalle de quelques pages l’interlocuteur d’Helen avec l’environnement qui les entoure est intéressant, d’autant plus que le caractère « mystérieux et attirant » de l’inconnu (l’étranger) se retrouve associé tout à coup au connu.
Sarah von Pfyffer avait les yeux brillants, ne voyait plus personne et semblait fixer devant elle un univers cathodique, vu et connu d’elle seule. Je suis encore effrayé par le regard monstrueux qui mangeait tout le visage d’une femme si belle.
Le roman de Louise Anne Bouchard contient également des analyses sociologiques des différents types d’individus peuplant la ville de Lucerne. Le pari consiste à entrer dans leur intimité tout en représentant les caractéristiques de tout un groupe de personnes. Du charlatan efféminé à la riche bourgeoise parvenue en passant par Jackson, le policier démis de ses fonctions, tout un microcosme nous est présenté, de façon agréable et… helvétique.
Paul avait un côté ludique, certes : il aimait jouer, tricher, mentir parfois, rattraper une maîtresse et l’empêcher de se noyer dans une vallée de larmes, la réconforter. Tout un versant de sa personnalité avait un aspect gamin : il était de ceux qui savent qu’ils ont déjà tout perdu d’avance et qui, au lieu de s’en défendre, s’en amusent.
Amateurs de romans policiers qui souhaitez suivre ce qui se passe dans l’actualité littéraire de Suisse romande, cet ouvrage pourrait bien être pour vous.
Schreiben Sie dem Autor : jonas.follonier@leregardlibre.com
Crédit photo : © Jonas Follonier pour Le Regard Libre










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